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Relâchez vos rêves

Le 08/07/2005 Rivière - Pyrenées Atlantiques (64) .|. Météo météao Pyrenées Atlantiques (64)
Relâchez vos rêves
Justine habite dans une flaque. C'est humide me direz vous ? Oui! Bien sur, et ca vaut mieux. Car Justine est une truite, une belle truite de rivière.

Nous nous sommes rencontrés pour la première fois en mars. Il faisait grand soleil et l'ouverture venait à peine d'avoir lieu. Nous étions tous deux un peu empruntés : je l'avais approché d'une façon un peu cavalière, et elle n'avait meme pas pris la peine de s'enfuir.

En fait c'est Greg qui l'avait vu le premier, debout sur un caillou, distant d'à peine 5 mètres du poisson. "Oh regarde !". Vu ! On était un peu prêts, elle aurait du partir. Pourtant elle était montée goulument sur son cul de canard. Ferrage trop brusque, et Justine s'était calée.

J'étais revenu seul par une journée pluvieuse, toujours en mars. Je me souvenais du poste et du poisson que Greg avait manqué. Ce jour la, aucune truite ne voulait gober et j'avais donc remonté la berge en pêchant avec des grosses nymphes de pléco. Arrivé devant la flaque j'avais lancé mon leurre en plein milieu et un fuseau sombre l'avait rapidement intercepté. Première capture, photo, etc. Un beau poisson, bisoux et hop, à l'eau.

Je suis revenu plusieurs fois pêcher sur ce secteur, et la flaque de Justine était souvent squattée par d'autres poissons que j'avais tour à tour piqués ou, le plus souvent, calés. Mais pas de trace de ma truite.

Avec les niveaux d'été la flaque est maintenant à peine alimentée, mais je la surveille toujours car il y a encore un vague petit courant qui l'alimente, et il se pourrait bien qu'un jour un poisson se décide à venir s'y reposer ...

... d'ailleurs hier après midi il y en avait un sur ce mini poste. Je le voyais de dos, bien large, mais il m'est toujours difficile d'estimer la taille dans cette situation. Une nymphe non lestée posée dans une veine adjacente avait déclenché le poisson. Calmement, il avait quitté son poste, me laissant découvrir sa longueur et sa belle allure en ondulant jusqu'au reflet ou évoluait ma nymphe.

Ferrage en aveugle, au feeling ... ferrage dans le vide, et poisson qui prend le large. Zut, toujours mon chat noir !

Retour sur les lieux aujourd'hui, mais le soleil complètement voilé m'interdit de bien la distinguer sous l'eau. Déja qu'hier j'avais mal évalué le moment du ferrage, ca risque de ne rien arranger !

Heureusement, il y a une petite éclosion en cours et le poisson se met à gober. Enfin disons plutôt que, de temps en temps, il laisse deux millimètres de museau crever la surface de l'eau puis, lentement, les immerge à nouveau, n'occasionant aucun remous discernable en surface.

Un CDC que j'ai trouvé dans un arbre tout à l'heure lui est aussitôt expédié. La dérive se déroule leeeenteeeemeeeent, et quand le poisson voit la mouche il tourne la tête encore plus leeeenteeeemeeent. Le museau perce, puis il re-des-cend, leeeenteeemeeent. J'inspire, j'expire, je ferre !

Elle force vers l'amont ou un grand tronc est immergé (je viens d'y perdre un poisson). Non, n'y pense même pas, tu n'iras pas sous l'arbre ! Bridage maximal. Ca ne casse pas, et je lui ai tellement tiré dessus qu'elle se retrouve déséquilibrée, ventre en l'air et me dérive droit dessus, inerte. Je la rate à l'épuisetage au vol. Dommage ! Car du coup elle s'est rétabli et a rallumé le turbo réacteur.

Je n'ai pu l'empecher de gagner la veine principale, terrible goulet ou tout le débit de la rivière est concentré sur quelques mètres. Non, oublie tout de suite, tu ne descendras pas (le courant s'arrete 200m plus bas ...). Rebridage maximal (toujours sans mouliner, private joke à JY). J'ai réussi à la forcer à avoir la tête vers l'amont pour qu'elle nage à mes côtés dans la veine d'eau centrale, la plus puissante. Autrement elle aurait probablement dévalé, dévalé, dévalé ...

Canne en 2 je la tiens ainsi pendant une bonne minute (c'est long!) avec uniquement le talon de mon bas de ligne qui sort de l'eau. Je l'imagine qui me résiste de toute la largeur de son corps en oblique en plein dans le courant.

