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Ecrit par Philippe Diot

Mis en ligne par Sebbien33 le 2008-05-14.

Voyage à Los Roques

Il y a déjà un excellent article en ligne sur Los Roques, que je confirme notamment sur la densité et la diversité de poisson, le plaisir de la pêche, et l’attrait de cette destination même pour des non pêcheurs.
En ce qui me concerne, avant de partir pour Los Roques, je n’avais jamais manié qu’une canne avec une soie de 5, plutôt avec des sèches, et je ne suis pas un très bon moucheur.

J’espère que les informations de cet article, qui découle d’un séjour d’une semaine début février 2008, pourront éclairer le pêcheur qui envisage de partir pour une première fois à Los Roques.

Les poissons et la pêche


pêche à la mouche Le poisson roi est le bonefish, dont le rapport poids/combativité est vraiment impressionnant ; si vous n’avez jamais vu la couleur de votre backing, votre premier « pez raton » vous en donnera l’occasion.
En soi, le bonefish est de dimension relativement modeste : 4 à 6 livres pour un poisson moyen, entre 8 et 10 on a affaire à un assez gros, au-delà de 12 livres on est dans les gros spécimens ; c’est la difficulté de sa pêche et sa défense qui font sa réputation, ainsi sans doute que la beauté des lieux dans lesquels on pratique.

A Los Roques, il y a plusieurs types de pêche possible :


A l’aveugle : On lance sa mouche et on ramène. Ceci se pratique un peu partout, mais notamment dans le port de Gran Roque et dans des zones en mer où un banc est en train de se nourrir (ces zones sont peu profondes – de l’ordre du mètre) et sont identifiables car la mer est troublée par le sable remué par l’activité des poissons). Cette pêche n’est pas forcément la plus excitante, mais elle peut être productive.

A vue en bordure de plage : Les bords de plage sont des réservoirs d’alevins à Los Roques, et les bonefish évoluent parfois juste au bord dans quelques centimètres d’eau, seuls ou en groupe de 2-3. On repère le poisson, on lance la mouche devant lui à un mètre ou plus, et on anime lorsque le poisson arrive sur la mouche. Ca a l’air simple à dire, mais la première difficulté est de repérer le poisson, la seconde de lancer sans l’effrayer, la troisième de l’intéresser alors qu’il y a des bancs d’alevins tout autour. Sans compter que l’on peut être sur une plage fréquentée, donc avec un poisson en alerte du fait de la présence de baigneurs, voire « éduqué » car constamment pêché pour les îles les plus proches de Gran Roque.

pêche à la mouche

A vue dans les flats : C’est la pêche à mon avis la plus belle, car elle se pratique en marchant dans d’immenses étendues avec 10 à 50 centimètres d’eau ; c’est aussi la plus difficile. On peut pêcher des poissons en déplacement, on est alors dans une pratique proche de la pêche de plage ; sinon, on pêche des poissons se nourrissant sur le fond. Dans ce dernier cas, les poissons sont en bancs assez importants (une à plusieurs dizaines d’individus), et on repère les poissons car ils fouillent le fond et leurs queues apparaissent nettement hors de l’eau (le poisson est en position de « tailing »).
Il convient alors de lancer sa mouche près du poisson le plus proche, dans le sens de sa progression, et d’animer lorsque le poisson arrive à proximité. Sur les flats, la difficulté est de repérer le poisson (avec un fond d’algue, il est extrêmement difficile de repérer un bonefish sauf s’il est en tailing) et de ne pas effrayer le banc lors du lancer : il est en effet assez fréquent d’effectuer un lancer, même parfait, sur un poisson, mais de provoquer une panique générale car on n’avait pas remarqué qu’il y avait des poissons plus près qui vont provoquer la fuite du banc lorsque la soie va se poser sur l’eau (situation particulièrement fréquente sur un banc en tailing avec fond d’algues).

