
Pêche en nymphe à vue
Il existe en outre plusieurs types de pêche à la nymphe :
-La nymphe au fil qui se caractérise par des dérives en général assez longues où la touche se traduit par une tirée ou un déplacement du bas de ligne ou de la pointe de la soie,
-La nymphe à l'indicateur qui diffère de la nymphe au fil par lajout dun « indicateur » sur le bas de ligne afin de visualiser les touches,
-La roulette qui se caractérise par l'utilisation d'une nymphe très plombée (fer à repasser) et par des dérives très courtes, réalisées en général quasiment sous la canne, la touche étant détectée par un « toc » dans le scion,
-La nymphe à vue qui se traduit par la localisation visuelle du poisson, l'approche dudit poisson et sa pêche avec une imitation de nymphe.
Le point commun à ces différentes techniques est l'utilisation dune imitation de nymphe ou de larve pour leurrer le poisson.
Nous allons tenter ci-après de faire un tour d'horizon de la technique de pêche en nymphe à vue.
Il est impératif que les eaux soient suffisamment claires pour repérer visuellement le poisson, ce qui rend cette technique inutilisable dans certains types de rivière. C'est en général dans des rivières de type « calcaires » que la N.A.V. est principalement utilisée. Mais cette technique n'est pas exclusivement réservée à la rivière, et c'est avec succès quelle sera pratiquée en réservoir. Cependant, il ne sera abordé ici que sa pratique en rivière.
Quel poisson pécher en N.A.V. ?
Tous les poissons se nourrissant de nymphes et de larves peuvent théoriquement se pécher en N.A.V. : truites, ombres, chevesnes, barbeaux. Cependant, dans le cadre du présent document, nous nous limiterons à la truite et l'ombre.
Quand pécher en N.A.V. ?
Il est connu que les poissons se nourrissent principalement de nymphes et de larves. Certains auteurs estiment même que ce type de nourriture représente plus de 90% du régime alimentaire de la truite. Par ailleurs, nous savons tous que les éclosions et les gobages, se font de plus en plus rares (poissons toujours plus méfiants, pollutions organiques et écologiques, ). Par conséquent, la N.A.V. peut se pratiquer systématiquement dans la majorité des situations dans la mesure où les conditions le permettent (clarté de l'eau, peu ou pas de vent, ), même en plein soleil ou en période d'étiage. Il faut se rappeler qu'un poisson qui gobe saisira bien souvent une nymphe qui passe, alors qu'un poisson qui nymphe ne se déplacera que très rarement pour gober une sèche même bien présentée.
II/ L'action de pêche en Nymphe à Vue (N.A.V)
L'action de pêche en N.A.V. peut se décomposer en plusieurs phases :
->L'approche,
->L'analyse du comportement du poisson,
->Le lancer,
->La présentation de la nymphe,
->La détection de la touche et le ferrage.
L'approche du poisson

Enfin le poisson est repéré ! A ce stade, arrêtez tout mouvement et analysez la situation : comportement du poisson, environnement, veines de courant, Bref, les paramètres en fonction desquels vous présenterez votre nymphe. Passons sur le cas où le poisson a repéré le pécheur et s'enfuit à tire nageoires, et sur celui où le poisson a perçu quelque chose d'inhabituel se traduisant par une attitude spécifique (arrêt d'alimentation, nageoires vibrantes, ). Les choses sont mal engagées. Le poisson peut avoir divers types de comportements ; les principaux rencontrés :
-Le poisson est en poste, nez au courant, ondulant légèrement, et se déplaçant de temps à autres latéralement pour prendre quelque chose dinvisible, puis se repositionnant immédiatement à sa place initiale. Il sagit d'un poisson qui s'alimente à poste fixe. L'affaire se présente bien, car un poisson en activité sera d'une part plus enclin à prendre votre nymphe, et d'autre part sera moins sensible aux mouvements (déplacements, lancer) occupé qu'il est à s'alimenter,
-Le poisson est en mouvement parcourant en général un circuit bien précis (comportement habituel des grosses truites). Ce poisson, nonchalant, opportuniste, se nourrit en général en « picorant » ce qui se présente, en profite pour faire la chasse à toute truite (souvent plus petite) se trouvant sur son territoire, puis reprend son circuit. Il est curieux d'observer comme le circuit est toujours le même, et que le temps pour le parcourir est souvent similaire. Après avoir étudié le comportement du poisson, analysons son environnement. Il est impératif de vérifier qu'il n'y a pas d'autres poissons à proximité. En effet, prenant toutes les précautions pour ne pas effrayer l'objet du désir, il n'est pas rare de faire fuir un autre poisson non repéré qui par sa course éperdue vers sa cache entraînera avec lui tous les habitants du secteur. C'est également le moment détudier les courants, contre-courants et veines d'eau afin de déterminer dores et déjà le type de lancer, la nymphe à utiliser, et un éventuel repositionnement. Le repositionnement peut savérer nécessaire soit pour avoir une position de lancer plus confortable, soit tout simplement pour se rapprocher du poisson. C'est là que l'expérience saura déterminer la distance idéale pour effectuer un lancer et une dérive correcte sans toutefois s'approcher trop près et faire fuir le poisson. Tout est question de dosage, quelques dizaines de centimètres pouvant s'avérer fatals. Le repositionnement se fera avec toute la discrétion et les précautions d'usage. Il est dans ce cas judicieux d'attendre le moment opportun, comme par exemple un déplacement du poisson (écart pour s'alimenter, éloignement dans le cadre de la poursuite de son circuit) pendant lequel il sera beaucoup moins attentif aux mouvements extérieurs. S'il est nécessaire de changer de nymphe, de modifier le bas de ligne, bref de bricoler un peu, il est souhaitable dans la mesure du possible d'effectuer l'opération sans risquer dêtre vu par le poisson (se cacher derrière un arbre ou s'accroupir par exemple,).
