
| Cet été GobageS.com vous offre grâce à Vincent Pons une série d'articles sur la pêche du saumon en nymphe à vue.
Voici la première partie, vous pourrez lire la suite d'ici la mi août. |
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LE SAUMON EN NYMPHE A VUE : classique parmi les classiques d'automne
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[1 ère partie]
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Ce fabuleux partenaire de pêche, oui partenaire, que nous n'avons pas su protéger efficacement dans nos rivières, fait voyager de nombreux mordus aux quatre coins du monde dans l'espoir de toucher ces monstres de puissance et de beauté (ou de laideur selon l'époque). Certes, quelques rivières françaises ont toujours la chance d'avoir quelques remontées de saumons mais il faut bien admettre que ces cours d'eaux sont peu nombreux et le nombre de poissons revenant pondre bien maigre par rapport aux destinations "à la mode" que sont l'Alaska ou la Russie. Le gros avantage de partir à l'étranger est de pouvoir pécher dans des parcours à grosses densités mais aussi, si l'on est chanceux, d'attraper différentes espèces de saumons durant la même journée. |
L'état de Washington, qui se situe juste au sud de la Colombie Britannique dans le Nord Ouest américain, fait partie de ces régions où l'on aimerait pécher au moins une fois dans sa vie. En effet, dans les rivières de l'evergreen, les king, chums, sockeye, pink et coho reviennent frayer chaque année. Comme la nature est bien faite, chaque espèce ne fraie pas en même temps et ne nécessite pas le même substrat ce qui ne signifie pas pour autant ne pas se trouver au même endroit simultanément. Par exemple, le king, la plus grosse des espèces, peut remonter en eau douce dès les mois de mars et avril pour ne frayer qu'en automne. Bien longue attente qui en dit long sur les réserves accumulées par ces migrateurs lors de leur séjour en eau salée. Bien sur, le plus gros de la remontée s'effectue au dernier moment mais il sera toujours possible de trouver sur un même parcours, des chums mêlés à des kings n'ayant pas encore frayé et à quelques steelheads ou sea run cutthroat qui sont respectivement des truites arc en ciel et cutthroat anadromes.
Ces 5 espèces de saumons peuvent être classées en deux catégories : saumons ayant des points noirs bien distincts sur leur nageoire caudale (chinook, coho et pink) et ceux n'en ayant pas (chum et sockeye). A cette liste, on peut rajouter, à regret, une sixième espèce : le saumon atlantique. Que fait-il là? Certains sujets vraisemblablement échappés d'élevages viennent se mêler aux espèces autochtones et la réelle crainte d'une pollution génétique revient à grand galop.
Le king ou chinook (Oncorhynchus tshawytscha) peut atteindre un poids de 135 livres (ce n'est pas une erreur de frappe, 135 livres !!!!!) mais le poids moyen oscille entre 10 et 20 livres. Deux éléments essentiels, sa bouche noire (mâchoires et dents) et sa taille, rendent son identification aisée. Si vous attrapez un saumon de plus de 15 livres, il y a de grandes chances pour que ce soit un king et si ses mâchoires et dents sont noires, pas de doutes permis, c'est bien un king. De petits points irréguliers ornent sa caudale. Comme mentionné précédemment, certains king entrent dans le système des le printemps car ils ont des centaines de miles à parcourir pour atteindre leur lieu natal. Sa taille lui permet de frayer dans lit majeur d'importantes rivières ou de leurs plus gros affluents. Les juvéniles resteront de trois mois à un an en eau douce selon la race de chinook et le lieu.
Le coho ou silver (Oncorhynchus kisutch) a eu une taille moyenne plus modeste, de six à douze livres mais des spécimen de 30 livres ne sont pas impossibles. La base de ses mâchoire est blanche et on retrouve aussi de petits points irréguliers sur sa caudale mais uniquement sur la partie supérieure. Le coho est très populaire aux alentours de Seattle car il peut être trouvé dans n'importe quel petit cours d'eau même urbain pourvu que la qualité de l'eau soit bonne. Il pond dans les tributaires de gros fleuves ou dans les ruisseaux de la côte préférant des graviers de petite à moyenne taille et une eau moyennement rapide. Les juvéniles émergent au printemps mais ne retournent en mer que le printemps suivant soit 18 mois après que les œufs aient été déposés.
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Le pink ou bossu (Oncorhynchus gorbuscha) est le plus petit de tous les saumons du Pacifique, son poids moyen oscille entre trois et cinq livres, douze livres étant un maximum. Les mâles sont facilement reconnaissables car ils développent une bosse quand l'époque du fraie arrive. Sa queue entière est couverte de larges points noirs. Apres deux ans passés en mer, ce poisson fraiera très près de la mer car les juvéniles sitôt nés migrent vers la mer. Certains fraient même directement en eau salée, curieux poisson. Il n'y a pas de run chaque année car le pink ne passe que deux ans en mer, pas un ni trois mais deux ans. |
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L'autre catégorie est celle des saumons n'ayant pas de points sur leur queue. Parmi ceux-ci, le chum (Oncorhynchus keta), dix à quinze livres de moyenne (jusqu'à 30 livres), est surnommé le dog salmon à cause du bec et des grosses dents développés par les mâles à la saison des amours. Il fraie dans le même type d'eaux que le coho mais plus près des côtes, là où l'eau est plus profonde. Les juvéniles restent quelques jours en eau douce puis, rejoignent l'estuaire où ils séjournent plusieurs mois avant d'aller en mer.
Le sockeye (Oncorhynchus nerka), cinquième saumon rencontré dans le Nord Ouest américain, doit un de ses surnoms, le rouge, à cause de la couleur qu'il prend au moment du fraie. Celui-ci, appelé aussi kokanee lorsqu'il est pris en lac (couleur argent brillant), peut atteindre un poids de quinze livres mais la moyenne reste comprise entre cinq et huit livres. Le red ne fraie que dans les tributaires de lac où les juvéniles grossissent pendant un à deux ans. La qualité du substrat ainsi que la vitesse du courant ne sont pas des facteurs déterminant dans le fraie du sockeye, ils réclament seulement un lac à proximité du lieu de ponte. Dans certains systèmes offrant suffisamment de frayères, des millions de red remontent chaque année offrant un spectacle totalement fantastique pour les visiteurs de plate formes construites afin de les observer. Cette année, les stocks, supérieurs à ceux espérés, ont permis l'ouverture de la pêche du sockeye pendant quelques week-end de juin au cœur même de Seattle, dans le Lac Washington situe entre Seattle et Bellevue. Imaginez pécher le saumon à cinq minutes du centre ville d'une telle agglomération, impossible à imaginer en France malheureusement.
En résumé, mis à part l'identification de ces cinq saumons, on peut retenir que coho et sockeye peuvent être trouvés toute l'année en eau douce, en ruisseaux près des cotes et en lac respectivement. Toutes les espèces ne fraient pas dans les mêmes parties des rivières. Les king sont plus gros car ils passent plus de temps en mer, jusqu'a neuf ans alors que les pink pondent à l'age de deux ans. Une sixième espèce de saumon existe dans le Pacifique, sur la cote asiatique, le masu (sixième espèce en oubliant la présence du saumon atlantique).
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| Lire la partie 2 Lire la partie 3 | - Vincent Pons - Site en construction : http://students.washington.edu/vpons/ |
04/07/2009-16:07:39
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