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Rodage.

Le 11/06/2009 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
Rodage.
La pluie fine donne à la rivière sa couleur noire des meilleurs jours mais malgré la présence des mouches, la bordure que je remonte est déserte. Vais-je pouvoir tester ma nouvelle canne, essayer mon moulinet et roder ma soie naturelle avant le grand rendez-vous avec les grosses?

Les moustiques sans pitié s'acharnent sur mes doigts durant l'attente. Les poissons ne viendront pas.

Des lambeaux de ciel déchirent les collines et le grand lisse gonfle par endroit de la montée des ombres. La 10 pieds soie de 6 peine à propulser la DT 2 mais il faut bien la roder. Hypnotisés par les mouches jaunes, les poissons montent comme des balles et prennent sans rechigner. Certains maladroits succombent même après avoir manqué l'imitation lors de la première dérive. Que le ciel est généreux aujourd'hui.

Devant l'abondance, je pousserai même le vice à monter sur le lisse du Peyriget où certains poissons ont déjà croisé le fer de mes hameçons et le miracle des ferrages solides recommencera. Il y a des jours où il ne faut pas chercher à comprendre. Malgré un matériel totalement déséquilibré, des mouches qu'ils connaissent par cœur, la magie opère.

Ainsi soit-il.
auteur : fly.only


Gueule de BRA.

Le 15/06/2009 Ain - Ain (01) .|. Météo météao Ain (01)
Gueule de BRA.
Voilà longtemps que je désirais pêcher la Basse Rivière d'Ain. Les pyrénées n'en terminant pas de fondre, nous avions choisi ce WE d'aller faire une session grosses truites sur la BRA.

Malheureusement, les niveaux sont au plus bas, l'eau est chaude et les éclosions quasi inexistantes. Et pratiquer la pêche à la mouche sans mouche ça le fait pas.

Bilan, quelques poissons de vu, bien moins que de canoes, de baigneurs (euses) et de chien chien plongeant dans l'eau. Quelques ronds le matin tôt, pas de coup du soir et pêche impossible de 11 h à 18 h en raison de la baignade comme de la navigation.

Bref, pour un coup d'essai, ce ne fut pas un coup de maitre. Aucune truite au compteur (poissons alertés, sauteurs, infaisables ou ploucophobes). Alors pour passer le temps dans les moments de creux on a bien taquiné les blancs et quelques ombres particulièrement gentils mais ce séjour nous laisse un goût amer. Combiné avec un retour à 4 h 30 du mat, aujourd'hui on a une belle gueule de BRA.
auteur : fly.only


Ludique.

Le 20/08/2009 Chavanon - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Ludique.
Petite virée avec Jean-Yves vendredi dernier sur le parcours nokill du Chavanon. Dès notre arrivée, quelques gobages nous saluent.
Peu regardant sur la nature de l'imitation, les poissons sont en poste et se nourrissent.

Ils montent même en pêchant l'eau. Chaque plage prospectée nous donne l'occasion de faire changer la canne de main. Bref, une fin de journée très ludique en compagnie des nombreuses petites truites du parcours.

La pêche en sèche qui plus est entre amis a vraiment de bons cotés.

Fred
auteur : fly.only


Aux petits bonheurs...

Le 11/09/2009 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Aux petits bonheurs...
En ces temps d'hyper activité où trouver quelques heures pour aller à la pêche est déjà une victoire il faut bien peu de chose pour rendre un homme heureux. Un courant prometteur, le fil qui passe dans un œillet ou cet air qui sent déjà l'automne.

Mais ni ce soleil de plomb, ni ce vent du nord qui souffle en raffale, ni l'absence cruelle de mouches et de gobages ne me voleront mon plaisir.

Sous mes yeux, la sauteuse croise à quelques centimètres sous la surface, aguicheuse, écarlate. Un ombre la percute de plein fouet et comme électrisé par l'acier il se tord animé de convulsions ; foudroyé.

Il ne s'est pas accroché. Peu importe, la partie de pêche ne vient que de commencer mais d'ores et déjà, au plus profond de moi, je sais...
auteur : fly.only


Le week-end la mouche ultime.