Il faut préciser enfin que l'analyse du comportement du poisson et son approche doivent être effectuées le plus rapidement possible pour ne pas trop risquer de le perturber.

Lancer et dérive
-La nymphe ne subisse aucun dragage,
-La nymphe évolue à la bonne profondeur,
-La nymphe dérive dans laxe du poisson,
-La soie, et même le bas de ligne, ne coiffe pas le poisson.
Les paramètres conduisant donc à une dérive parfaite sont :
-La nymphe,
-Le bas de ligne,
-Le lancer. La nymphe
En fonction de la situation de pêche et de la nymphe utilisée, le posé sera :
-> soit parachute : la pointe du bas de ligne tombant en paquet suivie de la nymphe qui pourra simmerger plus facilement et de plus sera beaucoup plus libre dans sa dérive évitant ainsi le dragage. Pour ce faire, bloquer la canne lors du lancer avant vers 11 heures (ne pas mettre trop de puissance), puis baisser la canne. Ce lancer est souvent utilisé sur les grands lisses où la discrétion du poser est primordiale.
-> soit plaqué : ce qui a pour effet de taper la nymphe sur l'eau, celle-ci transperçant la pellicule et simmergeant plus facilement. Pour ce faire, lors du lancer avant, ne pas stopper la canne avant quelle ne soit à l'horizontale, ce qui a pour effet de plaquer la soie, le bas de ligne, et la nymphe sur leau.. Ce lancer est utilisé lorsquil est nécessaire de faire plonger une nymphe assez légère dans des zones de courant où le placage ne risque pas d'effrayer le poisson.
Bien évidemment, ces lancers seront effectués aussi bien en coup droit quen revers.
Dans le même esprit que pour le lancer classique, la pointe de la canne sera dirigée vers le haut (parachute) ou vers le bas (plus ou moins plaqué).
Le lancer « sous la canne »
Cest le plus facile à réaliser, même si ce nest pas un lancer à proprement parler. Il sagit en fait de laisser tomber la nymphe sous le sion (la nymphe pendouille au ras de leau, canne horizontale, puis lon baisse la canne pour mettre la nymphe dans leau). Ce lancer sera utilisé principalement pour attaquer depuis la berge des poissons effectuant un circuit précis près des bordures. Le pêcheur profitera de l'absence du poisson pour positionner sa nymphe juste au dessus de l'eau, et l'immergera dès larrivée du poisson (pas très spectaculaire mais assez efficace si l'on est très discret).
La dérive de la nymphe
La touche et le ferrage
La touche se détecte de manière visuelle, non pas en regardant la nymphe mais le poisson.(tentez de suivre une nymphe de 18 ou 20 sous leau à 10 mètres !) . Lors de la dérive de la nymphe, le pécheur ne doit pas quitter des yeux le poisson convoité (et lui seul, même si dautres sont dans les parages), tout en estimant, en fonction de la vitesse du courant, le moment où le leurre se situera aux alentours dudit poisson. La touche se matérialise par la prise de la nymphe par le poisson. Cest au comportement du poisson que le pêcheur sait quil a pris la nymphe :
- >déplacement du poisson plus ou moins prononcé puis arrêt (il arrive que la truite vienne voir, puis fasse demi tour sans prendre la nymphe),
-> visualisation de l'ouverture de la gueule du poisson ou de louverture des ouies (éclair blanc ?!),
-> Le feeling Lorsque le poisson a pris la nymphe, ou qu'un doute vous prend, ferrer !
Le ferrage devra se faire :
-> pas trop brusquement compte tenu de la résistance de la pointe du bas
de ligne,
-> De manière ample pour résorber tout le nylon dérivant dans l'eau.
