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Comme une lourdeur.

Le 30/05/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Comme une lourdeur.
Et pourtant aujourd'hui, j'avais décidé de pêcher en sèche, de me prendre la tête avec ces poissons infaisables. J'avais sorti la boite de streamers de mon gilet et même, chose exceptionnelle par les temps qui courent, monté une mouche avant de partir à la pêche.

Mais il y a eu les orages et la pluie. 3 h 30 de pluie. Un vrai déluge : 50 mm la première heure sur Beaulieu. Deux heures dans la voiture à attendre que ça passe mais comme ça ne passait pas, il a bien fallu se résoudre à sortir. Toujours la pluie, le tonnerre et ces éclairs qui vous mettent du violet dans les yeux et vous précipitent sur la berge à l'abri d'un arbre qui ne protège en rien.

Mais pour savoir, il faut pêcher. Alors il y a eu cette lourdeur, inhabituelle, ces coups de tête peu familiers et ce lingot qui arrive après avoir fièrement défendu sa peau. Finalement, je ne regrette pas de n'avoir pas pu pêcher en sèche.

Suite au déluge, les ruisseaux sont en crue, la Dordogne bien marron pour quelque temps mais ça va faire du bien.
auteur : fly.only


Le jaune leur va si bien.

Le 06/06/2011 Dordogne - .|. Météo météao Corrèze (19)
Le jaune leur va si bien.
Les nuages noirs qui parsèment le ciel nous font craindre le pire pour notre coup du soir. Un vent léger ride la surface mais l'orage s'éloigne.

La rivière assaillie de pêcheurs est calme. Une averse saupoudre la surface et les ronds gras apparaissent. Goulus, les ombres surpêchés prennent les sulphures dans des montées prudentes. Les refus sont légions mais de temps en temps le fer croise une mâchoire.

Au soir, la bruine persiste, maintenant la dérive d'insectes. Les truites sortent alors décorant la surface. Grasses et combatives elles aussi se gavent. Les prises s’enchaînent faisant oublier la pluie. Le coin de la bouche ornée par la mouche, elles se prêtent au jeu de la photo avec classe. Il est vrai; le jaune leur va si bien.

Fred
auteur : fly.only


Jusqu'à plus soif.

Le 15/06/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Jusqu'à plus soif.
Pourquoi faudrait-il faire des milliers de kilomètres et dépenser des fortunes pour vivre des sensations inhabituelles à la pêche alors qu'on a la possibilité de le faire chez nous?

Autorisation matrimoniale en poche, voiture bondée, me voilà parti pour deux jours de descente / pêche / bivouac sur la Dordogne. Une occasion unique comme celle là de vivre la rivière 24 h / 24 au moment où elle est au mieux de sa forme (en théorie) ne se laisse pas passer.

C'est l'affluence des grands jours en ce long WE de pentecôte. Difficile de trouver une place pour faire le premier coup du soir mais en cherchant un peu... L'ambiance est détendue, cordiale, le temps s'écoule au rythme des gobages.

Puis l'aventure commence : se lever au jour, pêcher chaque poste, traquer le carnassier tant qu'il est dehors, dériver, avoir froid, avoir chaud, pêcher encore, avoir faim, avoir mal, être bien. Manger trop, pêcher, s'émerveiller devant tous ses ronds, se gaver tant qu'il est temps, se cramer la rétine avec la robe brillante des poissons, vivre, pêcher jusqu'à ne plus avoir envie et regarder... Et le lendemain, recommencer.

Bref, un super trip qui n'a pas la saveur de ceux des contrées sauvages mais qui s'en rapproche quand même un peu. Coté pile, il y a bien sûr cette fabuleuse rivière qui, insouciante vis à vis de son avenir regorge de vie. Il y a une retombée de fourmis exceptionnelle lundi midi, ces truites excitées qui chargent les streamers, ces ombres goulus qui ne font même pas semblant d'être pointilleux et qu'il faut dégorger, ces paysages fabuleux. Il y a aussi ces rencontres improvisées avec des pêcheurs dans leur immense majorité passionnés et respectueux, ces mots échangés ou ces simples regards qui en disent long.

Coté face, il y a ces niveaux très bas pour la saison, ce bain forcé à 7 heures du matin, cette cheville douloureuse et ces gens qui vident leurs poissons en jetant les entrailles dans l'eau. Que les gens goûtent un poisson de la Dordogne de temps en temps n'est pas un problème en soit, c'est autorisé. Mais de grâce, qu'ils jettent les viscères de leurs prises dans une poubelle. La Dordogne est une des trop rares rivières où la baignade est autorisée dans le coin. D'un point de vue sanitaire, il n'est pas souhaitable de souiller l'eau plus qu'elle ne l'est actuellement. Viendrait-il à l'idée de ces pêcheurs de jeter des tripes dans leur piscine?