Le 20/09/2009 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Le week-end la mouche ultime.
Samedi : Voilà deux ans que je n'avais pas mis une pointe en 10 centièmes ni sorti les micro mouches pour pêcher la Dordogne. Mais les niveaux très bas et la taille des insectes en cette saison ne m'ont pas laissé le choix. Tiens, elle ne marchait pas trop mal cette mouche dans le temps. Premier posé, première montée : oups pardon, je te voyais plus gros. Un ombret se retourne sous ma mouche.

Le pépère du trou est actif un peu plus bas devant son cailloux. Il ne faut pas le laisser moisir. Machinalement, tout en descendant dans l'eau, je laisse la mouche dériver. La sanction est violente et je me retrouve attelé à mon premier ombre de la journée. Elle marche vraiment bien cette mouche. Mais ça me revient, c'est une mouche ultime. ARGHHHH ! il est déjà trop tard, la voilà qui arrive sur le poste du gros ombre et qui se met draguer... Je connais le tarif, le refus du siècle et le poisson calé définitivement.

On a tous dans nos boites des mouches qui sont hors du commun. Des imitations qu'il faut réserver aux situations désespérées ou alors lorsqu'on a droit à un seul passage sur une truite par exemple. Il faut les utiliser avec parcimonie parce qu'elle marche trop bien. Si le poisson monte dessus et qu'on le rate, c'est fini, il ne prendra rien d'autre. Je les appelle les mouches ultimes.

Ce petit cul de canard de très petite taille fait partie du lot. Et il va s'avérer bien précieux alors que les poissons ont vu des mouches tout l'été et qu'on est à l'étiage. Malgré tout, ils recrachent tellement vite que même avec un modèle qui marche, il n'est pas évident du tout de les coincer Et une fois tous les poissons levés, il ne reste plus qu'à changer de place.

Lorsque j'arrive sur le nouveau poste des poissons gobent déjà ce qui me permet de faire quelques prises. Puis arrive la pluie et le temps du champagne, celui ou le facteur limitant les prises est la durée des combats... En quelques secondes, la rivière est couverte de gobages et les poissons sans méfiance. Mais cela s'arrête aussi vite que cela avait commencé. Malgré tout, j'aime bien les averses.

Dimanche : grosse affluence sur la vallée. Difficile de trouver un poste sans pêcheur. Je me replis vers un replat venté dont personne n'a voulu. Il est 16 h 10. Malgré le vent qui ride la surface les poissons gobent. Ils montent assez bien mais connaissent sacrément la musique. Ils sont archi éduqués et recrachent bien trop vite pour avoir la moindre chance de les ferrer. Malgré tout, la pêche est très plaisante jusqu'à ce que la mouche ultime ne les cale pour de bon.

Puis, elles sont arrivées et tout à changé. Même les poissons les plus vicieux sont pour un temps devenus gentils. Le temps des gobages gras est là. C'est le temps de l'abondance...
La Dordogne est en ébullition depuis maintenant une heure et demi. Tel un grizzly repus au milieu d'un banc de sockeye, je continue à pêcher par jeu mais je gâche un nombre incalculable de poissons. La nuit approche et les fourmis sont remplacées par les sedges. J'arrête la pêche alors que ça gobe encore.

Septembre est vraiment un très bon mois. 4 heures de ronds dont 2 de champagne pour terminer le WE. Que demander de mieux? Cette session restera comme une des meilleures de l'année, il n'y a pas de doute. La fin de l'année promet si les niveaux nous permettent de pêcher.
auteur : fly.only


Repérages

Le 25/10/2009 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
Repérages
On croit toujours que les pêcheurs qui capturent régulièrement des gros poissons sont chanceux : il n'en est rien. Ce sont de longues heures d'observation passées au bord de l'eau qui portent un jour leur fruit...

La petite pluie fine fait se presser les gens sur le marché de Sarlat en ce samedi matin. La foule a déserté la cité, le temps gris relève la chaleur du calcaire qui compose les murs et on peut enfin circuler entre les bancs. L'automne est bel et bien installé.

C'est vers 11 heures que j'entreprends le voyage vers l'amont. Cazoulès, Souillac, Pinsac, Meyronne, Carennac... Que de souvenirs de pêche, de descentes en bateau avec les amis, de march brown et de ronds du début de saison. Au détour de chaque virage, je navigue sur la Belle.

