peche a la mouche

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l'Est, c'est pas mal non plus

Le 02/04/2007 Vidus - Meuse (55) .|. Météo météao Meuse (55)
l'Est, c'est pas mal non plus
Arrivé vendredi soir chez mes beaux parents avec femme et enfant, ce n’est que samedi matin vers 11h00 que la première pensée liée à la pèche m’est apparue. Faut dire que la petite mirabelle maison ingurgitée la veille ne pousse généralement pas aux réveils matinaux et que le temps que je découvre dehors ne me donne pas pour le moment envie de sortir.

11h donc quand je commence à tripoter mon matériel me demandant si il est vraiment raisonnable de sortir par un temps pareil. Dans ces moments d’incertitude, je n’aime pas trop me presser et aime plutôt me poser avant de prendre une décision. Je me passe mentalement les raisons qui pourraient m’inciter à aller me recoucher et c’elles qui au contraire, pourraient me conduire vers la rivière. Au titre de c’elle qui incitent à retourner au lit, il y a le temps, la pluie fine qui commence à tomber et surtout la température extérieure : 6 degrés. Tiens, 6 degrés, ça me rappelle quelque chose. Je cherche et finit par trouver. Ces fameux 6 degrés, c’est la température par laquelle Fly.only est sorti sur la Dordogne. Je me remémore sa news et soudain je fais un lien entre nos deux expériences. Il est sorti par 6 degrés et a fait une pèche formidable. Il faut donc que je fasse de même pour voir si la rivière sera aussi généreuse avec moi. C’est décidé, je vais à la pèche.

Reste juste l’étape incoutournable et préalable à toute sortie, l’annonce à mon épouse que je ne serais pas là à midi pour partager le repas avec mes beaux parents. A demi endormie, elle trouve tout de même la force pour me déconseiller d’y aller et surtout de me rappeler que toutes mes expériences (deux sorties) depuis l’ouverture se sont soldées par des bredouilles. Voyant mon obstination à refuser de revenir dans le lit, elle finit par me « donner » son accord et m’assure qu’elle expliquera ma désertion à ses parents.

Je pars donc vers la rivière, vers les eaux vives. 15 minutes me suffisent pour arriver sur les lieux. L’air est froid, le vent s’est levé, mais le ciel est étonnamment dégagé. Le parcours est assez facile d’accès car la rivière coule dans des prairies et traverse un village. J’arrive sur mes postes préférés, ceux qui sont les moins péchés (quoi que en ce début de saison, les berges ressemblent à des autoroutes tellement elles sont pratiquées) et constate que la zone est impéchable vu le niveau des eaux, l’approche des berges est même assez dangereuse. Je commence à penser que malheureusement l’expérience de Fly.only ne va pas se reproduire aujourd’hui….

Bon je suis au bord de la rivière qui n’est pas péchable. Que faire ? Me précipiter à la maison pour glaner un peu de temps au lit et aussi subir les remarques de ma femme ou….. Ou bien allez faire un tour dans le village, voir si les niveaux sont meilleurs. Allez, c’est décidé, je vais voir un peu plus en amont. Je traverse le village et arrête le monteur contre le parapet du pont. Ah, les niveaux semblent bons mais le temps est toujours aussi froid, même si la pluie s’est arrêtée (est ce un signe ?)

Je constate vite qu’il y a d’autres pécheurs présents sur la zone, mais ils sont concentrés plus vers l’aval. Ou, c’est pas bon signe ça, ça veut dire qu’ils ont déjà lancé leurs vairons ou ver sur ces postes. Tant pis je suis là, j’y reste. A près tout, je ne suis plus à un capot près…….

Je monte ma canne, passe ma soie dans mes anneaux et commence à « humer » la zone de pèche. En effet, je ne suis pas genre à poser tout de suite ma soie sur l’eau, ni à bombarder immédiatement les postes potentiels. J’aime « sentir » l’air, me remplir des bienfaits de l’eau qui coule pour prendre pleinement conscience du moment. Il n’y à qu’aux bords de la rivière que je me relaxe vraiment, oubliant le stresse et les impératifs de notre vie moderne. En pleine contemplation, mon regard est soudain attiré par une petite masse sombre qui dérive. Je rêve ou quoi…. Est-ce que ce ne serait pas une MB… je fixe l’insecte et avant même que je n’ai pu me faire une idée précise de son espèce, je le vois disparaître dans un tourbillon bryant. Je reste là au moins une seconde avant de réaliser. Gobage, oui, c’est un gobage.

