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Ecrit par Maski
Mis en ligne par nico_p le 2005-09-07.
Un trip en Alberta
Comme toutes les belles histoires, celle-ci commence mal.
La pluie tombe presque à l'horizontale en ce matin du 24 juillet. Il fait moins de 10°. La Bow coule des eaux sombres sous les rafales de vent de plus de 50km/h et les nombreuses touffes d'herbe immergées font penser à la fin d'une crue d'hiver (j'apprendrai ensuite que la fin de juin et le début de juillet ont été le théâtre d'inondations rarement vécues en Alberta). Les suburbs de Calgary sont sinistres sous un ciel de plomb.
Emergeant avec peine de 36 heures sans sommeil, je monte sans grande conviction une canne avec une soie plongeante de 8 et un gros streamer. Quelques minutes après je regagne la voiture après seulement deux tentatives d'auto-empalage avec mon morceau de castor sur hameçon de 2.
Direction le sud pour la visite d'un ranch traditionnel, autant ne pas perdre son temps.
Les choses se calment un peu le lendemain mais la rivière est toujours très haute et assez teintée. N'ayant vu aucun gobage en 1 heure de marche le long des berges du sud de la ville je décide de tenter ma chance à vue en pêchant les quelques radiers accessibles. Je verrai deux jolis poissons et décrocherai le plus gros d'entre eux après quelques secondes de combat.... Je vous laisse deviner ma déception : deux poissons vus et un poisson de 50 touché en deux jours sur une des rivières les plus productives du monde.
La décision est prise : nous quittons la capitale de l'Alberta et filons avec mon épouse vers l'Est et la petite ville de Carseland, 50km en aval sur la Bow.
A 6H le lendemain matin il fait très beau. Mais le courant étant ici comme ailleurs toujours trop puissant, j'opte pour une pêche "à la française" : prospection des souches et arbres couchés avec un petit streamer, au ras du bord. Premier lancé. Un strip, deux strip... et je me fais prendre 20m de soie sans rien comprendre avant de récupérer mon bas de ligne de 20% totalement explosé. Ah ! ben voila ! on y est.
Changement de BDL (en restant en 20%, je n'ai pas plus gros), de streamer, de souche, et deuxième lancé. Un strip... et rebelote. Cette fois je laisse tout filer et parviens à bloquer le poisson quelques mètres avant d'atteindre le backing. Je saute à l'eau et commence un combat comme je n'en avais pas connu beaucoup avant. Rush en tous sens, blocage dans les rochers... la totale. Après 5 bonnes minutes et un bras en compte je mets au sec... une arc de 45 ! je venais de comprendre pourquoi les "rainbows" de la Bow ont la réputation d'être les plus dures du monde.
Quelques mètres plus haut j'aperçois un très gros poisson fouillant le fond vaseux d'une petite retourne. Je pose mon streamer quelques mètres devant lui et le laisse venir. Je strip une fois alors qu'il est encore à 1m50 du leurre et il se rue dessus. Ferrage. Chandelle et combat de folie. Et c'est une deuxième arc, d'un peu plus de 55, très maigre, qui vient poser pour la photo.
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45 cm de nageoires et de muscles
Je triplerai la mise avec un troisième poisson de taille équivalente un peu plus loin. Il est maintenant 8H et le soleil vient toucher la berge : toute activité cesse presque immédiatement. Je suivrai les berges pendant 2 heures encore sans autre touche ni aucun poisson repéré. Il est désormais temps de partir vers l'ouest et les rocheuses.
Mais avant de continuer, un peu de géographie :
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Coup du soir sur la upper Bow - La middle Bow au milieu des plainesLa Bow prend sa source au Bow Lake, dans le parc national de Banff, au coeur des montagnes rocheuses canadiennes.
S'écoulant Nord-Sud sur les 80 premiers km de son parcours, elle coule ses eaux émeraude dans une ancienne vallée glacière. Elle est alors une rivière pauvre d'une vingtaine de mètres de large peuplée essentiellement de truites cutthroats et bull (omble), de quelques saumons de fontaine et de Mountain Whitefish (salmonidé mâtiné d'ombre et de barbeau).
Les premières farios apparaissent à la limite sud du parc, après la ville de Banff où la Bow est rejoint par des sources chaudes et profite des premiers rejets humains. Son cours oblique alors plein Est sur plus de 100km et est barré de nombreux barrages avant d'atteindre Calgary, 1 million d'habitants, chef lieu de l'Alberta et non-ville à l'américaine.