Cela aurait pu être une très belle journée. Oh pas une journée à gros gorets non, il fait bien trop chaud pour cela, mais une journée agréable sans cette vision d'apocalypse au dessus du pont de la Treyne. Des engins de travaux public terminent leur basse besogne. Sous couvert de protection d'une conduite d'eau potable, ils viennent de massacrer un des plus beaux coins du secteur. Il y a peu, la Dordogne formait des îles derrière lesquelles les brochets venait frayer. Dans les multiples bras, il y avait les truites qui chassaient dans les nuées d'ablettes qui animaient les remous. Il reste un canal et une immense plage. C'est propre. Mais regardez ce à quoi ça ressemblait avant : fly-only.gobages.net/gallery/2/amontpont.jpg

Bref, c'est à gerber. On est plusieurs sur le pont, des amoureux de la rivière à se regarder incrédules. Mais comment ont-ils pu faire ça? Il y a un EPTB qui nous fait de beau discours sur la divagation naturelle du fleuve, il y a une ONEMA qui a du être consultée, un arrêté de biotope...

Sonné, je reprends ma progression. J'arrive sur le poste le plus aval où j'ai pris un ombre. Je jette un oeil : ça gobe. Deux lancers premier poisson : une belle vandoise. Plus loin dans le courant, un éclair blanc sous ma mouche reconnaissable entre milles : ils sont là !

Je quitte ce poste sans le fatiguer puis, perché sur ma falaise je scrute une fin de lisse prometteuse. Une bonne trentaine de ronds percent la surface. Un gigantesque banc de blancs fait bouillonner la rivière. Trois ronds plus calmes mais imposants mériterait le détour. Mais le pont est loin et il faudrait traverser la rivière. Plus tard...j'ai repéré.

Lorsque j'arrive sur le poste que j'ai projeté d'évaluer, ce sont pas moins de 31 cormorans qui se lèvent simultanément du courant à ombres. Aïe, ça part mal. Je décide de migrer sur le lisse à l'amont, mais à mi chemin, un autre oiseau noir décolle pile poil sur le poste. Bon, demi-tour pour pêcher le courant. Les mouches défilent à bon rythme, j'ai 300 m dans le viseur mais je ne verrai que 5 ou 6 poissons monter. J'en toucherai 3 dont mon premier goret de l'automne. RHAAA, ça fait du bien. Mais ce coin m'apparait comme mutilé. Je n'y reviendrai pas. Et pourtant dès le WE prochain, les pêcheurs se relayeront pour pêcher ce spot réputé. J'entends déjà leur commentaires désabusés de retour à la voiture : "tu as vu les mouches : un vrai tapis roulant. Mais pas un rond !"

Les repérages, ça sert à ça. A choisir son poste lorsque, lors du pic de l'activité cet automne, il faudra être au bon endroit au bon moment, lorsque les gorets monteront pendant un quart d'heure happer les ailes grises.

La pluie redouble lorsque je sors de l'épicerie de Beaulieu vers 15 h avec des cochonneries à grignoter. Fini le repérage. Place à la pêche. Direction le club des 10 / 20, un groupe restreint de places qui pêchent entre 10 et 20 m3/s. On a peu eu l'occasion de les pêcher ces derniers temps, il faut en profiter.

Fred

PS : d'autres photos de carnage bientôt sur mon blog.
auteur : fly.only


Goret time...

Le 14/11/2009 Dordogne - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Goret time...
Dans tout match, il y a un moment où tout point marqué compte plus que les autres. C'est le money time. Sur la Dordogne, il y a des moments où les gros ombres gobent les insectes : c'est ce que j'appelle le goret time. Il est très facile de passer à coté de ces instants rares au cours d'une saison. Outre les erreurs de placement qui empêchent de toucher ces poissons, le fait de s'attarder sur des poissons plus petits est la cause la plus fréquente d'échec.

Aujourd'hui, l'objectif est simple pour moi : toucher un gros ombre à savoir tirer profit du goret time...

3 c'est le nombre du mouches "qui le font bien en ce moment" que j'ai eu le temps de monter. Je n'en ai pas une de plus.
Je ne sais pas si c'est le fait de voir le pêcheur à la mouche en face de moi enfiler un ombre dans une poche en plastique verte d'épicerie qui m'a rendu nerveux mais le premier poisson qui est monté sur ma mouche a reçu un ferrage nerveux. Je n'aime pas ça mais en ce moment, j'ai du mal à doser (à moins que ça ne soit mon fil?). Peu importe, les gros du coin ne sont pas dehors.