Mon rythme cardiaque accélère et mes mains tremblent alors que j’ouvre rapidement mes boites à mouche pour trouve LA mouche qui fera succomber cette truite. Je n’ai pas encore finit le noeux quand elle se décide à remonter au même endroit que la première fois. Un poisson en poste, ça send bien la première prise de la saison.

Le premier lancé est trop court, c’est dur de lancer précis après ces longs mois de disette. Le second sera le bon, mais le poisson refuse de monter. Un peu décontenancé, je relance. La mouche dérive dans la bonne veine d’eau et est aussitôt interceptée par le poisson qui déjà, essaie de se libérer du fer de l’hameçon. Sa défense est lourde, puissante et grandement facilitée par le courant de la rivière. Etant monté sur du 12, je ne veux pas risquer de perdre ce poisson et décide donc d’attendre patiemment qu’il se fatigue. Après deux minutes le poisson commence à rendre les armes et sa défense se fait moins intensive. J’arrive sans difficulté à le saisir pour décrocher l’hameçon. Le poisson est superbe, il fait dans les 35cm. Ce n’est pas un monstre, mais sa robe est admirablement colorée. Ne voulant pas compromettre ses chances de survie, je me décide à le rendre à la rivière.

C’est alors qu’une voix sourde m’interpelle. Concentré sur la prise du poisson et ayant pris pied sur des margelles proches de l’eau, je n’ai pas vu arrivé dans mon dos, un groupe de pécheurs qui n’ont rien perdu de la scène. Me retournant, je découvre trois pécheurs qui sans se présenter me demandent pourquoi j’ai remis à l’eau ce poisson qui faisait « largement la taille ». Après les avoir salué en préambules (sans réponses de leur part), je leur explique les notions de respect des poissons et de no-kill. Voyant que ces discours ne les touchaient pas du tout, je me décide à terminer là nos échanges et de remonter un peu plus haut. Je comprends alors que bien que nous vivons dans le même monde de la pèche, nos univers ne sont en rien identiques.

Un second gobage se produit à 15 mètres sur ma droite. Je me décale un peu pour éviter le groupe de pécheurs en train de commenter (à voix haute) mon geste et commence à lancer. Le troisième lancer fera mouche et je pourrais peu de temps après admirer un second poisson, de remise celui-ci). Le même pécheur me demande alors si je vais la garder c’elle-ci vu que c’est pas « une de la rivière ». Je lui rétorque alors que ce poisson mérite lui aussi le droit de retourner dans son élément. Je vois alors la tension s’installer quand il ajoute que c’est la faute à des pécheurs comme moi si les poissons deviennent imprenables. Avant il faisait son ‘quota « de poisson facilement alors que maintenant les poissons, quand il en reste, sont imprenables. Il finit tout de même par me dire que si je ne veux pas de ce poisson, il peut m’en soulager…. La situation se dégrade et je me dépêche de remettre mon poisson à l’eau.

Je me redresse, et voyant ma taille bien supérieure à la leur, ces pécheurs baissent immédiatement d’un ton.

Je me demande ce que je peux répondre à ça…..

En fait rien du tout parce qu’il est presque trois heures et que la pluie s’est remise à tomber. Je me décide à partir non sans avoir une pensée pour ces monsieurs d’un autre temps et d’une mentalité largement dépassée. Les pauvres s’ils savaient…..

Merci ma douce pour ces quelques heures passée à coté de toi, merci pour ces sentiments que tu m’as fait vivre et ces sensations si longtemps endormies. Tu ne t’appelles certe pas Dordogne ou Ain, mais tu sais être généreuse avec ceux qui le mérite ou qui ont l’impudence de le croire

Cloclo


auteur : cloclo


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Merci, Merci, Merci (acte 1)

Le 20/08/2007 Sorgue - Vaucluse (84) .|. Météo météao Vaucluse (84)
Merci, Merci, Merci (acte 1)
Sur invitation de onlyfly84, je me décide de me planifier une petite sortie avec lui sur cette rivière. RDV est pris une semaine avant mon départ pour le Sud et sa chaleur. Faut dire que pour le moment, dans le Nord est, on n’a pas encore connu la canicules et les conditions de pèche sont plus qu’aléatoires.

