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Lipjan-uhvati i pusti |
| Le 28/07/2010 Ribnik - Bosnie-Herzégovine |
![]() je vais finir par connaître tous les pêcheurs du parcours...Ces derniers pratiquent tous en descendant la rivière, moi, je pêche amont, en sèche ou en nymphe.
Le style local est élégant, économique, efficace; un lancer roulé, la nymphe s'immerge à ras des vergnes de la rive, une longue dérive avec amendements, une bouclette de soie sous l'index qui se résorbe à la touche... Je préfère tenter les poissons qui s'alimentent et que je peux voir et approcher au plus près. Nombreux poissons, la rivière est riche, deux éclosions se produisent chaque jour, celle du matin et celle de la fin d'après-midi. A la mi-juillet, les eaux sont fines, la pêche aussi, passionnante, animée sous le soleil brûlant. Des prises dans le film, de petits remous, des blancs de gueule... Lorsque la chaleur devient intense, il est temps de chercher l'ombrage, de monter quelques mouchettes pour la fin de journée, une bière extirpée de l'onde si froide à portée de main. Au coup du soir, la brume envahit les courants, plus difficile de déposer la mouche auprès des branches baignantes, de suivre sa dérive, de repérer les montées discrètes... Le fer planté, il faut tirer sur la canne pour éloigner l'ombre bourru, la truite obstinée des branches baignantes. Une journée idéale s'achève. A travers prés, environné de lucioles virevoltantes, on s'en retourne en pensant au lendemain. |
| auteur : christophe douziech |
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Bicho da agua |
| Le 05/09/2010 Lagoa das Pedras - Mato Grosso, Brésil |
![]() Un mur végétal défile. Ma rêverie matinale cesse soudainement, l'embarcation quitte le milieu de la grande rivière et file désormais vers la berge sablonneuse. Amarrés à un arbre émergent, nous attendons, Philippe et moi, le retour de cet indien qui ne quitte jamais son peuple et son village, Jatoba. Ce dernier a vite disparu dans la forêt pour s'assurer des lieux. On se tait, on écoute. Les oiseaux, innombrables, saluent un jour nouveau. notre guide est de retour, c'est bien là. On s'agrippe aux racines pour escalader la rive et pénétrer dans la végétation. La saison sèche s'éternise, pas une goutte de pluie depuis six mois, les feuilles crissent sous nos pas. Je passe devant, un sentier se dessine. Visibilité réduite à une dizaine de mètres, au-delà, ce ne sont que des taches vertes, brunes, lumineuses, ombrées, des entrelacs de lianes et de branches.
Enfin, l'eau argentée. Un héron violine a quitté sa branche, s'élève avant même que mon pied n'atteigne le bord mouvant. Une barque de métal est là qui va nous permettre de prospecter cet ancien méandre. Nous quittons l'ombre et glissons sur l'eau figée. Tout à l'entour, des nuages de vase rougeâtre se forment subitement, trahissant la fuite affolée des poissons des lieux. Certains choisissent la fuite aérienne, les sauts tendus en ultime recours. Il nous faut gagner des eaux plus profondes pour tenter quelques lancers et espérer des prises. Une masse sombre à proximité de cet arbre mort, elle bouge, ce n'est donc pas un bois noyé... La mouche s'immerge, le poisson continue d'avancer. Une brève rotation du poignet pour animer les fibres du streamer, la bête s'est arrêtée. Ferrer fort, très fort, à plusieurs reprises pour conjurer le décrochage. Une nuée de sédiments, la canne accuse le coup et la soie s'échappe de ma paume serrée. Le poisson va sauter sous peu, entièrement en secouant la tête, moment critique où la ligne souvent se détend, où la mouche revient choir mollement à portée du pêcheur. Cette fois-ci, ça a tenu et j'ai pu contrer la fuite mais rien n'est encore gagné car désormais la soie est passée sous la coque; le fouet immergé en catastrophe, je pivote pour me dégager et reprendre de la hauteur. La pointe du bas de ligne est tellement forte que la soie pourrait souffrir... Lors d'une précédente rencontre avec une poutre brune, ma soie de 9 a cédé quand je bridais fort... Plus tard, Philippe a remarqué ce fil rose flottant dans les vaguelettes. Jatoba s'en est saisi, le poisson n'a pas aimé et il a fui avec un fil rose plus court... Voici le client, l'ouverture des pinces suffit à peine pour emprisonner la mandibule charnue de cette créature aux yeux vitreux. Une bête des temps anciens, un peu inquiétante avec ses chicots noirâtres, un trairao ou aymarra. Son violent coup de queue me rafraîchit le visage, repeigner la mouche, trouver une autre bûche, la chaleur monte... |
| auteur : christophe douziech |
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Loin des flats... |
| Le 03/11/2010 Rio Ter - Espagne |
![]() Le vent s’est levé. Les fines feuilles des saules s’abattent sur les courants de la rivière. Ici, loin des berges de la Dordogne corrézienne, nulle rafale, nulle salve de glands précipités des chênes rivulaires -mais des craquements secs, des chutes de branches mortes.