C'est là que tout commence : profitant d'un milieu très favorable, de l'action conjuguée des barrages en amont (effet "tailwater" de régulation thermique) et des rejets humains, la rivière se transforme alors en une usine à fabriquer de très grosses truites, dont de nombreuses arcs qui s'y reproduisent très bien. Obliquant vers l'Est après avoir décroché vers le Sud dans la ville, le miracle continue sur près de 70km jusqu'à la réserve indienne Blackfoot en aval de la ville de Carseland.
La rivière est ensuite très sollicitée par l'irrigation qui divise son cours par deux (vous avez bien lu, ce n'est pas une erreur de frappe! l'Alberta n'est pas pour rien un des greniers du Canada) avant qu'elle ne rejoigne la Red Deer River. C'est la partie Calgary-Carseland (50km environ) qui a fait sa réputation, produisant de très nombreux poissons de plus de 50cm.
Nous atteignons Canmore (ville située 20km en aval de Banff sur la Bow) dans la soirée. Le temps s'étant à nouveau considérablement refroidit (4° la nuit, 12 en journée) les éclosions restent très limitées. Je capturerai tout de même une dizaine de poissons (farios) entre 25 et 35 en 2H de pêche. Correct sans plus.
Nous partons le lendemain pour une randonnée de 3 jours en altitude dans le parc du Mont Assiniboine, le Cervin des rocheuses, dans des paysages de carte postale tout simplement splendides. Bien que n'ayant pas pris de canne pendant ce périple, j'ai eu un peu de temps pour observer les lacs d'altitude des rocheuses.
Visuellement ce sont des joyaux vert et bleu totalement incroyables : le paradis ne doit pas en être très éloigné. Ecologiquement ce sont des milieux pauvres et froids, essentiellement alimentés par la fonte des glaciers. Avant l'arrivé des occidentaux, nombre de ces lacs étaient totalement vides de poissons. Des tentatives d'introduction ont été faites avec des farios (dans le parc de Jasper plus au nord) sans grand succès. Seules les introductions de Cutthroats, de Bull Trout et de SDF ont produit des résultats dans les lacs les plus profonds non soumis au phénomène de winterkill (la gel superficiel empêche l'oxygénation des eaux pendant de très nombreux mois provoquant la mort des individus les plus faibles. Ne redoutant aucun sacrifice, les canadiens viennent de mettre au point un système d'oxygénation hivernale des lacs avec des moteurs et des bulleurs géants : avis aux amateurs !). On trouve cependant de nombreux lacs peuplés d'Arcs introduites régulièrement.
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Le Marvel Lake porte bien son nom
Nous remontons à nouveau la Bow et posons les sacs en dessous de Castel Moutain, impressionnant massif rocheux dont les pics dominent la vallée. J'arrive sur les bords de la rivière aux alentours de 19H (le soleil se couche vers 21H30 l'été en Alberta) et repère une petite retourne, unique poste sans courant surpuissant sur plus de 2km de rivière. Je me poste et attend. 1H. 1H30... rien. Pas un seul gobage malgré une petite éclosion de segdes brun-roux.
Vers 20H45, alors que je commence à désespérer, un petit poisson perce la surface quelques mètres en amont. Posé en douceur, et un SDF de 25 prend mon elk-hair caddis. 10 min plus tard un poisson équivalent vient poser dans l'épuisette.
L'attente reprend. Vers 21H45 alors que la nuit est presque complètement à tombée, j'aperçois le gobage d'un joli poisson en plein milieu de la retourne. Premier posé sans effet. Deuxième. Troisième. Au quatrième l'hameçon de 14 est aspiré. Après un bref combat je tiens dans mes mains ma première Cutthroat : un superbe poisson coloré de 42cm, belle récompense après une telle attente.
Nous continuons vers le nord et les champs de glace, mettant la pêche en mode off pendant quelques jours. Le 2 août en milieu de journée nous obliquons vers l'Est et les Foothills. Je ne le sais pas encore mais les deux semaines qui vont suivre vont être parmi les plus belles de ma vie de pêcheur à la mouche.