Dernière remarque, pour ceux qui voudraient faire du canotage sur la Dordogne, avec ce débit, la rivière est très très piégeuse. Le courant est concentré dans des goulets qui projettent souvent les embarcations dans la végétation rivulaire. Je vois mal comment l'été va pouvoir se passer sans accident.

Un grand merci à mes potes qui m'ont permis d'alléger la logistique transport. Ils se reconnaîtront. La Dordogne rentre tout doucement dans sa torpeur estivale. Sauf conditions exceptionnelles, je la retrouverai cette automne maintenant mais ce n'est pas dit que ça ne sera pas à nouveau avec la tente sur le pontoon.

Fred
auteur : fly.only


Août en juin.

Le 25/06/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Août en juin.
L'air frais qui remonte la vallée a une odeur de fumée de pin et de merguez. A la terrasse des cafés, des jeunes joyeux plaisantent bruyamment. Dans le ciel le cri strident des martinets qui se poursuivent rajoute au coté estival de la situation. Les débits, faibles amplifient la sensation d'être au cœur de l'été. Les postes sont maigres, quasi squelettiques. Pourtant, comme en plein mois d'août, les poissons s'y retrouvent pour profiter d'un peu de courant.

Les mouches sont nombreuses, faisant de la Dordogne un vrai tapis roulant d'insectes. Sedges, sulphures, beaucoup d'ignitas mais pas un rond ne vient crever la surface. Soudain, une giclée déchire le courant. Puis plus rien. Il faut alors résoudre la difficile équation de faire monter un poisson qui chasse un type de proie bien particulier et qui se gave tellement sous l'eau qu'il en oublie de lever le nez. 5, 10, 15, 20 dérives impeccables sur le poste approximatif pour espérer faire lever le poisson. Et soudain, comme par miracle un remous... Peu joueurs, ils prennent ferme tout ce qui ne ressemble pas de près ou de loin à une mouche de catalogue.

Plusieurs fois, l'improbable problème de math sera résolu. Merci beaux poissons bleus.

L'arrivée de la nuit ne changera rien : toujours pas d'activité de surface. Et sous l'eau, au poisson de plume, ce n'est guère mieux.

Pour ceux qui vont monter passer quelques jours sur le secteur, n'oubliez pas un bon bouquin, le maillot de bain ou votre crochet pour faire des napperons car le temps est long en ce moment à attendre les ronds.

Fred
auteur : fly.only


Le dernier festin.

Le 05/07/2011 Chironde - Dordogne (24) .|. Météo météao Dordogne (24)
Le dernier festin.
Comme de nombreux autres ruisseaux du département de la Dordogne, la Chironde, affluent principal du Coly vit des moments difficiles.

En quelques jours, le mince filet d'eau qui coulait encore s'est ratatiné à l'état de flaques. Les gammares, agglutinées sur les bordures forment un mince bandeau gris comme un crêpe funèbre ornant le ruisseau. Dans l'eau troublée par les mouvements de leur queue, des poissons se débattent. Consciencieusement, dans un dernier festin, les charognards sont à l'oeuvre.

Renards, sangliers, martres, blaireaux, pies, hérons profitent de l'abondance éphémère de nourriture pour faire ripaille. Sur les berges le maïs pousse avec vigueur et à ma connaissance, la pêche est toujours ouverte sur ces centaines de kilomètres de cours d'eau à sec. La vie est si douce dans le sud-ouest de la France.

Fred
auteur : fly.only


Contrôle technique.

Le 19/09/2011 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Contrôle technique.
Etait-ce ce frisson qui parcourt les bras le matin lorsqu'on sort en chemisette, cette eau imperceptiblement plus noire chaque jour ou ces feuilles de peuplier qui virent au jaune paille, toujours est-il qu'un jour on sait qu'il est l'heure de reprendre le fouet.

Comme tous les ans à la même époque avec Stef@, nous prenons la direction de ce lisse infini pour passer notre examen de rentrée. Et à l'instar de ce qui se pratique pour les véhicules, le niveau des exigences semble de plus en plus élevé à chaque fois. Cette année, la nouveauté concerne le débit qui nous semble ridicule, faisant de ce miroir un casse tête pour tout pêcheur à la mouche. Du coup, chose rarissime sur la Dordogne, les ombres ne sont pas postés et se déplacent à la recherche de nourriture. Ils font un rond par ci, un rond par là à l'instar d'arcs en vadrouille.