La haute saison de pêche à Los Roques va grosso-modo de février à août, mais j’ai cru comprendre que c’était péchable toute l’année. Une constante est la présence de vent, plus ou moins intense peut-être selon les saisons, je n’ai pas d’information à ce sujet. En tout cas, pendant que j’y étais, il était plutôt fort !

Le tarpon est présent : j’ai parlé avec plusieurs pêcheurs qui en ont vu plusieurs ! Blague à part, il y en a dans le port de Gan Roque, plus ou moins selon les époques (plutôt en début de saison paraît-il, donc février). Personnellement, j’ai vu en bordure de mangroves quelques « babys tarpons » de 5-6 kilos, mais qui n’ont pas été intéressés par mes mouches – je n’en dirais donc pas plus sur leur pêche, mais il s’en est pris de plusieurs dizaines de kilos à Gran Roque la semaine précédant mon arrivée, le matin juste après le lever du soleil semblant être la bonne heure.

Le permit est aussi présent : j’ai parlé avec un pêcheur qui en a vu un ! Pour la petite histoire, j’avais cru en avoir attrapé un petit en faisant le coup du soir à Gran Roque, mais on m’a détrompé en me disant que c’était un pompano. D’après ce que j’ai lu et entendu, la pêche au permit est exclusive et aléatoire, Los Roques n’étant pas l’endroit du monde le plus favorable à sa pêche.

Guide de pêche


On peut pêcher sans guide à Los Roques, mais je pense qu’un guide peut permettre d’apprendre beaucoup de choses, de voir beaucoup d’endroits et de voir beaucoup de poissons, à condition d’avoir un bon guide (ça, on le sait en général quand on n’y peut plus grand-chose) et d’être en confiance ; par ailleurs, beaucoup de flats ne sont accessibles qu’avec un bateau.

Pour ma part, j’avais pris un guide le lendemain de mon arrivée ; comme je n’étais pas au top avec mon équipement, le guide l’a senti, m’a stressé, enfin bref ça aurait pu être nettement mieux (et j’aime me rassurer en me rappelant ce qu’on m’a dit par la suite : la journée n’était pas terrible et le guide pas excellent).

pêche à la mouche

Cinq jours plus tard, j’ai repris un guide et je me suis vraiment éclaté : seul (avec le guide) sur un flat immense, avec des bonefish partout (pas plus faciles à attraper pour autant) : les 2-3 heures que j’ai passées là valaient à elles seules le voyage, et je ne les aurais pas connues sans le guide.
On peut emmener une personne avec soi dans le bateau lorsque l’on loue les services d’un guide, mais elle risque de s’ennuyer ferme si elle ne pêche pas : lorsque l’on pêche dans le flat, le bateau reste amarré en plein soleil… On peut aussi partager un guide à deux pêcheurs, il faut alors bien s’entendre lorsque l’on est sur le flat.

A mon avis, il serait dommage d’aller à Los Roques sans prendre un ou deux jours guidés, ne serait-ce que pour découvrir des coins éloignés de Gran Roque et des paysages de mer superbes.
Au-delà, faire 100% de pêche guidée dépend du temps que vous voulez passer avec ceux qui vous accompagnent … et du budget que vous consacrez à la pêche : prévoir environ 250 à 350 $ par jour.

Matériel

Canne : Une des caractéristiques de cette pêche est la présence de vent ; en particulier, pendant mon séjour, il y avait toujours un vent laminaire (alizé) que je dirais souffler à un bon 30 km/h ; autant dire que les conditions ne sont pas des plus simples, et le consensus s’établi pour des cannes de 8 ou 9 pour la plupart des poissons, de 10 voire plus pour les gros, tarpons surtout.