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Les foothills ou l'incarnation du paradis
Les foothills (le piémont des rocheuses) sont une région de moyenne montagne située entre 800 et 1200m d'altitude, quasi entièrement recouverte d'une forêt dense de sapins. Elle est traversée par une multitude cours d'eau de toutes tailles descendant des rocheuses. Ces rivières sont traditionnellement peuplées par les espèces autochtones (Cutthroat, Bull et Mountaineer) mais les diverses introductions historiques y ont amené des farios, des SDF et plus rarement des arcs (surtout dans le sud de la province et en particulier dans la célèbre Crowsnest river).
Milieu assez difficiles et pauvres, ces cours d'eau sont très exigeants pour les poissons qui sont obligés d'être pratiquement actifs tout le temps afin d'accumuler assez de réserves pour l'hiver. Les forêts étant fortement exploitées pour le bois, la plupart des rivières sont accessibles par la forestry trunk road, légendaire route de terre longeant les montagnes du Nord au Sud.
Nous atteignons le camping de la North Ram River (au bord de la forestry trunk) vers 16H. Cette rivière compte parmi les plus célèbres d'Alberta, étant en no kill depuis plus de 20 ans. Petite rivière de 3-4m de large alternant fosses et rapides, elle abrite quasi exclusivement des Cutthroats qui peuvent atteindre la barre, fatidique pour l'espèce, des 20 pouces (50cm).
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Les Cutths de la North Ram sont des merveilles de la nature
Ces truites ayant la réputation de gober tout ce qui bouge, éclosion ou pas, je pars vers l'amont avec un gros stimulator monté sur 16%. Après 2H de pêche : rien. Pas une seule montée. Alors que j'atteins la première fosse profonde je ferre enfin un premier poisson d'une vingtaine de cm. Puis un deuxième un peu plus gros. Et ainsi de suite. En 15min je sortirai 8 poissons sur 3m², entre 20 et 30cm.
Je venais de comprendre par la pratique un phénomène assez courant sur ces rivières : les zones propices à l'hivernage des poissons sont rares (les spécialistes estiment une moyenne de 1 à 2 par mile sur la North Ram) . Il s'agit de fosses profondes bien que parfois très petites et la plupart des poissons corrects y restent pendant la période estivale.
On peut donc pêcher sans rien prendre pendant des heures et faire plusieurs poissons de suite dans un périmètre très limité. Le soir approchant j'explore une autre fosse et prendrai 9 autres poissons dans les mêmes tailles.
Après une nuit glaciale (tout était blanc à 5H30) je décide de partir vers l'aval (à partir du pont) en ne pêchant que les grandes fosses. Après 10 bonnes minutes de marche je présente mon stimu sur la première. Rien. Je décide de changer et de passer en nymphe au fil pour faire original, en insistant dans les nombreux tas de branches et de troncs noyés. Premier passage et premier poisson de 35, merveille de couleurs.
La descente continue avec 4 autres poissons entre 30 et 35 ainsi qu'un nombre incroyable de petits poissons de 20-25cm, toujours en NAF. Vers 10H je repère un premier gobages sous les branches. Premier passage avec un stimu : rien. Ce n'est pas par ce que ce sont des Cutthroat qu'il ne faut pas réfléchir un peu ! Je regarde un peu autour de moi et repère ce que j'aurai du voir depuis longtemps : une assez jolie éclosion d'éphémères gris clair (pale morning dun comme disent les nord-américains) de 1cm environ. Changement de mouche et gobage au premier passage. Le poisson est vraiment gros, impossible à maîtriser et me casse dans les branches. Pendant ce temps un de ses copains gobe à qui mieux mieux un peu plus haut. Prise et je photographie une superbe Cutt d'un peu plus de 40. Rebelote dans une fosse un peu plus bas, décrochant un poisson d'environ 50 au bord de l'épuisette. A midi lorsque je retrouve mon épouse j'ai pris environ 25 de ces merveilles de la nature dont 9 de plus 30.
Mais c'est au début de l'après-midi que la rivière va s'enflammer. Je débute par un poisson de 50 en NAF sous les branches, qui me fera descendre 2 fosses avant de s'arrêter pour la photo. Puis une 35, une 40... la mouche est prise à chaque passage. En 6 heures ce sont plusieurs dizaines de poissons dont 4 passant les 40 qui rejoindront l'épuisette, en sèche, en NAF, à la roulette....
Je me souviendrai longtemps de cette fosse dans laquelle je prendrai 10 poissons de plus de 30cm en 10 lancés, sur une petite sèche. A noter qu'il s'agit d'une pêche assez physique nécessitant de marcher énormément pour trouver le poisson (j'ai parcouru au moins 8km dans la seule après-midi).