Je remonte une île de galets, jusqu’à la ceinture dans les herbes hautes. Il devait dormir dans la végétation et mon pied lourd l’a alerté. Un héron, l’aigrette retroussée, le bec entrouvert de stupeur et d’effroi. Les ailes écartées, il tente de quitter la terre mais ne le peut. Je le force mais rien n’y fait. Il choisit alors de gagner le courant et de s’y laisser porter, tel un canard bleu au long cou, une espèce inconnue. Le bec toujours en alerte, il vogue avant de se redresser et de gagner la berge opposée. Me voici parvenu à l’amont, un grand radier transversal marque la fin d’un long calme. Là, comme autant de fugaces mirages, des triangles noirs émergent, s’évanouissent, trahissant les queues d’une bande de barbeaux occupée à suçoter les mousses des pierres. Je songe à des pêches lointaines où de semblables apparitions de pointes caudales laissent espérer la prise de bonefishes. Point de crevette translucide ni de bébé crabe à proposer mais un sedge de forte taille, un « tabana » au fanal vert fluorescent. De temps à autre, l’un des poissons rompt l’eau et laisse un ovale silencieux puis redescend rejoindre les copains. Je tente, la mouche est ignorée. Je retente, l’artifice touche l’eau, dérive, un barbeau s’élève, sort le museau, l’engloutit posément, en complète apesanteur. Je tends le fil, un remous bruyant, d’autres suivent aussitôt, c’est la panique et la fuite vers le gour. Je sens sa vigueur dans le liège mais désormais il vient à portée de main. Heureux je suis, comme si j’avais capturé un poisson rare, improbable. Son armure dorée, la flamboyance des peupliers dans la splendeur du jour, les mouvements de son œil fixent l’instant, cet instant de bonheur, un instant de pêche. Je sors la grenade cueillie ce matin, les rubis pâles de ses fruits cèdent sous mes dents, libérant leur douceur acidulée. |
| auteur : christophe douziech |
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Fin d'hiver |
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Le 20/03/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo |
![]() Le vent est tombé. Un soleil pâle avive l'argent des branches nues. Je suis au milieu d'une grande gravière, la canne sous le bras, la mouche pincée entre l'index et le pouce de ma main gauche, en attente. Enfin, des mouches apparaissent, passent, leurs ailes agitées de promesses aériennes. Des gobages aussi. Violents, sonores, éclaboussés, des ombres sans nul doute.
Là où le courant est moins vif, de part et d'autre de ces remous paresseux, d'autres ronds; timides, lents, empreints d'une certaine mollesse... Je dépique un poisson puis, plus amont deux manifestations discrètes. Je m'y porte, le voilier en chevreuil se voit bien et disparaît, happé sans bruit. A la piqûre du fer, la canne encaisse et la soie file prestement suivie d'une bonne partie de la ligne de réserve. Une fuite pesante aval vers la berge opposée, vers les arbres ensoleillés. Le poisson s'est arrêté et j'en profite pour rentrer toute la ficelle tout en descendant les pieds gourds. Un joli noeud saugrenu sur ma tresse m'inquiète. Les anneaux de ma canne souple sont étroits et sur un coup de tête... La perruque franchit cependant tous les arceaux et disparaît enfouie sous d'autres spires grises. La ligne elle-même regagne la bobine et je dois, désormais, faire retraverser au poisson le courant rapide et profond. J'y parviens non sans mal, reculant vers la plage derrière moi. Je vois enfin ma mouche piquée dans le bec et non dans le gras du dos ou bien la queue, comme j'avais pu songer. Maintenant, je regarde ce poisson presque immobile et je songe à tous ceux ayant quitté la rivière depuis une semaine... Je te redresse, tu as l'air bien, tu ne demandes pas ton reste et file sur les galets sombres. |
| auteur : christophe douziech |
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Chapelet pascal |
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Le 24/04/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo |
![]() Le ciel s'est enfin voilé, le bleu a fait place aux nuées grises. Le vent des jours précédents s'est effacé laissant le champ libre à une tiédeur humide propice à quelques lancers. La neige des saules oubliera les noeuds de mon bas de ligne et de ma mouche...