En tant que débutant en palm en mer, de plus pas certain que je continuerai dans cette voie, j’ai été assez perplexe pour me décider pour une canne pas trop onéreuse ; finalement, après avoir lu un article sur un site américain, j’ai opté pour une Redington CPS #8 9’ en 4 pièces (295 $ port compris). C’est un matériel qui m’a parfaitement convenu, mais qui nécessite quand même de s’entrainer ; et je pourrai sans doute l’utiliser si un jour je vais taquiner le brochet ou le bar à la mouche.
Moulinet : le moulinet doit évidement être adapté à votre canne et votre soie, et doit contenir à mon avis au minimum 150 mètres de backing 20 livres (je n’ai pas pris de monstre, mais j’ai eu au moins 50 mètres de backing sorti plusieurs fois). De plus il doit être anti corrosion et avoir un frein de grande qualité (ça va vite un bonefish), et tant qu’à faire avec un large arbor (le poisson va vite aussi en revenant vers le pêcheur).
Même perplexité que pour la canne, j’ai finalement opté pour un Okuma Helios 8/9 (159 $ port compris), et là encore, je n’ai rien à redire.

Second équipement : il me paraît indispensable d’avoir un matériel de secours lorsque l’on part pêcher loin, ce serait dommage de rester regarder les copains à cause d’une bête casse de canne. J’ai pris en seconde canne (en secours et pour tarpon éventuel) une canne pas chère (100 $ et quelques), pour soie 10, achetée sur un site US qui m’avait l’air sérieux. De même, j’avais acheté un moulinet de 10, en l’occurrence un Vision Koma 9/11 (49 £).
No comment sur ce matériel, je ne l’ai pas utilisé, mais il a l’air ok, en particulier le moulinet qui me semble d’un très bon rapport qualité/prix et qui existe aussi pour soie de 7/8.
En revanche, vu l’usage limité du #10, on peut sans doute limiter le second équipement à une canne de 8 sans moulinet, et emmener du change en backing et soie.
A noter : autant la prise en main de l’équipement soie de 8 en étant habitué à une soie de 5 se fait en douceur (cannes et moulinets de poids assez proches), autant l’équipement en soie de 10 est franchement plus lourd ; j’ai perçu beaucoup plus de différence entre 8 et 10 qu’entre 5 et 8.

Lignes

Backing : 20 lbs et 30 lbs, en 250 yds (en l’occurrence chez Scientific Anglers).

Soies :

* Scientific Anglers Mastery Saltwater Fly Line Bonefish Taper WF8F

* Scientific Anglers Mastery Saltwater Fly Line Tarpon Taper WF10F

* Airflo Saltwater WF8F

Je n’ai utilisé que la première, et je n’ai pas de remarque (donc c’est que ça doit être bon) ; la mémoire que j’avais constatée à l’entraînement en France a disparu au soleil de Los Roques.

Bas de lignes

D’une façon générale, les bdl en mer sont plus rustiques qu’en rivière, et on peut se permettre d’être plus grossier ; de toutes façons, le diamètre du dernier segment est en général relativement important.

Pour le bonefish, j’avais préparé des bdl se terminant par du fluoro en 8 lbs (27/100), 10 lbs (30/100), 12 lbs (33/100) et 15 lbs (37/100), pour une longueur de 3 m à 3,5 m. A noter : les bdl doivent être transparents.
J’ai principalement utilisé le 8 lbs, que je pense être suffisant, sauf si l’on pêche dans des endroits où il faut freiner le poisson avant qu’il n’aille se mettre dans de la mangrove ou dans des rochers – et encore. J’ai eu quelques casses sur du 8 ou 10 livres, et franchement je ne pense pas qu’un diamètre légèrement supérieur aurait changé grand-chose. Je me rappelle en particulier avoir lancé dans une chasse de caranges dans un flat encombré de blocs de corail ; dès la touche le poisson est parti dans le corail et 2 secondes après le fil était coupé : le bas de ligne était à jeter, car complètement râpé et j’étais bien content de retrouver ma soie intacte.