Arrivé sur le deuxième spot, il me faut 10 bonnes minutes pour localiser les poissons. Sur cette grande gravière, ils changent de position en fonction des niveaux et de leur humeur. Ce que je craignais se réalise, les poissons sont comme à leur habitude très haut sur le poste. Pas sûr avec ce débit que j'arrive à remonter assez haut.

Qu'importe, mètre par mètre, j'avance dans l'eau à la limite de l'adhérence des pieds avec le fond. Je remonte sur un haut fond pas très large mais de profondeur assez constante. Au bout de 70 m, je stoppe la progression car je ne dois pas être mal. Arf, ils sont encore plus haut. Sur la pointe des pieds, il faut que je progresse encore un peu. L'éclosion est poussive mais quelques ronds sporadiques auréolent la surface. Le premier candidat crève la surface à une douzaines de mètres plein amont. Au moment du posé, le bas de ligne forme une mini perruque. Pas bon ça. Pourvu qu'il ne monte pas... Trop tard, la mouche disparait dans un entonnoir suceur : cassé comme prévu.

Je remets une pointe et y noue ma dernière mouche "qui le fait". Et là, il est apparu. Posté à environ 10 m de moi, trois quart amont prenant avec une délicatesse infinie les subimagos. C'est incroyable la taille ridicule des gobages que peuvent faire ces grands poissons. Une sulphure le laisse de marbre mais la petite olive qui la suit provoque un nouveau bisou. Ce coup de ligne est loin d'être le plus difficile que j'ai eu à faire. Si bien qu'au premier passage, l'affaire était entendue. Comme s'il connaissait la suite des évènements, celui-ci se rend assez rapidement, se prêtant avec classe à la scéance photo. Ca y est, on est au coeur du goret time. Je viens de faire mon plus bel ombre de la saison.

Mais quelque chose ne va plus. Une sensation bizarre, un coude puis deux qui trempent dans l'eau. Pas normal ça. Lorsque je réalise, il est déjà trop tard pour l'appareil photo. Il pisse l'eau par tous les trous. Dans un dernier coup de flash il me renvoie dans son écran une image terrifiante : l'eau n'est plus qu'à quelques millimètres du haut de mes wadders. J'ai déjà bouffer les 10 cm que je garde toujours par sécurité. Je ne peux désormais plus rien pour l'appareil; il vient de s'arrêter mais j'ai autre chose à sauver : ma peau.

Le bord n'est pas loin à vol d'oiseau car j'ai franchi à peine plus de la moitié du lit. Mais le rejoindre en ligne droite serait la dernière chose à faire compte tenu du trou qui m'en sépare. En 1996 un pêcheur a payé de sa vie pour avoir commis cette erreur. Sans même prendre le temps de rembobiner la soie, tenant mon APN à bout de bras, je me laisse porter vers l'aval sur la pointe des pieds. Par deux fois, je n'ai plus rien senti sous mes semelles. Mais la poussée d'archimède m'a maintenu à flot. Je ne sais pas comment j'ai fait pour rester sur le sommet étroit du haut fond mais j'ai réussi à retrouver le passage. Je ne suis pas du genre à avoir peur avec de l'eau à l'étiquette du pantalon, mais je dois bien avouer qu'avant de retrouver la plage, j'ai trouvé le temps long.

Sitôt au bord, je ne peux que constater les dégâts, mes boites à mouches sont trempées, l'appareil photo a pris l'eau, il y en a dans le logement de la batterie, de la carte mémoire et même dans l'objectif. Je me suis laissé surprendre par un coup de Maronne. Ils ne font pas semblant. Faites super gaffe sur cette rivière, j'aurai pu perdre bien plus qu'un APN mais je suis tout de même content d'avoir marqué durant le goret time. ;-)))
auteur : fly.only


L'attente.

Le 26/03/2010 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
L'attente.
Le vent souffle par bourrasques violentes, dans le ciel les choucas rieurs tournoient le long des falaises. Les berges, parées des couleurs des bourgeons qui gonflent ont un aspect automnal tandis qu'une odeur de charogne émane de la plage découverte par une éclusée : pas de doute, je suis sur la Dordogne.

La quête de la grosse truite me condamne à l'attente. Assis contre un arbre, je scrute ce grand remous dans lequel elle ondule sous un bon mètre d'eau. Elle est là, je le sais. Soudain, un énorme remous en surface trahit sa présence. Elle est dans le calme et cela ne me dit rien qui vaille.

