OK, merci Rodanges et Raphaël pour ces réponses précises et fort instructives...
OK, merci Rodanges et Raphaël pour ces réponses précises et fort instructives...
Bonjour à toutes et à tous,
Construire des échelles pour que les saumons arrivent sur des lieux de fraie propices est nécessaire mais insuffisant, en effet leurs descendants (smolts) doivent rejoindre l'Océan et cela est primordial. Nous le voyons en ce qui concerne POUTES sur 100 smolts qui arrivent en amont de la retenue, 50 % arrivent seulement au barrage. Ensuite quelques uns passent dans la conduite forcée puis dans les turbines, les autres (90% des 50 % soit 45 % du nombre qui se sont engagés dans la retenue) empruntent la glissière. Et enfin il y a ce que nous appelons la mortalité différée : les smolts doivent atteindre l'Ocean à une période bien définie de leur vie, hors pour passer le complexe POUTES Monistrol ils ont pris tellement de retard que très peu d'entre eux survivront au passage eau douce à eau de mer.
En ce qui concerne les frayères de l'Allier, il est vrai qu'il faut mieux que les saumons frayent très en amont, mais certaines années, les conditions climatiques sont très défavorables aux montaisons d'automne et un certain nombre de saumons frayent en aval de l'Allagnon. Je vous joint une pêche électrique faite à Coudes (10 km en aval d'Issoire) il y a un nombre de tacons (pas très important certes) mais tout de même intéressant.
Amicalement.
Louis SAUVADET
Nous avons en France un barrage équipé d'un ascenseur à poissons. Il s'agit du barrage de Poutès dans les gorges de l'Allier en Haute-Loire. Ce barrage est à quelques km en amont de la salmoniculture de Chanteuge. il est fort possible que ces saumons qui sont venu chercher une frayère sur la Creuse, proviennent de la salmoniculture de Chanteuge. Pour information, au cours de l'automne 2011, 118 saumons ont franchi le barrage de Poutès, grâce à l'ascenseur.
Dernière modification de LA CLAVIERE JL, 23/02/2012 à 21h37
Amicalement
Oui et y'a aussi un saumon qui a été observé pendant 43 jours en train de chercher cet ascenseur (il y a 4 ou 5 ans)... Ascenseur qui par ailleurs ne règle pas le problème de mortalité des smolts, directe et induite, abordé par L. Sauvadet. De toutes façons, le barrage de Poutès disparaît d'ici 2 ans et ses problèmes avec. Ouf! C'est déjà ça de pris.
Pour faire la mauvaise langue y'a aussi une autre sorte d'ascenseur: ça s'appelle un camion, ça prend les saumons piégés à Golfech (Garonne) et ça les emmène faire un p'tit tour pour finir à plusieurs centaines de kilomètres de là, sur la Pique là où les conditions de reprodution peuvent être réunies...
Bonjour à tous.
Concernant le barrage de la ROCHE BAT L'AIGUE, je crois que ce barrage n'est pas d'une grande utilité en matière de production d'énergie électrique. Si comme d'autres barrages, il pouvait disparaître ça ne serait pas une mauvaise chose à mon avis. Ceci dit, pour information, concernant le barrage de Poutès, la décision à été prise par le ministère, d’abaisser à 5m de haut ce barrage qui fait actuellement 17m de haut. Le souhait était de tout simplement supprimer le barrage. Dans sa nouvelle conception, le barrage comprendra d’un côté une passe pour la montaison, de l’autre une passe pour la dévalaison.
Concernant les 118 saumons qui ont franchi le barrage au cours de l’automne dernier, sachant que les alevinages sont faits en aval du barrage de Poutès, sachant que le saumon remonte pour frayer là où il est né… Il y a de fortes chances pour que ces 118 saumons soient de vrais saumons sauvages, souche Haut Allier issus de reproduction naturelle sauvage mais non d’alevinages.
Amicalement
bonjour,
ce n'est pas tout à fait vrai, il arrive que les saumons se trompent:
-les saumons que l'on retrouve sur la seine ne sont pas né dans la seine
-on a retrouvé des saumons en aval des turbines de l'usine de monistrol de l'anse du nord, alors que les saumons ne remontent pas l'anse du nord
- d'où provenaient les premiers saumons qui on franchi l'ascenseur de poutès sinon d'une reproduction ayant eu lieu en aval.
philippe
Statistiquement, au moins 2% des saumons atlantiques se trompent carrément de cours d'eau. La truite de mer est beaucoup plus fiable, le salmonidé le précis étant l'omble chevalier (qui reviendrait parfois à quelques mètres près!). Ce sont ces erreurs qui permettent aux populations d'évoluer en même temps que les variations géologiques et climatiques. D'autre part, ils ont tendance également à remonter le plus loin possible, en étant attirés par le courant le plus fort (ce qui peut expliquer que Poutès étant actuellement court-circuité par un débit réservé, les poissons frayent plus bas sans chercher à l'atteindre et donc à la franchir lorsque les conditions hydrologiques sont mauvaises et ainsi de suite). De plus, pressés par le temps et le besoin les poissons pondent où ils peuvent... C'est le homing aussi qui explique que dans certains systèmes hydrographiques (lough irlandais ou loch écossais par ex), plusieurs souches de S. trutta ou S. alpinus se côtoient sans jamais se mélanger.
C'est très compliqué tout ça. Il y a beaucoup de facteurs qui doivent être réunis pour garantir un succès optimal de la reproduction et il suffit de très peu de choses pour que ça rate de manière à compromettre l'avenir. Nos "solutions" techniques destinées à compenser nos erreurs ne sont donc pas toujours suffisantes ou appropriées.
C'est beaucoup plus complexe que ça. Ca a pu être vrai par le passé mais actuellement, il n'y a plus d'alevinage en amont de Langeac. C'est aussi la zone qui est la plus favorable à leur développement, de l'oeuf à la smoltification.
@fishpass: oui c'est vrai, p'tite confusion de ma part. Mais sur le fond, une telle artificialisation du processus est aberrante...
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