Comme il y a du vent et des mouches lourdes, les nœuds dans le bdl sont assez fréquents (je parle pour moi bien sur) ; aussi il convient d’inspecter régulièrement son bdl, qui peut aussi s’user sur des rochers.

pêche à la mouche J’avais aussi préparé des bdl pour poissons « à dents » (barracuda, spanish mackerel, orphie). Là, je n’avais pas fait dans la dentelle : 1 mètre de 50/100, 80 cm de 20 lbs puis de la crinelle d’acier à brochet en 20 lbs sur 20-30 cm (la jonction nylon/acier est faite par un nœud Allbright), et une petite agrafe en final. J’ai lancé avec, c’est à peu près ok (la crinelle tirebouchonne un peu), mais je n’ai pas eu l’occasion de faire du poisson avec. Une autre version était faite avec 3 segments avant l’acier, le plus petit segment étant en 15 lbs.

Idem pour le tarpon, en remplaçant l’acier par du 70/100 (gros diamètre car la bouche du tarpon est très râpeuse).

Mouches

La mouche principale pour pêcher depuis les plages est le gummy, avec une préférence pour les couleurs marron/chartreuse m’a-t-il semblé (mais le bleu est aussi accepté), en taille 6 principalement. On peut descendre en 8 ou monter en 4, mais 6 correspond bien à la taille du fretin ; plus tard dans la saison, il est peut-être plus grand, je ne sais pas …

pêche à la mouche

En flat, les mouches à utiliser sont les mouches à bonefish classiques (type crazy charlie, gotcha, …) en couleur pâles et les crabes en couleur sable et vert, en tailles 6 a priori voire en 8.

Il semblerait aussi que les imitations de petit poisson (type Clouser’s Minnow), notamment en chartreuse et blanc, soit conseillées, ainsi que les poppers et gurglers notamment sur les chasses ; mais là, je ne parle pas d’expérience. Sur les chasses, j'ai utilisé des gummy.

Pour les poissons autres que bonefish, je n’ai pas grand-chose à dire, sauf que tous les poissons que l’on va trouver depuis une plage sont intéressés par les gummy.
Il existe des mouches à tarpon et à barracuda, j’en avais quelques unes (en taille 2/0 généralement) mais elles n’ont pas piqué de poissons – ce sera pour la prochaine fois.

Prenez pas mal de mouches avec vous (je dirai une petite centaine au minimum), afin de palier à d’éventuelles casses ou destructions (par les poissons « à dent » en particulier).

Equipement du pêcheur

Pour pêcher en flat, l’équipement doit protéger du soleil, et comprend selon moi :

* Des lunettes de soleil polarisantes ;

* Une casquette de pêche avec une protection arrière (nuque et oreilles) ; on voit parfois des casquettes avec en plus un rabat sur le devant du visage pour la protection du bas du visage ;

* Un foulard pour protéger le cou ;

* Une chemise à manches longues ;

* Des pantalons longs ;

* Pour le wading en flat, des chaussures permettant de marcher dans l’eau (pas indispensable pour la pêche de plage). Pour ma part, j’avais opté pour des sortes de sandales enveloppantes sur les bords et l’avant du pied : elles ont été parfaitement adaptée (sauf une fois, dans de la boue de mangrove qui aspire littéralement les chaussures – les velcros des sandales ont lâché et elles sont restées collées dans la vase).

J’ai quand même mis des chaussettes au bout de 3 jours car le coup de soleil commençait à arriver sur les zones découvertes du pied (malgré la protection solaire indice maximum même sur les pieds). Certains utilisent des baskets basiques, d’autres des sortes de chaussons avec une semelle costaud, d’autres des chaussures de wading conçues à cet effet. A vous de voir, l’essentiel étant la protection et le confort.