Avant de partir, je prends soin de ne pas oublier mon matériel de pèche même si je sais que les négociations avec ma femme vont être plus qu’animées. Je m’attendais à de grosses réflexions de sa part, ce ne fut pas le cas, toute excitée par notre prochain départ. J’arrive donc à glisser dans le coffre une partie de mon matos.

A peine arrivé à destination, je m’empresse d’envoyer un texto à onlyfly84 pour fixer un lieu de RDV. Ce sera finalement lundi à 15H30 sur Isle sur la Sorgues. Notre lieu de rencontre est fixé au magasin de pèche et de chasse.

Arrivant avec un peu de retard, nous faisons connaissance et le courant passe tout de suite entre nous. En effet, moucheur convaincu, engagé dans sa société de pèche et très respectueux du poisson, nous n’avons aucun mal à nous trouver des points communs et la discussion, une fois engagée ne s’arrêtera plus.

Nous décidons de rentrer dans le magasin pour que je puisse y faire quelques emplettes. En effet, j’aime bien sentir l’ambiance de pèche de la région avant de mouiller ma soie. Et quel endroit est plus significatif qu’un magasin de pèche. Ce magasin est un peu comme une caverne d’Ali baba. On y trouve de tout et les gérants sont de très bons conseils. Je prends soin d’acheter du fil (10 centième… faut dire que dans ma région mes pointes ne descendent jamais sous le 12) et bien sur les traditionnelles nymphes. J’y découvre des nymphes de toutes sortent et qui sorte de l’ordinaire comme ces phaisant tail à bille marron ou ces crevettes passées au four. Le gérant acceptera de me faire une sélection spéciale Sorgues. Avec ça je suis paré. Aucune chance que les ombres ou truites ne puissent pas mordrent.

En sortant du magasin, on décide de ne prendre qu’une voiture et donc de laisser la mienne sur le parking.

onlyfly84 va alors me guider au travers d’un paysage de rêve jusqu’à la résurgence de la Sorgues. On traverse des villages superbes ou les touristes emplissent les ruelles et où il semble faire bon vivre. onlyfly84 s’arrête sur la bas coté du pont et me fait signe de regarder en contre bas : la résurgence de la Sorgues. L’endroit est superbe : l’eau sort de la grotte et dévale vers l’aval. Le cadre est enchanteur. Jamais je n’aurais pensé trouver une eau aussi belle dans un endroit si chaud et au relief aussi travaillé par le temps. De superbes falaises surplombent l’endroit du coté de la résurgence rendant le cadre presque irréel. En pleine contemplation, mon chauffeur me fait revenir sur terre en me disant que c’est bien dans cette rivière que je vais pouvoir tremper ma soie. J’ai de la peine à le croire, mais c’est décidé, je vais me laisser porter.

On repart en direction de notre coin de pèche. onlyfly84 prend soin de m’indiquer les bon coins et ceux plus risqué à cause de certains locaux qui vident les voitures. Il arrête finalement la voiture et je sens tout de suite l’excitation qui monte en moi.

Sortant ses affaires de la voiture, il me donne tout de suite des mouches « qui marche plutôt bien ». On s’équipe. A peine je commence à m’habiller, je le vois qui commence à rire. Je ne dis rien en disant qu’il doit avoir une histoire drôle en tête. Et bien non, c’est bien de moi qu’il riait. Et pour cause, j’ai très vite compris pourquoi. Dans le nord, pour éviter de se faire tremper, on commence par le waders avant de monter la canne. Même réflexe ici. J’ai très vite compris ma douleur. Monter sa canne sous 35 degrés et en waders et assez difficile tant la chaleur est accablante. Je rigole avec lui et me promet de ne plus faire cette erreur.

Etant enfin équipé, je m’étale copieusement de la crème solaire sur le cou et les bras (indice 50 piqué à mon fils de 5 mois). Nonchalamment, je la tends à onlyfly84. Il me répond non sans sourire, qu’étant du sud il n’en a vraiment pas besoin et que ce genre de produit nous est réservé a nous les gens du grand nord. Rires.