Elle faiblit enfin et je finit par la mettre à l'épuisette dans un mini calme situé une dizaine de mètres plus bas. Yeee-aaaah !

Ce poisson a un air de déja vu : c'est ma petite Justine, c'est sur ! Même tête, mêmes points, même taille (enfin elle a pris quand même presque 2 cm depuis mars).

Ah, vraiment, le nokill ca a du bon. Et dire que si j'avais fait comme tous les "moucheurs sans paniers qui gardent rien sauf quand c'est gros parce que quand meme c'est bon une belle truite de temps en temps et y a pas de mal a se faire du bien non mais oh espece d'integriste", et bien je me serais privé du plaisir de cette capture, et j'aurais privé la rivière de cette superbe femelle au maximum de sa capacité sexuelle.

Au lieu de cela, je ne me suis pas privé du plaisir de lui refaire un petit bisoux sur le front. J'espère te reprendre encore plusieurs fois ma grande Justine!

....

Et ce soir en face de moi, un moucheur sans panier qui prend une malheureuse petite 35 et la fracasse contre un galet. Nous n'avons pas les mêmes valeurs. Non, vraiment pas.

....
auteur : nico_p


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Désillusion

Le 18/07/2005 Sègre - Espagne .|. Météo météao Pyrenées Atlantiques (64)
Désillusion
Après 3 courts séjours (pour une dizaine de jours de pêche) depuis septembre 2002, je n'étais pas très enthousiaste à l'idée de revenir pêcher sur le Sègre. En effet sur ces 10 jours de pêche seule une journée nous avait permis de pêcher en nymphe à vue, tout le reste du temps la rivière était teintée soit par des orages, soit par une dérive de micro algues en décomposition, soit quasimment à sec (mi août 2004).

Mais après avoir suivi la météo sur la Cerdagne et avoir constaté l'absence de pluies depuis plusieurs jours, et après avoir lu une news de Christophe De Pastors annonçant une belle prise en nymphe à vue sous 3 mètres d'eau (!!!), je m'étais laissé convaincre pour y retourner avec Jean Yves, Fred, Olivier, TJB et stef09.

La première après midi nous constatons hélas que l'eau est très basse, mais teintée. Il fait très chaud et un vent thermique ininterrompu remontera la vallée jusqu'à 20h. Sur les conseils de Christophe, je me place à un point stratégique ou un beau poisson passe de temps en temps. Du haut de ce pont je ne parviendrais pas à distinguer un seul poisson adulte. Elles ne sont pas dehors et l'eau est un peu trouble, les cailloux recouverts d'algues brunes.

Entre temps Jean Yves et Olivier ont pris plusieurs poissons (maxi 25 cm) en pêchant l'eau en sèche dans les bouillons. Juste avant de partir Christophe emprunte la canne d'Olivier, pêche 5 minutes dans un courant violent avec un streamer de 2 grammes et touche deux beaux poissons (45 cm et une autre décrochée). Ce même jour TJB et stef toucherons chacun deux beaux poissons (50-60) avec la même technique (streamer en aveugle).

Il y a des myriades de petits sedges (hamecon 20) et le coup du soir est très animé, mais hélas seuls les petits poissons sont de sortie. Olivier touchera tout de même une truite de 35.

Réveil très tôt le lendemain pour essayer de pêcher en NAV malgré l'eau teintée. Il se peut que les beaux poissons sortent sur les plages ... Il n'en fut rien. Mes collègues gros dormeurs me retrouvent vers 10h30 et on part vers le Llobregat pour permettre à Fred de tourner des images pour un de ses films.

Le Llobregat est une petite rivière avec 3 poissons (lachés) de 40 tous les mètres. Malheureusement en plein été le débit est faible, et vu qu'il y a un rejet d'égout, de chiotte, etc. tous les 30 mètres (centre ville), l'odeur est assez insupportable et on hésite vraiment à mettre la main dans l'eau pour décrocher les poissons. Olivier, écoeuré, se refusera à pêcher dans cette rivière. Nous toucherons une quantité industrielle de truites, dont une superbe fario de +50 que nous avions déja pris avec JY l'an dernier. Nous la reprendrons 1 fois chacun au cours de la même partie de pêche.

Nous croiserons Christophe Douziech, venu passer une semaine sur le Sègre. Il semble être également très déçu de n'avoir pas pu pêcher en nymphe à vue ou en sèche sur des poissons de belle taille, ainsi que par la qualité de l'eau des rivières.

Après une soirée très arrosée avec stef et JY (hips) je trouve la motivation pour repartir voir le Sègre en compagnie de TJB et stef sur le nokill situé immédiatement à l'aval de Puycerda. Je serais bien rentré à la maison mais le tour de France, de passage dans l'Ariège, interdit de faire la route.