Fébrile comme lorsque le technicien de Dekkra enfonce la sonde pour la pollution dans le pot catalytique de mon PU, je déplie un peu de soie au devant du premier poisson après deux mois sans toucher une canne. Aucune réaction. Ma mouche ressemble à un éléphant et mon fil à du câble à vélo. Pas de doute, il faut affiner... 4 ans que je n'ai pas pêché avec du 10 centième et ouvert ces casiers remplis de modèles en 22 ou en 24. Ce contrôle s'avère (très) technique.

La montée qui suit la première dérive ne m'arrachera qu'un juron de dépit. Stef@, un peu plus bas lui aussi se prend la tête avec ces poissons suréduqués qui montent sans prendre comme pour nous provoquer. Mais au moins, ils réagissent.

Sans paniquer, nous changeons de mouches régulièrement et tentons de nous appliquer pour croiser ces ombres en vadrouille.

Puis ayant assez hissé notre niveau de finesse, le verdict tombe enfin : contrôle passé avec succès. Nous combattons presque simultanément notre premier ombre. Les choses deviennent soudain bien plus faciles et une bonne douzaine de poissons viendront éprouver le piquant de l'acier bleuté de nos hameçons sans ardillon. Certains ont des nageoires magnifiques.

Dans les prochaines semaines, le froid et les niveaux aidant, les ombres deviendront de plus en plus gentils. L'automne s'annonce encore cette année très agréable dans la vallée de la Dordogne.

Fred
auteur : fly.only


(Enfin) Une tuerie !

Le 02/11/2011 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
(Enfin) Une tuerie !
Aller à la pêche m'est apparu comme une évidence à la sortie du cimetière qui sera un jour ma dernière demeure. Comme il est déjà plus de midi, le repas est avalé à la hâte et j'abandonne ma famille à son triste sort.

Durant tout le chemin, la BO de Drive ne quitte pas ma tête malgré les paysages automnaux tout d'or parés qui défilent sur le bord de la route.

A mon arrivée, la rivière est déserte : pas un rond, pas un pêcheur. Toutefois, dès que j'ai attaqué le nez du banc en noyé, j'ai compris que les choses allaient bien se passer. Toutes les deux dérives, malgré l'absence de courant, touches et prises franches faisaient vibrer le scion de ma canne. Devant une telle réussite, il aurait été stupide de ne pas passer en sèche.

Au début, j'ai pensé que les ombres de ce banc étaient naïfs. C'était une erreur. En fait, ils étaient tout simplement lents. Très lents. D'une lenteur extrême à recracher les mouches. Tellement lents qu'au début, j'ai pensé qu'ils s'agissait de poissons blancs. Mais non, ces ronds gras, presque libidineux qui crevaient la surface de temps en temps était bien l’œuvre d'ombres communs. Cela faisait bien longtemps que j'avais eu aussi peu de déchet au ferrage. Comme dans un rêve, au rythme de Kavinsky, les ferrages solides succédaient aux dérives courtes avec un taux de refus quasi nul. De vraies exécutions sommaires, une vraie tuerie.

Plus tard, plus haut, sur ce lisse immense, le constat fut le même. Des poissons braves, engamant bien et laissant même le temps de rêvasser à la beauté de l'automne.

Puis, faute de munitions, chacun de mes 7 protos ayant été mâchés plusieurs fois jusqu'à perdre toute forme de vie, partir m'est apparu comme une évidence.

La fin de saison ne s'annonce pas trop mal. Place maintenant au challenge de tout passionné d'ombres : la traque des gros gorets de plus de 50. Pour cela, il va falloir que les débits restent bas, qu'il fasse un peu plus froid et surtout que je colmate les affreuses fuites de mes wads.

"I'm gonna show you where it's dark, but have no fear...".

Fred
auteur : fly.only


Dédicace.

Le 12/03/2012 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
Dédicace.
Cette année, la Dordogne n'échappe pas à la règle des eaux froides, basses et claires synonymes de faible activité. Ajoutez à cela le beau temps et un vent parfois capricieux et vous avez l'équation parfaite des journées passées à regarder couler de l'eau.

Mais cela ne serait rien sans cette désagréable impression qui se dégage des discussions du bord de l'eau avec les pêcheurs rencontrés. Cela va du "oh hier vendredi j'étais là, j'ai fait une truite de ... et une autre de ..." ou alors " il y a 15 jours, vous auriez vu les mouches qu'il y avait. Des ronds partout." au "avec le club mouche, on est venu, sur le poste on en a fait 8" etc...

