| |
Le catch
and release permet de sauvegarder des populations de poissons sauvage tout
en continuant à les pêcher. C'est un des principaux moyens
de conserver des parcours publics bien peuplés, malgré un
milieu dégradé et une forte pression de pêche.
.La dégradation des milieux
L'industrialisation, le remembrement, l'intensification de l'agriculture,
le recalibrage des cours d'eau, la présence de barrages et microcentrales
(qui empechent les poissons d'effectuer leurs migrations au moment du frai),
la sévérité accrue des étiages estivaux (notamment
due aux cultures de maïs), le salage excessif des routes en hiver et
toutes les formes de pollution que nous connaissons ont un impact sévère
sur les populations de poisson. Les rivières sont donc beaucoup moins
productives qu'auparavant, et le comportement des pêcheurs, comme
des autres usagers de la rivière, doit s'y adapter.
.La modernisation des techniques, la mobilité.
De plus, le progrès du matériel de pêche (nylons, cannes
en carbone, hameçons de qualité...) et la baisse de son prix
fait du pêcheur moderne le moins doué un prédateurd'une
efficacité bien supérieure à celle de ses prédecesseurs.
Parallèlement, la voiture (4x4, par exemple) permet à tous
de se rendre dans les endroits les plus reculés, ne laissant aucun
autre sanctuaire aux poissons que ceux prévus par la Loi (les si
rares et si courtes réserves).
.Le temps libre induit une plus forte demande.
Avec l'allongement de la durée de la vie, l'abaissement de l'âge
des retraites, les 35 heures (...), nous n'avons jamais eu autant de temps
libre. Nous entrons donc dans la civilisation des loisirs, et la peche y
tient une place croissante. Ainsi, les effectifs et l'assiduité des
pêcheurs devraient croître (c'est vrai pour la pêche à
la mouche, moins pour d'autres techniques). De plus en plus exigeant, le
pêcheur ne se satisfait plus de truites d'élevages déversées
dans les rivières à la vite. Il souhaite prendre de beaux
poissons, nés dans la rivière.
.Le prix du poisson en supermarché ;-))
Chez Leclerc, c'est moins de 10 francs la truite portion. Le poisson n'est
plus un produit de luxe, et il faut abandonner l'espoir (?) de rentabiliser
sa carte de pêche en terme de poissons prélevés.
La réglementation francaise:
rigide et inadaptée
En France, chaque pêcheur a droit
a un quota quotidien de poissons dont la taille est supérieure à
la taille légale (la maille). Ces deux critères sont inadaptés.
Le quota, tout d'abord, est souvent de 10 par jour, ce qui est énorme.
La taille légale ne permet pas, le plus souvent, aux truites de se
reproduire au moins une fois et elle empêche la rivière d'avoir
un stock de géniteurs suffisant.
Il existe d'autres formes de réglementation autorisant des prélèvements
et qui fonctionnent, par exemple aux Etats Unis. Mais le système
francais est atrocement rigide, et les associations de pêche et de
pisciculture (APP) qui souhaiteraient innover dans un sens moins conservateur
(augmenter la taille légale, diminuer les quotas ...) sont
rembarrées par les instances (cf. le cas de l'APP du Lignon, dans le Forez).
Seules des études scientifiques longues et coûteuses peuvent
permettre de proposer une gestion adaptée à la rivière
considérée, mais il n'est pas normal que les initiatives progressistes
prisent par les APP (cf le Lignon) soient barrées au profit d'une
gestion qui a fait la preuve de son inefficacité.
Face à tout cela, il est donc de la responsabilité du pêcheur
de relâcher les poissons qu'il prend.
|
Le mauvais exemple...
|
|

Un dégorgeoir
particulier,le ketchum release. (Cliquez dessus pour l'acheter).
|
Relâcher un poisson, c'est
bien. S'assurer qu'il pourra repartir dans de bonnes conditions, c'est
mieux. Si la pratique du nokill se généralise, elle ne pourra
rester rentable pour le milieu que si les pêcheurs traitent leur
prise avec respect. Sinon, le nombre de poissons décédés
à la suite d'une capture deviendra trop important.
En pêchant à la mouche,
on limite le plus gros risque: l'engammage profond. En effet les poissons
n'avalent jamais très profondément les mouches (sauf dans
certaines techniques particulières pratiquées en lac, comme
le booby), et le poisson est le plus souvent piqué au bord des
lèvres, dans le cartilage. Il ne faut cependant pas faire n'importe
quoi :
Ne pas serrer le poisson,
car cela peut provoquer des lésions internes plus ou moins bénignes
qui peuvent avoir pour conséquences la mort du poisson, même
plusieurs jours plus tard. Dans le milieu naturel, un animal blessé
même légèrement est souvent condamné.
Dans le même ordre d'idée, on essayera de ne pas sortir
le poisson de l'eau, le relacher le plus vite possible, le toucher le
moins possible, abréger le "combat" avec le poisson.
Pour faciliter les choses, on peut
écraser les ardillons des hamecons, utiliser une épuisette
à maille soudées (pour ne pas fendre les nageoires du
poisson), utiliser des dégorgeoirs spéciaux comme
les ketchum release (qui sont scandaleusement chers). De toute facon,
au cas ou votre mouche serait trop difficile à décrocher,
coupez le fil. La mouche se dégradera toute seule, attaquée
par l'eau et par les sucs secrétés par le poisson.
Certains pêcheurs recommandent de se mouiller les mains avant de
saisir le poisson afin de ne pas lui retirer son mucus protecteur, mais
il semble en fait qu'il soit préférable d'avoir les mains
sèches. En effet, la quantité de mucus retirée est
négligeable (des études américaines très sérieuses
ont eu lieu sur le sujet) et le fait d'avoir les mains sèches donne
une meilleure prise en main du poisson, ce qui permet de le relacher plus
vite et en le serrant moins.
|

Une belle truite fario qui va bientôt
retrouver son élément.. |