En milieu de matinée, la voici, inespérée, attendue, cette pluie tant désirée qui l'espace d'une petite heure crible ces courants. Sous l'averse, des insectes chutent des frondaisons et soudainement les poissons se déchaînent . Des ombres sans doute au vu des éclaboussures et de leur concentration. Plus aval, l'eau s'assagit, les vaguelettes meurent et le miroir se reprend. Un dos doré a marsouiné. Je me décide à aller voir de plus près... Plusieurs poissons s'alimentent, un chapelet de prière à écailles et à petits remous silencieux... La dérive est bien garnie, les mites à l'abdomen verdâtre fournissant les agapes et commençant à s'infiltrer sous mes verres de lunettes et ma combinaison de pêche. Beaucoup, leur devoir accompli, noyés, emportés par les flots finissent dans l'estomac des poissons. Je ne veux pas passer sous l'eau, je veux voir ma mouche mais il me faut insister pour commencer à décider ces affamées... L'une d'elles est presque difforme, l'estomac distendue d'insectes semblant l'avoir ballonnée outrageusement. Le premier grain du chapelet est toujours à table et me fait presque sursauter en s'emparant violemment d'une mite affolée. Je n'ai pas trop loupé mon lancer mollasson et ma mite semble bien dériver dans l'écume. La truite ne rechigne pas, le fer a piqué et c'était sur mon premier essai, pour une fois... J'ai presque égrené toutes les perles, c'était intense, bref et bon. |
| auteur : christophe douziech |
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Neige |
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Le 01/05/2011 Dordogne - Corrèze .|. Météo |
![]() Il est des après-midi calmes où parmi la neige des saules des ronds discrets se laissent deviner. Point de régularité, lorsque la brise se calme, le poisson remonte ou plutôt picore la surface.
Au creux du crâne, un beat tellurique,la musique de Suicide ne me lâche pas et contraste avec ce cercle qui se meurt. Mon sedge est lancé, pesant flocon, juke box babe... Le miroir l'a aspiré et le fer planté, j'ai eu droit à un saut vertical puis la tension délicieuse entraine un peu de ligne dans le soleil du printemps. Une truite en pleine forme, au dos charnu. Par bonheur, les renoncules sont anémiques cette saison. Dans les arbres de la rive, un bruissement agité, les culs-verts frénétiques volètent, chaos ordonné. L'après-midi avance, Patricia m'a rejoint et surveille l'amont du courant. Un petit gobage de rien du tout me confiera-t-elle plus tard, sa canne encaisse et plie et de ma position en aval ça paraît du sérieux. Une longue fuite, des coups de tête sur le fond et l'unique moucheuse d'Argentat amène délicatement la bête à fleur d'eau. C'est à moi désormais que revient la tâche angoissante de caresser le ventre du poisson pour conclure. Rester calme car il n'y aura qu'une seule occasion. J'ai réussi, la truite est rendue, docile, si douce aux regards. Le soir venu, les phryganes s'abattent sur ma combinaison de pêche et des ronds lents et gras me sortent de mon immobilité mais je gâcherai l'offrande en ferrant trop tôt. Les flocons cendrés remontent serrés la rivière, c'est trop bien la pêche! |
| auteur : christophe douziech |
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Massacre |
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Le 11/05/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo |
![]() Ce que nous redoutions depuis deux semaines est désormais sous nos yeux en cette belle matinée de printemps. Dans des vasques miniatures, les ombrets passent de vie à trépas en direct. Des frémissements, puis l'immobilité. Certains sont encore vésiculés, tout juste sortis des oeufs et déjà anéantis par EDF, ceux qui nous doivent toujours plus que la lumière...