Nous partons à la découverte de cette rivière extraordinaire et ce n’est qu’une fois sur ses rives que je mesure toute la chance qu’il m’est donné de contempler un tel spectacle. Une rivière largue de 30 mètres, au fond constitué par des rochers et cailloux, parsemés d’herbiers. Un véritable aquarium en « live » tant l’eau est cristalline. Même dans les plus beaux réservoirs je n’ai jamais vu autant de transparence et de clarté. C’est un véritable bijou tant les possibilités pèche sont nombreuses.

Je remarque tout de suite que onlyfly84 décide de me laisser les meilleurs coins et je l’en gatriffie par plusieurs sourires. Je suis en plein rêve. Moi qui pèche quasiment jamais en nymphe à vue, je peux enfin appliquer les conseils que j’ai glaner au fil des magazines : placement, approche du poisson etc…

La rivière regorge littéralement de poisson et c’est un véritable plaisir que de les tenter à vue.

Bien sur il y a les groupes de canoës qui passent sans interruption, mais les moniteurs ou les accompagnateur essaient de faire au mieux histoire de ne pas trop nous déranger en passant vers l’autre rive. Bien sur alors que des ombres gobent allègrement sous cette branche, ça me fait mal au cœur de voir cette horde foncer sur ce poste, mais bon, péchant tout le temps en sèche, ce n’est pas grave de devoir abandonner le poste pour me concentrer sur la nymphe.

Peu de prises, faut dire que les poissons sont très éduquées et que l’on voit nettement que la saison est presque terminé tant ils sont tatillons sur la présentation. Je garderai longtemps l’image de cet ombre de plus de 40 cm qui a suivi ma nymphe en se laissant dériver avec le courrant, la bouche grande ouverte prés à saisir ma nymphe dérivant vers lui. Il décidera au dernier moment de ne pas la prendre. Devant un tel spectacle et une telle monter d’adrénaline, je décide de le laisser tranquille et de tenter un autre poisson.

J’hallucine devant un tel spectacle, derrière chaque herbe se cache un poisson que l’on distingue de loin. On a tout à loisir de le pécher et surtout de prendre le temps de le contempler et de se laisser emplir par le calme et la sérénité.

Le coup du soir approche, et nous décidons de partir histoire de chercher un peu d’eau et de quoi manger. Une petite halte au magasin du coin et nous sommes déjà de retour à savourer nos sandwiches. Que la vie est simple et que la nature est belle. La pèche, sport de solitaire, se prête magnifiquement aux rencontres et aux échanges entre pratiquants.

Il est temps de se remettre en poste. Les gobages arrivent, et je retrouve mes réflexes de pécheur en mouche sèche. Ce n’est pas pour autant que j’aurais plus de succès. Mais l’essentiel n’est pas là, nous communions avec la nature et c’est bien la le principal.

Il fait nuit maintenant et nous regagnions la voiture. Le silence entre onlyfly84 et moi s’est installé. Comme si les mots n’étaient plus nécessaires et que tout rempli des émotions ressenties, nous ne voulions pas gâcher l’instant pas des mots forcement réducteurs.

La rencontre avec un autre pécheur qui ne semble pas comprendre la nécessité de s’investir dans les associations de pèche nous fait brusquement re-descendre sur terre. Comment ne pas vouloir protéger un tel paradis, comment laisser aux autres le soin d’une gestion hasardeuse. Je ne sais pas. J’inviterai volontiers ce pécheur à venir chez moi voir le résultat des gestions insensée et sans accord avec le milieu. Voyant qu’il reste campé sur ses positions, nous n’insistons pas.

onlyfly84 me dépose à la voiture et nous nous disons au revoir. Au revoir car je ne peux me résoudre à dire a dieu à ce paradis. Il va falloir que j’y revienne c’est sur.

J’ai le cœur serré de devoir quitter onlyfly84. Que dire à une personne qui a sacrifié une après-midi rien que pour vous, qui vous à guidé et fait découvrir son coin de paradis et ses coins secrets ????? Je n’ai pas trouvé sur le moment.

Repensant à cette sortie alors que je tape ces quelques lignes, je souhaiterais te remercier encore une fois pour tout ce que tu m’as apporté pendant cette après midi, pour ces découvertes qui resteront gravées pendant longtemps dans ma mémoires et pour toutes ces conversations que nous avons eu.

Merci onlyfly84 pour tout et à l’année prochaine pour sur.