Cet équipement peut paraître excessif, je vous assure que ça ne l’est pas et vous verrez que c’est l’équipement de base de tous les pêcheurs habitués des flats – de toutes façons, il vaut mieux enlever de la protection qu’en manquer. Pour la pêche de plage, si vous savez ne pas rester des heures à pêcher et aller fréquemment à l’ombre, vous pouvez aussi pêcher en maillot de bain. Pour des raisons de protection du soleil, on peut aussi utiliser des gants, car la zone située entre le poignet, le pouce et l’index est en permanence exposée. J’avais une paire de gants de pêche assez grossiers, que j’ai mis au bout de quelques jours sauf en action de pêche où je laissais libre au moins ma main gauche pour tirer la soie.

pêche à la mouche

Pour le matériel à emporter avec soi, j’avais opté pour une banane et ça m’a bien convenu (le seul problème étant que je ne pouvais pas emporter d’eau, donc ça limite le temps de pêche à 2-3 heures maximum). J’avais aussi un panier de wading, je ne l’ai jamais utilisé par flemme, mais il m’aurait été utile en certaines occasions. Enfin, si vous allez un peu loin en bateau, je vous conseille d’amener un petit imperméable type K-Way, ça ne prend pas de place et ça protège des embruns sur des trajets en bateau un peu longs.

Autres pêches

D’autres formes de pêche se pratiquent à Los Roques : * Il y a quelques bateaux de grande traîne, qui promettent des poissons à rostres, des thons, etc … Je ne m’étendrai pas sur ce sujet sur lequel je n’ai pas d’information particulière sauf que j’ai vu des wahoos de taille respectable ramenés par les pêcheurs locaux ;

* On doit aussi pouvoir pêcher au lancer avec des poppers et autres leurres les carangues, carpes rouges, barracudas, etc … Les guides de pêches sont focalisés sur le bonefish à la mouche, et à mon avis ils ne connaissent pas ce type de pêche. Le mieux est peut-être de s’entendre avec des pêcheurs professionnels locaux pour aller sur les récifs coralliens – j’essaierai sans doute lors d’un prochain séjour ;

* Il reste la pêche avec un lancer léger depuis la plage. J’avais emmené avec moi une petite canne toute simple (2,10 m, télescopique, 15-30g de puissance) un moulinet équipé en 25/100 et des leurres (souples de type virgule, raglou et autres, durs de type petits poissons nageurs) : je peux vous garantir que ça vaut le coup de s’amuser avec un tel matériel depuis Gran Roque, il y a vraiment du poisson (et ça repose de la mouche). J’ai aussi utilisé ce matériel sur une zone où un banc de bonefish était en train de se nourrir, avec un plomb de 5-10g et une mouche 1 mètre derrière, c’est aussi amusant car la touche est très discrète et la défense toujours vive ;

* J’ai vu des gens pêcher au coup, mais là on s’éloigne vraiment de notre sujet.

Divers

Achats :

J’ai acheté tout mon matériel par internet, aux US principalement, un peu en Angleterre. Tout est arrivé par la Poste, et je n’ai pas eu de mauvaise surprise. Le seul problème que j’ai rencontré a été un retard dans l’arrivée des mouches. Comme je ne les avais pas reçues au bout d’un mois, le vendeur me les a remboursées sans discuter et j’ai eu le temps d’en acheter d’autres (en Angleterre). Pour la petite histoire, les mouches sont finalement arrivées un mois et demi après l’achat, et j’ai renvoyé le paquet à son expéditeur.

Avec mes achats, j’ai donc eu pour le prix d’un équipement canne+moulinet haut de gamme tout l’équipement nécessaire au séjour (2 cannes, 2 moulinets, 3 soies, 2 backings et 120 mouches) ; franchement, je ne vois pas ce qu’un équipement onéreux m’aurait apporté de plus pour ce séjour.

A savoir : vous ne trouverez pas de matériel à Los Roques (je crois qu’il est possible d’acheter des mouches, mais je ne connais pas les prix), aussi amenez avec vous tout ce dont vous avez besoin.