On attaque et au bout de quelques pools prospectés au streamer (pas de touche) on remarque qu'il n'y a pas de vairons sur ce secteur. Bizarre pour le Sègre ! Plus haut il y a une digue artificielle et nous trouvons 6 truites mortes au fond (entre 25 et 35 cm). Hum! Dans le méandre en amont je fais la remarque à stef : "l'eau se teinte non?". Effectivement, 15m plus haut un égout s'était mis à débiter un liquide marron gris, opaque, et sentant le détergeant.

On se met à voir quelques vairons en amont de ce rejet et stef prendra enfin un poisson (en sèche, 15cm).

Après le repas (bocadillos de jamon!) on repart avec Thierry en amont de l'égout, sur un secteur qu'il connait et apprécie pour y avoir touché (et cassé!) de beaux poissons les années précédentes. Il y a très peu d'eau, et nos streamers s'accrochent souvent au fonnd. Stef a quelques suivis (poissons de 35 maxi). A un moment donné il me semble que l'eau se trouble un peu. Des feuilles dérivent comme lors d'un lâcher d'eau qui fait monter le débit de la rivière. Stef et Thierry sont dubitatifs, mais au bout de 5 minutes il faut bien se rendre à l'évidence : il y a encore un lâcher d'égout (un autre!). Il est tellement important qu'il a légèrement fait monter le débit, et l'eau est devenu très trouble (grise, odeur de lessive). On peine à voir le fond dans les radiers avec 20 cm d'eau. Au bout d'un quart d'heure l'eau redevient comme avant. On rentre se rafraichir devant une bonne bière.

Au final mon bilan est le suivant :

- Il reste de très gros poissons sauvages, en densité apparemment toujours importante, sur les cotos nokill situés assez en aval de Puycerda (essentiellement le secteur de Bellver).
- Il est illusoire d'aller sur le Sègre pour toucher ces très gros poissons en nymphe à vue ou en sèche, car même si il arrive que cela soit possible c'est beaucoup trop rare pour qu'un pêcheur de passage puisse espérer rencontrer ces conditions. La pratique de la nymphe à vue sur le Sègre (dans son état actuel) pour toucher de gros poissons, ne peut donc pas s'envisager comme sur le Doubs ou sur l'Ain.
- En pêchant au streamer sur les portions qui tiennent ces très gros poissons il est tout à fait possible de les toucher, et prendre ces truites sauvages de 45-60 cm devient même alors relativement facile.
- Il faut éviter le secteur situé immédiatement à l'aval de Puycerda car la rivière est, par moments (surtout lors des étiages estivaux), un égout à ciel ouvert. Plus bas c'est moins sensible (auto épuration) mais si vous rêvez d'eau limpide et de cailloux propres pour cet été, vous serez déçus.

Espérons pour le Sègre que l'urbanisation gallopante de Puycerda se freine un peu, ou qu'une énorme station d'épuration voit le jour rapidement. Espérons également que les captages d'eau soient plus raisonnables (il y a plus d'eau (limpide!) dans le Carol, affluent du Sègre, que dans le Sègre lui même en aval de Puycerda!). Sans quoi, nokill ou pas, je ne donne pas cher de la peau des magnifiques poissons qui parviennent encore à survivre sur les cotos sin muerte de cette rivière qui fut superbe.
auteur : nico_p


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L'adieu à la rivière

Le 28/07/2005 Gave d'Oloron - Pyrenées Atlantiques (64) .|. Météo météao Pyrenées Atlantiques (64)
L'adieu à la rivière
Je n'ai rien pris ce soir, comme lundi, comme mardi, comme tant d'autres fois. Comme prévu. Je n'étais pas là pour ça, mais pour entendre l'eau couler et voir encore la rivière, une dernière fois avant de partir.

Le Gave est à plat et les poissons sont terrassés par une chaleur lourde, mais même à genoux la rivière est belle. Le soleil n'a pas encore fait pousser d'horribles algues brunes sur les radiers qui exhibent sans pudeur leurs superbes galets ronds. Les banquises scintillent comme jamais, mais les truites, rares et toujours difficiles à débusquer, semblent avoir disparu pour de bon.

Il y avait bien eu ce poisson de 45 que j'avais observé presque une heure se promener le long de ma berge avant de lui faire prendre deux fois la nymphe sans jamais avoir le coeur de la ferrer (ne pas l'embêter inutilement, je suis déja rassasié de l'avoir observé!), mais les coups qui m'avaient permis de toucher quelques poissons au cours de la saison sont désormais tous à sec ou inoccupés.