Cloclo

auteur : cloclo


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Merci, Merci, Merci (acte 2)

Le 22/08/2007 Rhône - Bouche du Rhône (13) .|. Météo météao Bouche du Rhône (13)
Merci, Merci, Merci (acte 2)
17h50…. Et mouise, moi qui avais RDV à 17h45. Je n’aime pas être en retard.
Je me décide à dépasser légèrement la vitesse autorisée pour ne pas arrivé un peu plus en retard. La traversée de Beaucaire se fait sans encombre (merci le GPS).

Trois minutes plus tard, j’arrive sur le parking ou Géo30 m’a donné RDV. Son dernier texto mentionne une 106 rouge avec la porte avant gauche ouverte. Je le trouve sans problème, faut dire qu’il m’attend depuis 10 bonnes minutes. J’arrête la voiture, en descend et fait immédiatement connaissance avec lui.

Sur ses recommandations, on décide de prendre sa voiture (spécialement kitée pour la pèche). Le rapide transbordement de mes affaires effectué, nous partons, destination un de ses spots secrets, bourrés de Blacks. En chemin, il se paie même le luxe de me faire faire un peu de tourisme.

On arrive enfin sur les lieux. J’ai la tête pleine des conseils qu’il m’a prodigué, des histoires qu’il m’a raconté. Le spot est en fait une grande plage du Rhones qui descend en pente douce vers l’eau. A gauche et droite, quelques herbiers. Sortant de la voiture, il se met en quête des blacks et les repères sans aucunes difficultés. Il a beau essayé de me les montrer, il me faudra bien cinq minutes avant que mes yeux ne s’habituent à l’intensité du soleil et surtout à la teinte des black. Enfin je vois le premier. Le contact est étrange car je n’ai jamais ni approché ni péché ce poisson et le peu que j’ai pu en lire dans les revues spécialisées s’acharne à le présenter comme un prédateur hors norme. Il flotte entre deux eaux, il semble assez petit (la lumière aidant) mais très trapu et près à en découdre.

Réalisant que la partie de pèche va commencé, je me retourne vers Géo30 pour le remercier de me faire découvrir ce paradis. Il est déjà fourré dans ses boites à mouche et en ressort 5 mouches qu’il m’a monté spécialement. Je n’en ai jamais vu des comme ça. Il me décrit les matériaux et la technique de montage. Je réalise à ce moment là qu’il doit être sacrément calé en blacks. Bien sur il n’a cessé de me rappeler que ça ne fait qu’un an qu’il traque ce poisson à la mouche, mais j’ai déjà vu des personnes commençant avec ce genre de phrase et qui se révèle être des pécheurs exceptionnels malgré le peu d’expérience. Tout absorbé à regarder les mouches qu’il m’a donné, je ne remarque pas qu’il a aussi posé un tas de nylon à coté de moi.

- « a fait, il faut que je me monte un bas de ligne » lui dis je alors.
- « le voilà ton bas de ligne » me dit’il en me montrant le nylon, habilement plié pour éviter les noeux.

Grandiose…
Ce type est exceptionnel…. Pour m’éviter une perte de temps, il à même poussé l’amabilité jusqu’à me monter un bas de ligne… Pour un peu, je me serai cru dans un voyage de pèche organisé ou tout est fait pour que le client en fasse le moins possible.

Je me retourne vers lui et lui décroche un largue sourire.

Je suis là, au milieu de nulle part, prêt à pécher un poisson qui m’est totalement inconnu et aidé par un gobeur au grand coeur. Il m’avait dit par email qu’il n’était pas question que je reparte du Sud sans avoir pris un blacks. Je vois maintenant qu’il est prêt à tout pour tenir parole. Le pied….

Je m’inquiète juste un peu pour ma canne. En effet, je suis plus habitué à pécher la truite et l’ombre en sèche et me suis donc équipé en matériel de soie de 4. Comment va se comporter ma canne, va-t-elle supporter le lance de grosse mouche et surtout le combat avec un tel poisson ?

Une fois le matériel monté, on commence à pécher. Nous sommes distant de 20 mètres l’un de l’autre ce qui fait que Géo30 pourra m’aider et me conseiller. D’entré de jeux, il fait deux poissons. Il en profite pour me montrer comment on enlève l’hameçon de leur gueule. C’est vraiment bizarre de tenir la lèvre inférieure d’un black. Mais on si fait finalement très vite.