L'eau ridée par le vent défile dans le central sans la moindre mouche. Le temps s'écoule sans autre activité. Puis elle revient transformée en dauphin qui marsouine mais à plusieurs mètres du calme.

Elle fait son circuit mais faute de mouches, je n'ai plus rien à espérer. Lassé d'attendre depuis deux heures, je laisse trainer un train de noyées sur la plage et décroche une toupie molle qui tournoie sur elle même. Une 40+ rescapée du festin de l'ouverture ?
auteur : fly.only


Fainéantes.

Le 03/04/2010 Vézère - Corrèze (19) .|. Météo météao Corrèze (19)
Fainéantes.
Cela fait deux mois que monte des prototypes de streamers plus ou moins loufoques avec pour objectif de les tester sur les poissons sauvages un jour favorable à ce type de pêche.
Hier, par un temps légèrement pluvieux, une envie irrépressible d'aller voir mes copines les sauvages m'a pris.

Dès le premier coup d'oeil à la rivière, j'ai compris que pour tester les streamers c'était mort et que pour le reste, ça n'allait pas être simple. Contre toute attente l'eau de ce DR était désespérément claire et basse malgré les pluies abondantes de ces derniers jours. Au bout de 100 m en nymphe à l'indicateur, mes craintes se sont confirmées, tous les postes de courants habituellement occupés n'ont rien donné. Ouille. Changement de stratégie, retour à la prospection méthodique, les creux, les courants lisses, les calmes ridés... C'est dans ces derniers postes que je les ai trouvées, lézardant sur les bancs de sable. Par contre, la galère pour les faire mordre : posé, attente, reprise de contact et ferrage au toc toc. Prendre ces petites flèches noires et jaunes me fait tout bizarre car le contraste est saisissant par rapport à la taille de leurs cousines de la Dordogne. Mais maintenant que j'ai ciblé leurs postes, les choses sont plus agréables.

Les prises se succèdent jusqu'à une très grosse averse ventée qui fait couler les égouts de la ville teintant l'eau. Enfin, le moment tant attendu arrive. Je vais pouvoir tester mes streams même s'il est bien tard. Les deux premiers nagent super mal, sur le côté en crabe : mal équilibrés au possible. Le troisième que j'appelle le fer à repasser est mortel. Elle est stable, nage creux et surtout vibre dans un plan vertical. J'en suis très satisfait et faire attaquer une truite dessus n'est qu'une question de décoration et de temps (pour mieux voir les streams nager, je les ai faits de couleur fluo uniforme).
Passons à ce petit dernier : posé arf, il nage mal. Il ne nage pas du tout même. Mais qu'est ce qu'il a ? Il marchait dans la baignoire. Je tire pour le relever et là, par deux fois, c'est l'attaque. Oh, qu'il est mignon ce stream. Il ne nage pas car il a perdu un plomb qui lui servait de lestage mais que sa silhouette déclenche les truites. Mignon le stream, mignon !

Puis ce fut la course folle pour rentrer à la maison ; repas de famille oblige. Je suis hyper à la bourre. D'autant plus que rêvassant à je ne sais quoi je me rate une sortie d'autoroute...

Bilan : soirée flinguée et soupe à la grimace. Mais j'ai une bonne base pour continuer à bricoler des streams pour petite rivière. ;)

Fred
auteur : fly.only


Que la fête commence.

Le 02/05/2010 Dordogne - Lot (46) .|. Météo météao Lot (46)
Que la fête commence.
Vendredi : le changement de temps avec ce ciel couvert m'offre une occasion inespérée d'aller voir une dernière fois en toute tranquillité les poissons de la partie la plus aval du secteur que je fréquente. Demain, avec l'ouverture du lancer, la rivière sera envahie et va payer un lourd tribu.
Immuablement comme tous les ans depuis des millénaires, l'arrivée des sulphures marque le début de la saison de la mouche. Fini les soies plongeantes et les mouches lourdes. Place aux mouches noyées légères et aux soies flottantes.
L'éclosion de sedges et de points jaunes est diffuse mais cela suffit à maintenir les poissons en activité. Malheureusement, les postes accessibles sont pollués par des farios molles qui se tortillent sur elles mêmes. Ces poissons/viande obèses aux nageoires lépreuses et au nez rogné (cf photo) sont l'incarnation parfaite d'une gestion passéiste. Ici, l'eau n'est qu'un support, la pisciculture la solution à tous les maux et l'argent des pêcheur,s le bon plan pour faire deux ou trois jours de fête dans l'année.