Je roule de poste en poste et au détour de chaque chemin, de chaque village, des images ou des anecdotes de la saison écoulée me reviennent. Bouffées de nostalgie. Un jour, une heure, un poisson, une bredouille, un décroché, une casse, une éclosion, ou encore une simple ombre aperçue. Un grand museau crevant la surface. Etais je seul ? Non, je ne crois pas, d'ailleurs c'est ce jour là que ...

Tous ces lieux ne me sont plus anonymes et sont irrémédiablement associés à tellement de souvenirs. Est ce normal d'avoir déja ce genre de pensées à 25 ans ? Toujours est il que je roule encore, car il fait tellement chaud qu'un peu d'air est bienvenu. Je pousse jusqu'à Navarrenx où je vois trois gus en train de braconner le parcours nokill.

Il commence à être tard et je n'ai toujours pas pêché ni enfilé le wader. Je sais qu'il fait trop chaud, qu'il n'y a pas assez d'eau, et que je ne verrais pas un poisson. A 21h je me laisse quand même tenter et je pars en wet wading sur un secteur que j'adore. L'eau me parait délicieusement fraiche.

A ma grande surprise je verrais quelques gobages (irréguliers). Je ferais même monter un poisson qui cassera l'hameçon au ferrage. Original, non ? En droite ligne d'une saison marquée par une cruelle absence de réussite. Touche finale de mon ultime bredouille, une riquette qui se dépiquera sur une mouche laissée à draguer 3/4 aval.

En pliant la canne pour la dernière fois je me suis demandé quand, et quel sera le prochain poisson que je prendrais. Un baby tarpon angolais ? Une truite néo zélandaise ? On verra, mais ces poissons auront fort à faire pour me faire oublier la plus belle rivière du monde.

Merci à tous ceux qui m'ont accompagné ou que j'ai croisé sur les gaves : Greg, Lionel, Xavier, Eric, François, Serge, Christian, Cédric, Frédéric, Matthias, Jean Yves, Rodolphe, Franck, Nicolas, Maxime, Stéphane, Thierry, Vincent ...

En mon absence je compte sur vous pour continuer à relâcher nos rêves et à prendre soin de ces rivières magnifiques.
auteur : nico_p


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Première sortie

Le 07/11/2005 Mer - Angola .|. Météo météao Pyrenées Atlantiques (64)
Première sortie
Depuis mi aout je n'avais pas encore vraiment pêché à la mouche en Angola. Chaque fois que j'avais sorti le fouet, c'était pour trainer des petits leurres en plastique, ou de grands tube flies montés sur des coton tiges derrière un bateau.
Ca m'avait permis de prendre des thons et une coryphène, ainsi que de sortir pas mal de backing (jusqu'à 100 - 150 mètres sur un seul départ!). Plutôt marrant, mais pas vraiment de quoi en rêver la nuit.

Ce dimanche, après avoir pris deux barra au rappala, nous avons mis pied à terre sur une petite plage bordée de palétuviers pour pêcher le bonefish. Imaginez un peu : grand ciel tout bleu, eau chaude, turquoize, une armée de petits crabes burlesques qui déambule sur la plage, s'enfuyant au devant de nous, des poissons fourrage en pagaille qui se dorent la pilulle, d'autres crabes un peu plus gros qui font semblant de voler au ras du fond et qui détalent au moindre mouvement.
Et puis, de loin en loin, des explosions en surface : bancs de poisson pris d'une hystérie collective à cause du passage d'un oiseau, d'un coup de nageoire un peu trop vif, ou de l'attaque d'un prédateur : barracuda, carangue ? On ne le saura pas, enfin pas cette fois ci.

Il était tard et il y avait déja du vent, donc nous n'avons pas vu la queue d'un seul de ces fantômes - dont la présence ici reste incertaine. J'avais monté quelques mouches pour l'occasion (les premières depuis août!) et après avoir constaté qu'il serait difficile de pêcher à vue, nous avons prospecté et, rapidement, pris quelques poissons : de petites carpes rouges (maxi 30 cm). Un genre de cray charlie avec tag orange et aile en cul de canard "tan" + poils de chevreuil était la mouche la plus efficace pour ces poissons (un peu bêtas, il faut bien le dire).

On a fait ça une petite heure, juste le temps que je marche sur un coquillage un peu trop coupant.

En vidant les barra nous avons fait venir une foule de petits poissons auprès du bateau, des aiguillettes (maïasenga). Elles suivaient sans prendre : mouches un peu grosses et lestées probablement. Dommage car ce sont les meilleurs appâts qui soient pour les grands poissons à rostre.
auteur : nico_p


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