Avant de quitter la rivière le lendemain matin, je retourne sur une fosse en amont et ferre un poisson de 45 très gras. En le regardant repartir je pense à la suite du voyage : la North Raven puis à nouveau la Bow qui devrait avoir baissé entre temps.
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Une Cutth toute en graisse prête pour l’hiver - Au fil sur la North Ram
La North Raven river (ou Stauffer Creek, du nom du petit village où elle prend sa source) est un des rares spring creek d'Alberta. Très productive (les scientifiques estiment la densité à 1 poisson par mètre, essentiellement des farios), c'est une petite rivière très claire de 2 à 3m de large qui coule très lentement dans les plaines entre Calgary et Edmonton. Facilement accessible dans une zone agricole, elle méandre dans un entrelacs de saules et de marais très dense rendant la progression délicate et infesté de centaines de moustiques et autres insectes piqueurs.
Mon premier et bref contact avec la rivière fut assez particulier. En une heure et demi de marche, complètement dévoré de piqûres malgré le DEET sous un soleil de plomb, je ne pourrais pêcher que deux trouées dans les herbiers, prenant un poisson de 35 et un de 30 en NAV et essuyant un refus incroyable par une 50 (la truite a collé son museau à la nymphe et l'a accompagné toute la dérive sans jamais engamer...).
Je comprends mieux pourquoi cette rivière a une réputation de quasi impêchabilité l'été en raison de la densité de la végétation. Si les poissons n'y étaient pas plus difficile qu'ailleurs le jour de ma partie de pêche, leur localisation et leur approche était abominable. Je pense que c'est une rivière à pêcher au printemps où au début de l'été et sur laquelle il faut être guidé pour réussir, au moins au début.
Nous quittons la Stauffer Creek pour passer la nuit au bord de la Clearwater River. Ne disposant que de peu de temps je prendrai tout de même une fario de 35 et un SDF de 30 en moins d'une heure. A noter là aussi une densité de moustiques plus que satisfaisante.
Le 5 août, après avoir découvert les célèbres Badlands de Drummheller, nous retournons sur la Bow à Carseland.
La rivière a considérablement baissé (au moins 30cm) depuis la dernière fois. A 20H je suis posté dans un courant, attendant le coup du soir. A 21H, le premier gobage se manifeste enfin. J'attends que le poisson s'installe et passe un petit elk-hair caddis qui est pris immédiatement. Le poisson part directement en plein courant et sort toute la soie et 10m de backing avant que je puisse l'arrêter. Revenant directement sur la berge il s'enfonce dans une souche et casse. Je suis un peu éberlué, pêchant en 16% et bridant plus fort que jamais...
Nouveau BDL (en 20% cette fois), nouvelle mouche. Attente. Un autre gobage plus haut. Même scénario mais le poisson est plus petit cette fois : une arc d'un peu plus de 45. Il fait presque nuit mais j'ai le temps d'attaquer un dernier gobage. Et là c'est du sérieux. Malgré le frein du moulinet serré à fond le poisson me met à nouveau sur le backing. Je le force à rester en plein courant et l'empêche d'aller dans les souches. Après 5 vraies minutes il se rend enfin. C'est une arc passant de peu les 60, véritable missile de muscles.
Le lendemain matin est consacré au streamer dans les souches. Je toucherai deux poissons, l'un ouvrant un hameçon de 6 fort de fer et l'autre me cassant en 20% après avoir pris une vingtaine de mètres de backing... Avis aux amateurs de 30%, ce n'est pas de trop !
Vers 19H je repère les premiers gobages dans un grand courant. En 1H30 je prends 8 arcs entre 35 et 45, toutes en sèche après des combats incroyables. Vers 21H00, les sedges qui viennent de s'accoupler rejoignent la rivière, rapidement accompagnés par des stones flies de près de 3cm de long (je n'avais pas de sèche assez grosse pour les imiter) et la rivière se couvre de gobages. Je tente un poisson qui m'a l'air assez sérieux qui gobe régulièrement à 10m devant moi. La stone est prise et le poisson saute immédiatement. Du très sérieux : 60cm, sans doute plus... Il prend le courant et sort 10-15m de backing avant de s'arrêter. 10 minutes plus tard il est dans l'épuisette : une fario d'environ 65. Sa petite soeur la rejoindra quelques minutes plus tard avant que la nuit ne tombe totalement.
