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Cet été GobageS.com vous offre grâce à Vincent Pons une série d'articles sur la pêche du saumon en nymphe à vue.

Voici la dernière partie, si vous voulez consulter l'article en entier, cliquez ici.

LE SAUMON EN NYMPHE A VUE : classique parmi les classiques d'automne
[Dernière partie]
Coté pratique, je m'installe à un endroit ou je peux surplomber un pool profond, si les saumons sont la, je jette ma nymphe un peu en amont et je la suis des yeux descendre, descendre, toujours descendre pour arriver au niveau des poissons. Si la mouche est assez plombée ou bien profilée pour atteindre le fond rapidement, j'essaie ensuite de la présenter pile devant la gueule d'un ou plusieurs saumons sur la même dérive. C'est le coté incroyable de cette pêche, on peut espérer séduire plusieurs poissons sur une même dérive, le premier ne prend pas, il reste le second, puis les autres… Cependant, d'autres poissons peuplent la rivière, les truitelles, whitefish ou cutthroat se jettent souvent sur la nymphe dès qu'elle touche la surface, deviant la trajectoire de celle-ci quand ils ne s'y pendent pas. Cet handicap supplémentaire s'avère quelquefois fort utile et aide au suivi de la nymphe, savoir exactement où elle évolue car, autant une truite ne rechigne pas à se déplacer de quelques décimètres pour croquer une nymphe évoluant en dérive inerte, autant le saumon ne bouge pas, il lui faut la mouche sur le nez. Parmi tous ceux que j'ai pu piquer, seulement un ou deux sont venus prendre une nymphe qui arrivait droit sur un autre poisson.

Si les poissons ne sont pas réceptifs aux dérives inertes, j'essaie une prise induite en relevant la nymphe quand elle arrive devant eux. Souvent, voyant cette mouche leur échapper, les saumons viennent la prendre. Je trouve fascinant de leurrer ces monstres sur des mouches qui paraissent minuscules dans leur bouche, de voir leur réaction à la vue de ce bout de plomb et de poils qui dérive devant eux, de les voir prendre et réagir au moment du ferrage. Il m'est arrive d'observer un chum essayer de prendre ma nymphe plusieurs fois d'affilée sans réussir à la croquer. Apres quelques rates, ce dernier s'est finalement fait piquer et un combat plus axé sur la force que sur la finesse a suivi. A ce propos, j'attire l'attention sur l'importance de porter des lunettes polarisantes de qualité qui permettent de suivre une nymphe sous plusieurs mètres d'eau et pas uniquement de distinguer un poisson comme c'est le cas avec des lunettes bon marché. Bien évidemment, vous n'en avez pas besoin pour observer les poissons les plus faciles à repérer qui sont déjà installés sur les frayères mais inutile de vous conseiller de laisser ces derniers tranquilles.

King et chum, les plus gros des cinq saumons présents, ne se défendent pas de la même façon. Les king utilisent surtout leur force et vivacité pour se lancer dans de longs rush vous laissant vous inquiéter sur la quantité de backing restante sur le moulinet alors que les chums ne vous mettront que rarement sur le backing (en eau calme en tout cas). Cependant, les chum ont la fâcheuse tendance à tourner autour d'eux même une fois ferrés enroulant le bas de ligne autour de leur corps. Résultat : la même impression que si le poisson était piqué sur le coté et donc un combat plus long et difficile. Ces derniers étant à mon avis de moyens combattants, un jour, je me suis lancé un petit défit : prendre un chum d'une dizaine de livre avec ma 10 pieds soie 4 sur 16/100. Le premier poisson ferré, un beau mâle de 7-8 livres est venu à l'épuisette non sans mal mais mon pari était gagné. Plusieurs autres saumons plus ou moins gros ont suivi ce premier ainsi que quelques casses plus dues à mon impatience qu'à un départ fulgurant non anticipé. En effet, j'essaie toujours d'abréger les combats et ce même si je suis monté "très fin" m'exposant à une casse prématurée. Les chums ne se défendent pas aussi bien que les king, ce n'est pas du au fait que les poissons attrapes ne soient pas fraîchement arrivés de l'océan mais c'est juste un fait.

Durant les mois de septembre et début octobre pas trop pluvieux, les eaux sont encore basses et claires favorisant la pêche à vue mais ces conditions idéales ne sont pas toujours réunies. Quand les eaux sont teintées, je pèche à ce que j'appelle nymphe à semi vue. Je distingue le poisson mais il m'est impossible de voir ma mouche ni même le poisson ouvrir sa bouche, je lance une grosse roulette que je fais remonter légèrement quand je pense qu'elle arrive à hauteur du saumon. En général, la prise est très subtile, comme un grattement sur le fil, rien à voir avec les touches brutales faites par nos farios qui nous arrachent parfois la canne des mains au milieu d'un courant soutenu. Malheureusement, cette technique favorise aussi les accrochages pas très catholiques, par la manche mais elle est une des seules valables dans ces conditions critiques.


Les saumons sont très réceptifs aux nymphes, pourquoi se priver de cette pêche fabuleuse et pécher en noyée, en aveugle ou quasi aveugle ? De nombreux avantages plaident en faveur de la pêche en nymphe à vue : le plaisir de voir le poisson se saisir ou non de la nymphe, voir ses réactions mais aussi le nombre de poissons rates et décrochés est bien moindre qu'avec les techniques traditionnelles comme la noyée ou le streamer. Goûtez une fois à la nymphe à vue, vous ne l'abandonnerez jamais, vous deviendrez inconditionnel comme Olivier et moi. Toutefois, c'est promis, l'an prochain, je me fixe comme objectif d'attraper un saumon en sèche.


Lire la partie 1      Lire la partie 2 - Vincent Pons -
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05/02/2012-04:02:40
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