Entrainement :

Il me paraît nécessaire, pour le palmiste en rivière débutant en mer, de s’entrainer avant de partir. Vous allez avoir affaire à du matériel différent et plus lourd que celui auquel vous êtes habitué, et manier tout ça dans un vent soutenu ; il est donc nécessaire de prendre en main son matériel avant de partir afin d’être en confiance à l’arrivée.

Sachant que l’on pêche entre 10 et 20 mètres (voire plus pour les bons lanceurs), avec une soie de 8 et des mouches assez lourdes et/ou volumineuses, le tout avec du vent fort, les questions qui se posent sont : la double traction est-elle utile, faut-il apprendre de nouveaux gestes ?

Quand, comme moi, on fait des lancers corrects mais sans génie à 10-15 mètres avec une soie de 5 et des mouches sèches, la réponse peut paraître assez évidente.

En fait, on peut conserver son geste habituel : il faudra néanmoins faire attention au vent pour ne pas prendre sa mouche dans le corps ou la tête, et il ne faudra pas être trop ambitieux en distance (10 mètres, 15 mètres maximum).

Pour ma part, j’avais opté pour un entrainement de 5-6 séances à la double traction. Après moult lectures et recherches, j’effectuais ces doubles tractions dans un plan incliné à 45° environ (et non vertical comme on fait habituellement) avec une amplification du geste vers l’arrière (grosso modo, au lieu de stopper à « 12h00 », on va jusqu’à « 14h00 »). Je ne sais pas si c’est la meilleure méthode, mais sur place je me suis félicité de cet entrainement.

Langue :

On parle espagnol au Venezuela, les propriétaires des posadas sont principalement des italiens et tous les gens qui ont quelque chose à vendre aux touristes parlent anglais. En revanche, le français est très peu courant. Il n’est pas inutile d’avoir des rudiments d’espagnol, ne serait-ce que par courtoisie. Par ailleurs, si vous prenez un guide, je ne saurais trop vous conseiller d’en prendre un avec lequel vous saurez à peu près communiquer…

Moustiques :

Il y a des moustiques à Los Roques, mais ils n’étaient pas très nombreux ni trop agressifs (sauf à la tombée de la nuit) et ils sont combattus par les autorités (si vous voyez arriver un camion qui diffuse une grosse fumée, sauvez-vous, c'est de l'insecticide !). Il y en a peut-être plus dans des périodes moins ventées ; en tout cas, ils ne sont pas censés être propagateurs de maladies style paludisme ou dengue.

Reglage du frein :

Comme on est en face de poissons très rapides, il faut un frein suffisamment fort pour éviter l’emballement de la bobine sur un démarrage puissant ; a contrario, il convient d’avoir un frein assez léger pour éviter les casses lorsque le mou de la soie a été résorbé et que le poisson arrive en direct sur le moulinet. Le réglage optimum que j’ai trouvé a été de mettre le frein le plus bas possible tout en conservant un arrêt immédiat de la bobine lorsque l’on tire sèchement sur la soie en sortie de moulinet. Ca ne m'a pas empêché de perdre le poisson le plus puissant du séjour qui a démarré comme une fusée sur 20 mètres et a stoppé net : la bobine a continué sur sa lancée, mou dans la ligne, poisson décroché...

Rinçage :

Rincer à l’eau douce le matériel chaque soir est indispensable quand vous pêchez en mer pour éviter la corrosion et enlever le sable. Et prévoir un nettoyage général en rentrant.

Touristes :

Il y a beaucoup d’italiens à Los Roques, quelques français, j’ai vu beaucoup de pêcheurs anglais (qui, comme chacun sait, sont de grands pêcheurs à la mouche), des américains, quelques canadiens, des brésiliens, etc … Les contacts avec les autres pêcheurs (quasiment tous palmistes), même sans langue en commun, ont toujours été excellents. Idem avec les touristes non-pêcheurs, les gens étant plutôt relax à Los Roques, et la cohabitation pêcheur/non-pêcheur ne pose pas de problème (on est plutôt l'attraction sur une plage quand on ramène un poisson).