Le jour suivant ressemblera à celui-ci. Une dizaine de poissons de 35-40 en sèche en fin d'après-midi, une fario de 50 et une arc de 55 en soirée, au milieu d'importantes éclosions de sedges.
Après être remonté sur la upper bow vers Canmore où je ne prendrai que de petites farios et des Moutain Whitefish (en sèche sur H20 vu la taille très réduite de leur gueule) nous revenons à Calgary pour y passer deux jours avant le retour en France.
Le temps s'étant à nouveau dégradé (beaucoup de vent, de pluie, et températures inférieures à 15° au coeur de la journée) et les gobages ayant disparus, j'opte pour la NAV. Le premier soir je ne verrai que deux poissons, prenant une arc d'un peu plus de 60. Le lendemain après avoir décroché une fario de 45 et cassé sur une très grosse arc, je sortirai à nouveau une arc de 60 grâce à un San Juan Worm en NAV alors que le soleil était presque complètement couché.
Quelques conclusions.
La densité de gros poissons sur la Bow est extraordinaire mais que contrairement à ce qui se dit parfois, il ne sont pas toujours de sortie, surtout en sèche. Pour un pêcheur désirant éviter la pêche avec un gros indicateur et une nymphe sur H4, la pêche n'était vraiment intéressante que durant 2 heures le matin et 2-3 heures le soir. Je n'ai jamais vu de poisson actif en pleine journée (il semble que ce soit plus facilement le cas à partir du 15 août lors des fameuses éclosions de sauterelles permettant le "late summer hopper fishing" dont on m'a si souvent parlé). La rivière ne se prête pas très bien à la NAV (peu de secteurs permettant de voir les truites) mais ceci permet de ne pas trop s'ennuyer en plein soleil.
Du point de vue climat : l'été 2005 semble avoir été un des plus pourris depuis longtemps en Alberta, les températures ayant pratiquement tout le temps été inférieures aux moyennes saisonnières. A noter l'omniprésence du vent en journée, surtout sur la Upper Bow, ce qui peut rendre la pêche impraticable. Ne pas oublier les pulls, les duvets chauds et les gore-tex !
Du point de vue matériel : pour la Bow une canne en 5-6 est polyvalente (sèche, NAV et petits streamers). J'avais pris une 7-8 mais ne l'ai pratiquement pas utilisé, n'ayant aucun succès avec les stream de plus de 5cm de long. Soie flottante avec pointe plongeante éventuellement. Pour la North Ram et les Foothills. Canne en 5 avec soie flottante. Une 10 pieds ou plus peuT être utile pour bien pêcher en NAF ou à la roulette.
Les mouches sèches : prévoir beaucoup de stimulator sur H12-14 long, d'elk hair caddis sur H14-16 et d'imitations de pale morning dun sur H14-20 (petites éphémères crème ou olive clair dont le corps fait 5-8mm).
Les nymphes : ORL ou équivalent sur H12 ou 14 long, avec casque d'or vu la puissance générale des courants.
Les streamers : woolly bugger ou équivalent sur H6 (j'avais monté des monstres sur H2 qui n'ont jamais été pris). Prévoir des hameçons très solides.
Pour l’hébergement : l’hôtellerie canadienne est à peu près aussi chère que la nôtre : une nuit en motel coûte environ 80$ (1$CAN = 0.6$). Mais si vous cherchez la tranquillité des foothills, il faudra opter pour le camping (15-20$ la nuit, avec des places distantes de 50 à 100m au milieu des bois). Pour pêcher la middle bow, le camping de Carseland (à coté du pont) est le seul disponible et très agréable (pas de moustiques !). Sur la upper bow, les camping voisins de Canmore sont très bien. Une mention particulière pour celui de Dead Man’s Flat qui offre de superbes plats pour les coup du soir. Pour la upper bow au dessus de Banff, le camping de Catsel Moutain à coté de la voie mythique de la Canadian Pacific vaut le détour. Les camping des foothills sont pour la plupart situés au bord même de la forestry trunk.
Coût global d'un voyage (avion, location de voiture, nourriture, visites, campings et achat de matos) : prévoir environ 2500€/personne pour 2 pêcheurs en 3 semaines.
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Ne jamais partir sans une batterie de stimulator !
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