Croyant avoir à faire à un super prédateur, je strippe comme un fou si bien que j’imagine maintenant très bien la tête des poissons quand ils voyaient ma mouche supersonique passer au dessus d’eux. Géo30 me conseille de ralentir mes strips et surtout de varier mes animations. Il prend même la peine de me montrer sa façon à lui d’animer. Je le regarde faire et c’est à ce moment qu’un poisson décide d’engamer sa mouche. L’hallu total. J’ai tout vu en
« live », du suivi de la mouche par le poisson en passant par l’attaque jusqu’au décrochage de l’hameçon. Il n’y a pas à dire, ce poisson est exceptionnel. Merci la clarté de l’eau…

Je m’y remet en appliquant à la lettre ses conseils et découvre alors une pèche aux antipodes de ce que j’imaginais. Il s’agit d’une pèche très tactile, très visuelle ou l’observation est très importante. Plongé dans un sentiment de plénitude, il me semble avoir senti cette petite tirée que Géo30 m’a décrite. Je ferre immédiatement. La bagarre s’engage : Lourde, puissante et toute en force.

Il n’est pas conseillé de laissé partir un black car, connaissant trop son territoire, ce dernier ne manque pas de vous fausser compagnie ou d’enméler le bas de ligne autour d’algue ou de branches immergées. Je le bride au plus près, mais ce n’est pas facile car ma soie de 4 semble un faible allié dans ce combat. Quelles sensations, quelle puissance et quelle fougue. Ce poisson me plait énormément. Finalement, après quelques secondes supplémentaires, le poisson se rend et je peux aisément enlever l’hameçon et le laisser repartir.

Ca y est, je suis mordu. Je n’ai qu’une hâte, c’est d’en reprendre un autre. Les prises vont s’enchaîner jusqu’à la tombé de la nuit.

Peut avant que la pénombre ne s’installe, je vois Géo30 qui remonte à la voiture garée à 10 mètre de la rive. Il pose sa canne et sort de son coffre son float tube. 3 minutes après il me demande de m’installer. Je commence par refuser en prétextant que j’ai déjà largement abusé de sa gentillesse, mais il insiste et je fini par céder. Il m’équipe des palmes et m’explique comment fonctionne l’engin. Prudent au début, je décide de ne pas trop m’éloigner du bord et de pêcher une peu plus loin que les coups que j’ai prospecté du bord. En partant sur le nouveau poste je laisse ma soie traîner sur l’eau.La mouche suivant elle aussi. 4 mètres plus loin, elle est violement interceptée en surface par un blacks rageur. Quelle sensation que de ramener un poisson à soi au milieu du Rhones, quelle sentiment de liberté et de tranquillité une fois que l’on à quitté les rives.

Ayant pris mes marques, je pars en exploration et file droit sur la rive opposée. Il n’y a pas a dire mais c’est l’engin idéal pour la pèche des endroits inaccessible à pied. Je suis là, posé sur cette bouée, au dessus des eaux qui sont devenues noires avec la nuit qui arrive. Et tout ça grâce à Géo30.

La nuit tombe et il est temps de rentrer vers nos demeures. Sur la route nous parlons de ce que nous venons de vivre. A l’aller, c’est plutôt Géo30 qui monopolisait la parole, tout attentif que j’étais à grappiller soigneusement ses conseils. Au retour, c’est plutôt moi qui ai parlé et lui qui a sourit de me voir si passionné. On arrive sur le parking, il est temps de se séparer.

A l’année prochaine à coup sur…

En rentrant chez moi, je décrit brièvement ma soirée à mes proches. Brièvement car étant non pécheurs, ils ne peuvent pas comprendre ce que je viens de vivre. Je me couche
Les sentiments se bousculent dans ma tête. Je n’arrive pas à penser à autre chose qu’à ce que je viens de vivre et a ce poisson superbe. Géo30 m’a dit que son record «était de 47 cm. Mais Cette nuit là, je l’ai largement battu, Au moins 57 cm, mais dans mes rêves bien sur….



Géo30,

Merci pour tout ce que tu m’as fais découvrir pendant cette soirée, merci de ta disponibilité, de ton aide, pour tes mouches et les bas de lignes. Grâce à toi j’ai pu prendre mes premiers blacks et je peux te dire que ça restera gravé pendant longtemps dans ma mémoire.

A l’année prochaine.

Merci encore pour tout.

Cloclo
auteur : cloclo


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06/09/2008-23:09:23
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