La canne supportera une soie numéro 4 ou 5. Elle devra avoir une longueur minimale de 9 pieds. La longueur passe partout sera de 10 pieds ce qui permettra dune part davoir moins de soie sur leau lors de la dérive (moins de risque de dragage) et dautre part de pécher un peu plus loin lors de lutilisation du lancer arbalète (environ 60 cms entre une 9 pieds et une 10 pieds). La canne ne devra pas avoir une action de pointe trop marquée ce qui entraînerait de nombreuses casses compte tenu de la résistance du fil utilisé. Par ailleurs, ce type daction ne convient pas très bien au lancer arbalète. A linverse, une action trop lente ne conviendra pas non plus. En effet, il est souvent nécessaire de lancer vite, donc de sortir la soie très rapidement, chose très difficile avec une canne lente. Une canne daction semi rapide sera donc un bon compromis. Enfin, éviter les cannes trop « flash », style jaune fluo avec anneaux argentés. De la discrétion que diable : blank couleur mate et anneaux sombres. Le moulinet a quant à lui une moindre importance comme dans toutes les techniques de pêche à la mouche. Je préfère cependant les moulinets semi-automatiques (type Vivarelli ou BAM) qui permettent lors du lancer arbalète de reprendre un peu de fil avec la gâchette pour ajuster la longueur de bas de ligne sortie.
La soie
Pour le lancer arbalète, aucune importance puisquelle reste dans le moulinet. Pour les autres lancers, DT ou WF, avec un petit avantage pour la DT permettant des posers plus discrets. Question couleur, il faut bien évidemment favoriser la discrétion (évitez les fluos !). Quant au choix synthétique/naturelle, il est certain que la soie naturelle se révèle plus discrète, le revers de la médaille étant comme toujours son entretien.
Le bas de ligne
Nous l'avons déjà vu, il faut favoriser les bas de ligne lents relativement longs. Pour être polyvalent lancer arbalète/lancer classique, sa longueur devra être égale à deux fois la longueur de la canne plus un mètre (un bas de ligne trop court entraînant, lors du lancer arbalète, la rentrée du bas de ligne dans les anneaux de la canne par le poids de la soie lors du relevé de la canne). Si les conditions ne permettent pas de pécher en arbalète, il pourra être un peu plus court. La pointe devra être longue et fine. Un diamètre de 12 centièmes est un maximum, et il arrive souvent, notamment en période estivale, de devoir descendre en 08 centièmes sous peine de nombreux refus. Malgré cela, les casses sont relativement rares compte tenu de la longueur de la pointe qui donnent une certaine élasticité à lensemble. Certains pécheurs utilisent des pointes et avant pointes en fluorocarbonne au motif que ce matériau simmerge plus rapidement et quil est moins visible. Cependant, sa faible résistance est un défaut majeur ce qui oblige par exemple à utiliser une pointe fluoro en 14 centièmes pour avoir une résistance équivalente à un 10 centièmes en monofilament. Par ailleurs, fluoro ou monofilament projettent tous deux une ombre sur le lit de la rivière qui sera dautant plus grosse que le fil est épais. Je suis loin dêtre convaincu que limmersion dune micro nymphe très peu lestée (voire pas du tout) seffectuera correctement avec un fluoro de 14 centièmes. Enfin, le prix est assez dissuasif ! Lorsque lon change souvent de pointe, Pour ma part, mon choix est fait, vous laurez compris. Quant à la conception du bas de ligne, je les préfère à noeuds, ils sauront répondre à tous mes besoins puisque modifiables à tout moment. A titre dexemple, voici deux formules de bas de ligne standards :


La Pheasant Tail
Cerques : fibres de faisan
Abdomen : fibres de faisan
Cerclage : fil de cuivre
Thorax : dubbing de lièvre
Sac alaire : fibres de faisan
L'Epoxy quill 
Cerques : coq pardo
Abdomen : quill de paon
Thorax :
fil noir
Le tout recouvert d époxy
Le Gammare
Corps : dubbing antron beige
Dos : bande latex crème
Cerclage : fil crème
La Lie de vin
Cerques : fibres de faisan
Corps : fil lie de vin
Cerclage : tinsel rond argent
Le matériel divers
Ustensile indispensable s'il en est : la paire de lunette polarisante. Celle-ci vous sera dune aide précieuse pour voir le poisson. Ne chipotez donc pas sur le modèle lors de l'achat.
Il faut savoir quil existe différentes couleurs de verres :
- Jaune : qui ont la faculté d'augmenter la lumière, à utiliser donc par temps sombre,
-Gris : à utiliser en cas de forte luminosité.
Enfin, soyez ordonné dans le rangement de votre gilet. « Chaque chose à sa place et une place pour chaque chose ». Tout mouvement inutile est un mouvement pouvant faire fuir le poisson, évitez donc de fouillez toutes les poches pour trouver la bonne bobine de fil.
CONCLUSION
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