Samedi : dès mon réveil, j'ai su que ma journée serait pourrie. Le boudin de mon bateau dont j'ai changé la chambre hier soir est flasque. Je sais que je vais passer ma journée à le surveiller et à m'user les bras sur la pompe pour le regonfler. En chemin, la pluie nous rejoint et une fois au bord de l'eau, des dizaines de pêcheurs font la course pour remplir leurs jolis paniers en osier. Qu'importe, la dream team est au complet et en grande forme.

Les moustiques aussi ! Ils nous dévorent alors que nous mettons les embarcations à l'eau. Premier poste, premier changement de mouche. Je reviens au bateau pour chercher un nouveau stream et en retournant pêcher, je m'entrave dans le parpaing qui me sert d'ancre et m'étale de tout mon long dans l'eau fraîche de la Dordogne. Il est 10 h et quart et je suis trempe comme une soupe. Tout va bien. Journée de m...e vous avez dit ? La matinée se passe sans la moindre touche malgré des coins de rêve prospectés minutieusement. A l'heure du casse croûte, le bilan est mitigé : Jef a eu quelques tirées, Matt a fait un beau poisson, Stef@ et Fred n'ont rien vu.

La tarte de Nath ayant revigoré les troupes, nous repartons pour la deuxième partie du parcours. Et là, je pense que nous avons dû franchir la frontière du parcours empoissonné car la densité de pêcheurs est proprement hallucinante. Il y en a partout, sur les bords sortis de nulle part, en barque, en canoë, en bass boat... Pas grave, les streamers sont en mesure de rivaliser avec les cuillères, vairons, poissons nageurs de toute sorte et autres vifs. Enfin presque. Je pêche avec acharnement mais rien ne se produit. Tout le monde prend du poisson sauf moi. Je passe même en noyée en désespoir de cause car il y a des mouches et quelques ronds. Mais rien n'y fait. Vers 17 h, trempé, l'avant bras douloureux, après 6 h sans touche, je n'ai plus le courage de lancer. Je me laisse dériver passivement. Mais que ces postes de bordure sont beaux. Je reprends la canne. Lance, relance toujours plus près du bord : rien. Si, j'ai cru voir un poisson tourner sous ma mouche à deux reprises. Voilà maintenant 5 ans que je cherche une imitation de chabot efficace sans succès. Je pêche avec un proto en lapin. Mais il ne déclenche pas l'attaque. Je permute avec un autre qui nage sur le dos : nul ! Ma main se porte alors sur une mouche quelconque montée il y a bien trois ans. Premier poste, première tirée. Tiens, un poisson l'a chargée. Deuxième poste et c'est l'explosion. Dérivant à grande vitesse, je n'ai aucun mal à sortir le poisson du tas de branches dans lequel il voulait revenir. Mais avec deux mains, tenir la soie, la canne et les deux rames, c'est difficile. Je rentre le maximum de soie, cale ma canne entre mes genoux et entreprend de regagner le bord. La truite tantôt saute ou sonde sous le bateau. Je prends conscience qu'une épuisette m'est indispensable dans cette situation. Au bord, même galère. S'occuper du bateau et de la truite fait un peu trop. Du coup, je laisse la truite dans l'eau et elle ne manque pas de trouver une racine pour s'y réfugier. Le temps de sortir l'appareil photo et le poisson qui se tortille pour se libérer casse le fil. J'espère qu'il pourra se défaire sans difficultés de mon proto qui désormais n'en est plus un.

La journée bien mal engagée me semble d'un seul coup plus douce. Il est si rare de valider un proto. Les derniers kilomètres comme l'ultime casse-croûte (tes boudins sont vraiment exquis Jef) seront avalés avec avidité me donnant l'occasion de toucher deux autres poissons avec un modèle approchant.

Il est 22 heures, nous sommes cuits mais nous avons encore passé une super journée. Après avoir chargé les voitures, malgré la fatigue, nous discutons comme des morts de faim de notre prochaine descente. Cette rivière est si envoûtante... et la saison ne fait que commencer.
auteur : fly.only



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12/02/2012-16:02:23
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