Heureusement, qu'il y a les copains pour partager de bons moments et oublier que la rivière a été violée avant l'heure. Et puis, en pêchant un peu sous l'eau, on se rend compte que les poissons sont bien là, toujours aussi vaillants, sauvages et magnifiques.

Je dédicace toutefois cette news à tous les moucheurs courageux qui ont cette année (encore?) oeuvré avec ardeur à donner une détestable image de la pêche à la mouche. Tout en renforçant un peu plus s'il en était besoin la caricature du moucheur au dessus des lois qui se permet lorsque cela lui dit d'anticiper l'ouverture de la pêche à la truite tout en en voulant à la terre entière concernant la gestion de la pêche en France. Ils sont trop nombreux pour être cités mais ils se reconnaîtront.

Je vais sans doute encore me faire des amis mais on se tire vraiment une balle dans le pied en agissant ainsi. Il ne faudra pas venir se plaindre si un jour...

Fred
auteur : fly.only


Expédition.

Le 09/05/2012 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
Expédition.
Traditionnellement, la joyeuse troupe de moucheurs que nous constituons se retrouve le 1er mai pour l'ouverture de la pêche au streamer. Mais cette année, crue oblige, nous avons été obligé de reporter notre descente en bateau. Le jour J il roule en effet 1000 m3/s dans le secteur que nous souhaitons pêcher. A contre coeur, il nous faut repousser l'ouverture.

8 jours plus tard, la Dordogne n'est toujours pas passée en dessous des 400 m3/s. Et à 8 h 30, lorsque nous arrivons au bord de l'eau, nous découvrons une eau puissante, verdâtre et tumultueuse. Toutes les plages sont recouvertes d'environ 1.50m d'eau. Des peupliers, plus ou moins couchés, fendent le courant vif sur toutes les bordures et vont rendre tout accostage délicat en constituant des pièges redoutables.

Bref, prendre l'eau est risqué, nous en convenons tous. La moindre erreur se payera cash. Mais un bon casse croûte nous remet du coeur à l'ouvrage. Sauf qu'en observant mon pontoon, je constate qu'un de ses boudins est dégonflé. Une crevaison lente qui dans d'autres circonstances ne m'aurait pas empêché de prendre l'eau. Mais avec plus de 400 cubes, pas question de prendre le moindre risque. Retour à la maison donc pour réparer.

Lorsque je rejoins mes coéquipiers un peu après 13 heures, Yo a déjà pris un bain, victime d'une baïne traitresse. Derrière chaque peuplier immergé, la crue a creusé un trou. Si bien que les fonds sont très irréguliers. Des zones avec 50 cm d'eau sont soudain suivies de trous profonds. Grâce à son efficace gilet de sauvetage et des fringues de rechange il s'en sort bien mais perd son téléphone Note...

Après un ravitaillement, mes premières impressions sur l'eau confirment mes craintes. Ca va vite, très vite. Il faut anticiper les obstacles très longtemps à l'avance, les postes sont rares, les pièges nombreux. Malgré une soie Di 7 et des streamers lourdement plombés à l'aide de casques tungstène, impossible de pêcher creux. La vitesse du courant flingue deux postes sur trois. Ca ne va pas être simple.

Fort heureusement, il y a quelques couasnes de pêchables. Dans l'une d'elle, nous pouvons tenter les brochets. Les premiers suivent sans attaquer. J'arrive à capter l'attention d'un 65/70 cm qui suit mon stream sans déclencher. Je lui fais le coup de la feuille morte et je le vois très distinctement prendre ma mouche. Malheureusement, mon ablette a poursuivi sa course plus que je ne le pensais lors de la dernière traction. Si bien que mon ferrage n'arrive pas avec suffisamment de puissance au poisson. Cela a juste pour effet de lui retirer la mouche de la gueule. Il reste là, incrédule en cherchant sa proie. Le lancer suivant n'aura que pour effet de le ramener à mes pieds. Dommage.

Heureusement, à quelques dizaines de mètres Jef sauve l'honneur à vue là aussi en usant de multiples ruses. Ils sont malins les bestiaux.