Ils n'auront frémi que de brefs instants avant d' être asphyxiés subitement. La baisse amorcée dès lundi aura mis hors d'eau une des plus belles frayères de l'AAPPMA. Plus aval, sur la partie lotoise, les dégâts sont également très importants, plus de 100 pontes exondées... L'eau restera stockée dans les barrages d'EDF pour les plaisanciers, les estivants, les pollutions soudaines, on ne sait mais non pour la rivière, "niet" pour le vivant. EDF à la langue fourchue devait laisser la rivière à 70 m3, c'était les engagements pris, elle est désormais à 30 m3. Prochaines destructions programmées pour samedi prochain sur la Maronne cette fois. La gendarmerie est venue constater les faits, l'AAPPMA portera plainte. J'aimerai tant un jour prochain ne plus ramasser de cadavres et rêver à ces petits qui pourraient devenir grands. |
| auteur : christophe douziech |
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Agonie... |
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Le 19/05/2011 Corrèze - Corrèze (19) .|. Météo |
![]() C'est un spectacle de désolation qui s'offre à mes yeux en cette fin d'après-midi dans l'agglomération de Tulle. Des centaines de poissons gisent morts sur les fonds de la rivière ou pour d'autres, agonisent sous une mousse blanchâtre. Les faibles débits amplifient la pollution. Les fonds sont recouverts d'une floculation suspecte d'où dépassent les cadavres des truites, de goujons,de barbeaux, d'assées et de chevesnes. La réserve est anéantie ainsi que la partie aval sur plus d'un kilomètre.
Pauvres rivières de France, l'été s'annonce rude... |
| auteur : christophe douziech |
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Doux acide |
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Le 18/06/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo |
![]() La semaine est finie.
Les multiples lacets de la route descendant vers la vallée défilent, les cieux sont bien gris, les guitares acidulées des Raveonettes emplissent l'habitacle. Je n'ai pas mis un pied dans la rivière que le vent de la pluie brouille le miroir. A pas lents, c'est la remontée en tâchant d'amoindrir mes vaguelettes. Ma ceinture baigne désormais, le cri rouillé de la poule d'eau cachée dans les vergnes me rappelle que je suis repéré malgré mes précautions... L'averse se calme. Je reprends ma station verticale au sein des tresses aquatiques qui mollement ondulent. Deux bulles, un beau remous visqueux à quelques mètres en amont sur ma gauche. Récidive un peu plus à gauche. L'ondée m'évite le suçotement de l'émergente que je parviens à déposer prestement. Un autre beau remous, je tends et c'est une fuite lourde vers la rive profonde où gîte ma copine la poule d'eau. Puis plusieurs sauts viennent déchirer l'onde calme. Mon fil tient, ma canne travaille et couche la truite en surface. Changer de main, libérer la droite pour tenter d'immobiliser le poisson. Effleurement de la queue, pas bon ça, la truite déteste et repart. Cette fois-ci, je choisis la caresse et l'emprisonnement des pectorales. Pour fixer ce bon moment dans la petite boîte numérique, il me faut retraverser la rivière et faible débit m'avantage fortement. Dans les derniers mètres, de plus en plus courbé, j'échappe ma prise et c'est en laisse que je la conduis entre les galets. Une "vieille main" et ami me "cherche" de l'autre rive pendant que je photographie. La fin approche, ramener la créature en eau plus haute, enlever la mouche, la soutenir face au courant ralenti, ouvrir les mains et la suivre un bref instant sur les cheveux verts. "Bolard" je fus... |
| auteur : christophe douziech |
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Instants volés |
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Le 04/08/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo |
![]() Du gris, de la pluie... Une pluie fine enfin qui ravit aussi les traqueurs de cèpes...
Les nuées enveloppent les sommets des collines, le pantalon de pêche est trempé avant même de gagner la berge. La brume nappe la rivière, le courant semble nul, la sensation de pêcher un étang ou bien une rivière lente et chaude de plaine. Le fil plonge soudainement, la nymphe est si peu lestée que ce ne peut être les galets du fond. Une perche en colère, toutes épines dehors, une maraudeuse s'en est avidement emparé. L'averse s'interrompt, sur l'eau sombre quelques insectes pâles s'agitent. Des remous se forment, je ne résiste pas et fixe une mouche de surface. Tout est ralenti, différé, des groins clairs engloutissent l'artificielle au ralenti et il faut encore attendre un court instant avant de tendre et de ressentir les soubresauts à l'autre bout. Des "ombres du pauvre", des assées noirâtres au ventre nacré se prêtent à mon plaisir. Des voix à l'amont du plat, du bruit. Je quitte l'eau et me planque sous les frondaisons. Des dizaines d'embarcations de couleurs vives en plusieurs vagues passent ignorant ma présence. Les coups de pagaie s'estompent, le rouge, le jaune et le bleu cèdent devant les verts, les gris. Plus bas, avant la glissette, entre les chevelures, un gobage, vif, fidèle en sa place attire mes pas. Ma dérive devait convenir, c'est plus puissant, la joie de voir un saut tendu frangé de pourpre, parfait pour clore la session. Les canoës arrivent, les coups sourds au long des coques, la quiétude envolée... |
| auteur : christophe douziech |
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13/02/2012-03:02:54
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