Récemment, les moines de l’Abbaye de Fontgombault, qui exploitent une microcentrale hydroélectrique sur la rivière la Creuse via l’association « Petrus a Stella », ont fait une demande d’installation d’une turbine supplémentaire (1)°avec doublement de la puissance installée. Constatant que la chaussée du déversoir avait été rehaussée illégalement et rendait le barrage infranchissable par toutes les espèces, que la vieille passe à poissons était très peu efficace sur un cours d’eau classé ‘’grands migrateurs’’ où le saumon et la lamproie marine font un retour remarquable, les services de l’Etat (DREAL, ONEMA, DDT) et la fédération de pêche de l’Indre auraient accepté le projet sous réserve de l’installation d’une passe à poissons en rive gauche au plus haut point du barrage qui est en biais par rapport à l’axe de la Creuse. Mais en l’état et devant le refus des moines de réaliser les travaux, et en application de la réglementation, ils ne pouvaient que donner un avis négatif à ce projet, ce qu’ils firent. Que fit notre cher préfet ? Allait-il suivre l’avis unanime de ses services ? Que non point.
Il inscrivit le projet à l’ordre du CODERST (2)sans souci des délais généralement observés, en produisant à l’intention des membres un dossier dans lequel l’avis des services était déclaré « favorable ». La fédération de pêche réagit en envoyant aux membres du CODERST les avis réels des services. Moyennant quoi notre préfet vint en personne au CODERST et ordonna aux services de voter le projet.
On peut s’interroger sur ses motivation. Amende et remboursement –encore impayés (3)- qu’il faudrait financer alors que ses protecteurs ne sont plus au pouvoir ? La chaussée aux moines est-elle un bon fromage ?
Et si Pierre était pêcheur, les moines de « Petrus a Stella » semblent plus près de leurs sous que des créatures du Bon Dieu.
(1)°prétendument ‘’ichtyophile’’, mais les poissons sont ‘’turbinophobes’’
(2) Conseil départemental de l’Environnement et des risques sanitaires et technologiques (Ex Conseil Départemental d’Hygiène)
(3) Avant d’être préfet, Xavier Peneau avait été condamné à un an de prison avec sursis et une amende de 50.000 € pour son rôle comme directeur de cabinet de Alain Carignon à Grenoble. La Cour des Comptes lui demande d’autre part un remboursement 253.126 €, plus 51.000 € d'intérêts. . C’est Brice Hortefeux qui en a fait un préfet.
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