Budget

J’ai organisé tout par Internet :

* Vol Paris/Caracas aller/retour Air France : 600 € / personne

* Hôtel près de l’aéroport le soir de l’arrivée : environ 200 $ pour le couple

* Vol Caracas/Gran Roque (île principale de Los Roques) aller/retour (réservation faite par la posada) : 195 $ par personne

* Posada : 7 jours à 350 $ pour le couple en pension complète - voir ci-dessous (posada plutôt haut de gamme)

Soit un budget total d’un peu plus de 1.700 € par personne pour 7 nuits sur place.

A cela, il faut ajouter une taxe d’aéroport à payer avant d’embarquer pour le vol Caracas/Los Roques (environ 15 $/personne), une taxe d’entrée à Los Roques (environ 20 $/personne), et les extras sur place.

Quelques remarques :

* L’arrivée du vol Air France est vers 15h30, les derniers vols vers Los Roques partent vers 17h00/17h30. En théorie, la connexion est donc jouable, en pratique c’est plus risqué ; c’est pourquoi je pense préférable de prendre un hôtel près de l’aéroport (Caracas n’a paraît-il aucun intérêt touristique particulier) et de prendre un vol très tôt le lendemain matin.

* Si vous prenez un hôtel pour la nuit de l’arrivée à Caracas, c’est uniquement pour y passer la nuit. A mon avis, il faut privilégier la facilité (hôtel avec navette avec l’aéroport) et le rapport qualité/prix (le nôtre était cher pour ce que nous y avons fait – arrivée à 17h30, dodo, lever à 4h00 – sans problème avec le décalage horaire).

* Pour le retour depuis Los Roques, essayez d’avoir un vol en fin de matinée/début d’après-midi si votre vol de retour décolle en soirée (17h25 pour Air France). Prévoyez un temps d’embarquement assez long : arrivez au moins 3 heures avant le décollage du vol international.

* Il n’y a pas d’hôtel sur l’île (et c’est tant mieux à mon avis, ça évite le tourisme de masse). L’hébergement se fait dans des auberges (posadas) de quelques chambres (rarement plus de 10). Le confort est assez simple (pas d’eau chaude, climatisation – non indispensable à mon goût – pour les plus « luxueuses »). Il y a plusieurs dizaines de posadas sur l’île, du sommaire assez vilain au très sympa. En revanche, les formules sont en général identiques : vous êtes en pension complète, sachant que le repas de midi est fourni sous la forme de pique-nique. Sauf si vous n’allez que pour la pêche, le choix de la posada est à mon avis un sujet sur lequel il ne faut pas se tromper : regardez sur Internet, recherchez des avis, etc …, il serait dommage d’aller si loin pour se retrouver dans un endroit qui ne vous convient pas.

* Sur place, vous pouvez en général payer en bolivares (la monnaie locale) ou en dollars, parfois en euros, et par CB s’il y a une machine qui fonctionne. Si vous voulez faire du change, vous avez deux possibilités : faire ça au taux officiel dans une banque, ou bien au black avec un taux quasi deux fois meilleur. Pour cela, le mieux est d’aller dans le terminal des vols nationaux de l’aéroport à Caracas, et de se balader avec un air de touriste égaré : les propositions de service ne vont pas manquer. Vous pourrez payer en bolivares les taxes, les souvenirs, les coups à boire, peut-être l’hôtel à Caracas, … ; en revanche, les extras dans les posadas sont en général exprimés en dollars, donc aucun intérêt de les payer en bolivares.

* Une fois sur place à Gran Roque, le principe est de prendre chaque jour un bateau pour aller dans une île de l’archipel. Certaines posadas incluent cette prestation à leur forfait, ce qui n’est pas forcément le meilleur pour la pêche car vous irez sans doute sur des îles proches, donc avec pas mal de monde et du poisson relativement craintif de ce fait. Sinon, prévoir 10 à 20$ par personne et par jour.

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