Nous reprenons notre descente infernale. L'éclosion de sulphures est dense. Quelques ronds apparaissent. Yo et Stef tentent la sèche tandis que Matt persiste sur les bordures au stream. En désespoir de cause je fais de même. Et soudain, le choc. Une touche lourde, des coups de tête puissants suivis d'une lourdeur. Vite, sortir le poisson des branches, rentrer de la soie, se sortir de cette bordure piégeuse avec des branches qui vous feraient tomber du bateau. Il faut résoudre l'impossible équation de tenir deux rames et une canne avec seulement deux mains. Tout va à 2000 à l'heure, dans l'incertitude totale, c'est ce qui est bon avec cette pêche.

Jusque là ; tout va bien, le poisson est sorti de son poste, je me suis écarté de la bordure mais je dévale à grande vitesse vers l'aval sans aucune perspective de pouvoir accoster, les plages étant aujourd'hui aussi rares que les poils sur un oeuf...

Je tente une première fois de regagner le bord dans un micro trou entre deux saules mais la truite flaire le bon coup et je suis en catastrophe obligé de reculer. 50 m à l'aval, un remous plus vaste est susceptible de m’accueillir. Canne entre les genoux, je manoeuvre le bateau tant bien que mal. Il doit y avoir plusieurs mètres d'eau. Un tronc est visible à 20 cm sous la surface. A l'aide de ma rame j'essaie de l'accrocher pour amarrer le bateau. Erreur. La goupille qui retient la dame de nage se déforme et sort de son support. La rame se démanche. Sans trop savoir comment, je remets tout ça en place et continue à vouloir attraper ce tronc. La dame de nage sort à nouveau tombe et disparaît dans l'eau sombre de la Dordogne : plouf!

Avec un pied j'accroche tant bien que mal le tronc. Ouf, me voilà stabilisé. Le bateau est mutilé mais je suis enfin au calme. La truite tente bien une ou deux fois profiter de la proximité des branches pour s'échapper mais sans succès. Je la monte enfin en surface pour l'observer. Ce n'est pas un monstre, un bon 50 mais avec une queue large, un corps puissant étonnant riche en point noirs. Stef et Yo qui arrivent immortalisent la remise à l'eau d'un coup de gopro. Yes ! le stream, ça marche. Pourtant, ce n'était pas gagné.

A l'aide de mon couteau je coupe un peu de la corde de mon ancre pour faire une réparation de fortune qui bien entendu ne tiendra pas. Par deux fois, il faudra que je modifie mon système. Car avec une seule rame à 400 m3/s, ça ne le fait pas. Dans ces conditions, tout a son importance. Même la plus insignifiante des goupilles du bateau est vitale.

Comme à notre habitude, on finira notre expédition à 22 heures à écouter les rossignols en dégustant du saucisson et en préparant nos futures descentes. On est des grands malades mais on se soigne en allant à la pêche.
auteur : fly.only


Parée de jaune et de blancs.

Le 22/05/2012 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
Parée de jaune et de blancs.
Jour de pluie hier sur la basse Dordogne. Petite descente à l'arrache, entre deux rendez-vous de la vie d'homme moderne. Juste le temps de se donner envie de pêcher en ce mois de mai qu'il faut déjà s'arrêter.

La rivière commence à gonfler du fait des pluies de la veille. Elle est juste teintée comme il faut pour le stream. Les truites sont là, agressives mais pas aussi grosses qu'espéré. Comme par habitude, les mouvements de cette pêche à apprendre sont désormais comme plus faciles et le point à atteindre, situé à l'infini, semble de jour en jour plus proche.

Le fait marquant est cette vie qui grouille désormais alors que la semaine passée, la rivière semblait morte. Une orgie de vie dont les éphémères jaunes sont les victimes. Des centaines de martinets et d'hirondelles sont venus profiter de l'aubaine. Petits poussins chahutés par les eaux, les sulphures sont immanquablement happées par les oiseaux gracieux dès leur envol.

Les poissons ne sont pas en reste. Plus bas, au détour d'un virage une bubulle line se forme sur près d'un kilomètres. Dans ce couloir qui rassemble les mouches, ce ne sont que des gerbes d'eau, des ronds discrets et des dos. Les blancs sont désormais réveillés. Certains, le ventre rond de promesses futures livrent de superbes combats avant de regagner l'onde. Mais faute de temps pour passer en sèche, je ne ferai que regarder le spectacle en passant sur mon bateau vert.

Il pleuvra toute la nuit, faisant monter l'eau hors du raisonnable pour pêcher. Que la rivière en profite. L'été peut être long et sec. En tout cas, pour quelques jours encore, la basse Dordogne sera parée de jaune et de blancs.
auteur : fly.only



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24/05/2012-10:05:53
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