peche a la mouche
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Ecrit par Gonzo

Mis en ligne par nico_p le 2005-10-10.

Coryphènes à la mouche

C’est à la fin du mois de juillet dernier (au début de l’hivernage) que mon amie et moi même sommes partis au Sénégal pour un premier voyage en Afrique. Nous avions décidé de fuir les régions et les saisons trop touristiques, pour pouvoir nous imprégner de la culture du pays et satisfaire notre budget. Notre choix s’est porté sur Saint Louis l’ancienne capitale du Sénégal du temps des colons. Nous avons élu domicile à l’hôtel Cap Saint Louis sur la Langue de Barbarie ; une langue de terre bordée d’un côté par le fleuve Sénégal et battue de l’autre par l’océan Atlantique.

pêche à la mouche
Enfin au bateau après un superbe combat

Toute la culture de la région et une grande partie de son économie sont basées sur la pêche. Ca sent le poisson !!! C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai glissé dans mes bagages quelques cannes à mouche ainsi que quelques streamers et poppers imaginés pour l’occasion. Le fleuve se pêche du bord ou en pirogue, et il est possible d’y capturer des petits capitaines et poissons sabre près de l’embouchure. Au bord de l’océan, en surf casting, il est possible de capturer des raies, des sars, capitaines de mer… et même des elops (à la mouche).

J’ai eu l’occasion de pratiquer la pêche au « sawo » en compagnie de BADOU un spécialiste de cette technique. Une sorte de surf casting local où la canne est remplacée par une baguette en bois de deux bons mètres de long, plantée dans le sable, et la ligne par une bobine de fil de cinquante centièmes, équipée de trois hameçons, propulsée à la main tel des bolas à une bonne quarantaine de mètres grâce à un plomb de cent cinquante grammes. Le combat s’effectue à la main ; c’est du grand sport.

pêche à la moucheMais, pour la pêche en mer, je suis parti en compagnie de Guilhem MONTAGUT et son équipage sur une coque open Boston Whaller de 30’ propulsée par un V6 YAMAHA de 200CV le tout flambant neuf. Parti au départ pour une pêche côtière, nous nous sommes très vite retrouvés dans les eaux bleues à traîner des vif sur tangons. C’est tout aussi rapidement que Guilhem repère le premier poisson et s’écrie « ESPADON ! ESPADON ! » un rostre suit le vif. Guilhem détangone la canne de gauche, aguiche le poisson et ne tarde pas à ferrer un superbe espadon voilier sur la 20lbs. L’espadon nous faussera compagnie quelques chandelles plus tard lors d’un ultime saut (au grand bonheur de mon amie Flavie et à mon grand désespoir). Après deux heures de traîne plus calmes, j’avais envie de toucher du poisson à la mouche, nous sommes donc retournés à proximité des côtes pour que je puisse en découdre avec ma soie de dix.

La technique consiste à traîner lentement un popper ou streamer monté sur un hameçon de 3/0 à l’endroit où l’eau de l’océan et l’eau marron du fleuve se rencontrent ; la seconde, à pêcher, bateau à l’arrêt, et à propulser votre mouche à proximité de tout objet flottant identifié ou non. L’animation se fait canne basse, le bras gauche donnant de bonnes saccades dans la soie pour déstabiliser le streamer ou faire claquer le popper. Les résultats ne sont font pas attendre : des bonites et petits coryphènes se jettent sur mes leurres : la touche est violente, le combat musclé et les poissons aériens.

pêche à la mouche pêche à la mouche
Soie de 10 bien pliée !

La technique est si efficace que l’équipage monte, à mon insu, mes mouches sur les cannes de traîne afin qu’ils puissent, eux aussi, capturer des coryphènes ! 5 ou 6 poissons plus tard, j’aperçois une ombre verte qui monte du fond, suit mon streamer, je strippe et là, c’ est la touche, c’est une coryphène, une grosse, le moulinet se vide à toute allure et, après un ferrage sérieux, le combat commence. Le poisson saute sans cesse et sort du backing (beaucoup de backing) qui n’a encore jamais vu le jour.

Au bout d’une dizaine de minutes de lutte acharnée et d’aller retour au bateau, ce satané poisson me fait une magnifique chandelle à une cinquantaine de mètres du bateau, il ouvre sa large bouche et me rend mon Tiemco 3/0 complètement mastiqué. Ce dernier manque d offrir un piercing instantané au deceiver à mon amie Flavie. C’est ainsi que se termina cette partie de pêche. Ok certains puristes me diront que ce n’est pas de la vraie pêche à la mouche, mais moi j’en rêve encore la nuit.

Au fait , cette partie de pêche n’a duré que quatre heures, quatre heures de bonheur intense ponctuées d’autant de touches ; c’est cela l’Afrique… Une chose est sûre : je reviendrai mais ce coup-ci, rien qu’à la mouche et beaucoup plus longtemps.

pêche à la mouche
Couleurs de rêve dans le soleil africain

(Chose faite en Janvier 2005, Guinée Bissau ; plus d’infos lors d’une prochaine News).

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08/09/2008-00:09:37
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