

Russie : un voyage de rêve… |
|
La péninsule de Kola est une grande presqu’île qui se situe au delà du cercle polaire dans la partie nord ouest de la Russie, une zone totalement interdite aux étrangers jusqu’en 1989.Sa ville la plus connue est Mourmansk, un port de la marine Russe rendu tristement célèbre par la tragédie du Koursk. Un endroit austère, où l’accueil fait par les militaires à l'aéroport est aussi dur que le climat. Pendant les deux principales remontées(juin et septembre), les températures varient entre -5° et 25° . Mais le temps est très changeant. Il m'est arrivé de partir sans ma veste le matin avec 17°, et de me faire transpercer 45mn plus tard par un vent glacial ou même une tempête de neige. L'équipement du moucheur doit donc être prévu en conséquence, mais les conditions restent en général acceptables. |
La péninsule est formée d’une vaste zone aride de bosquets qu’on appelle Toundra puis plus à l’est d’une zone constituée de roches, de lichen et d’arbustes ; la Taïga. Cette partie du globe est l’une des plus sauvages, essentiellement habitée par des rennes, des loups et quelques ours.De rares villages existent le long des rivières, mais ce sont des endroits d'une autre époque, certains disent même qu'on remonte le temps quand on y pénètre. Des milliers de lacs et de rivières couvre ces immensités. Parmis les rivières les plus connues citons l’Umba, la Kharlovka, la Iokanga, la Varzuga et la fabuleuse Ponoy. En fait il s’agit de la rivière la plus grande de Kola, avec près de 400km de long. Elle se jette dans la mer de Barents à l’est de la péninsule. A certains endroits, elle peu atteindre 200m de large, avec une multitude de pools. Les camps de pêche se situent à environ 2h30mn d’hélicoptère de l’aéroport de Mourmansk. Cette étape du voyage reste une expérience difficile mais inoubliable. Il faut dire que la beauté du paysage, vaut vraiment le détour et fait rapidement oublier la vétusté de l'engin. |
![]() Arrivé au camp la première chose qu’on ressent quand l’hélicoptère repars, c’est l’immensité de l’endroit et un petit sentiment d’oppression proche de la claustrophobie, puisque le seul lien qui nous rattachait à la civilisation venait de repartir, pour ne revenir qu’une semaine plus tard. On est quasiment seul avec les saumons au milieu de nulle part. A peine arrivé, je prenais possession de ma cabane, alors que les autres pêcheurs étaient déjà entrain d'enfiler leurs waders, pour deux heures de pêche sur le home pool. J’aurais préféré une bonne nuit de sommeil pour me préparer à affronter les flèches d’argent ! |
![]() Mais me voici sur le home pool qui a une largeur d’environ 80m, le wading y est permis , mais avec la plus grande prudence. Je jette enfin ma ligne, à la fois très heureux, et très intimidé par ce puissant cours d’eau. Au bout d'une heure et demi, pas de poissons à l'horizon, j'essaie de faire de mon mieux. Voyant mon désarroi, un jeune guide m’emmène sur la rive d’en face, pour pêcher une zone plus profonde et très ténébreuse. Du courant, des remous, des trous sombres... Soudain, après cinq ou six dérives, je sens une très violente secousse dans ma ligne. Rien ne semble pouvoir arrêter la manivelle de mon moulinet qui cogne dans mon alliance. Je regarde mon guide qui voyant que j’étais déjà au backing, m’ordonne de courir pour ne pas perdre toute ma ligne dès ma première sortie. Inutile de vous dire à quelle vitesse mon coeur battait, en fait je tremblais de tout mon corps, il ne fallait pas perdre mon premier salmo salar. Après une demi heure de lutte, j’arrivais enfin à convaincre le poisson de s’approcher du bord, et la une joie intense m’envahit, c’était fait, mieux que dans mon plus beau rêve. Une belle femelle toute fraîchement remontée, le peson affiche 18 livres, c’est ce que j’appelle une sacré mise en bouche. Pourtant malgré l’épuisement dû au voyage et à cette pêche miraculeuse, impossible de fermer l’œil quand à 3 heures du matin il fait grand jour et surtout grand beau ;ce sont les inconvénients du soleil de minuit. Le lendemain 3 saumons me firent l’honneur de mordre à ma ligne. Le soir , à la fin du dîner, le chef du camp se leva pour entamer un discours en russe. Il disait que quand un pêcheur prend son premier saumon à la mouche, il est atteint d’un virus incurable. Il me dit aussi que je suis devenu un vrai pêcheur maintenant. Puisse t’il avoir raison !! Ainsi j’avais droit à un petit rituel ; les félicitations de chaque membre de l’équipe, un verre de très forte vodka et un étrange morceau de saumon crue. Ce soir là je décidais de tenter un petit coup du soir, mais le vent, le froid, la fatigue et l’alcool me firent abandonnés, j’allais enfin avoir une vraie nuit de sommeil. Sur la Ponoy, la pêche peut se faire du bord ou en bateau, celui ci permettant de visiter des zones impossibles à atteindre en wading. Au début j’avais toujours un peu de mal à savoir exactement où évoluait ma mouche, ce qui est très important dans cette pêche. En effet j’utilisais des soies multi tip, dont la couleur est discrète au niveau de la pointe. Quelque fois au moment de ramener ma ligne , le guide criait « fish, fish !! », et moi je ne voyais rien, je ne comprenais pas ce qui se passait. |
En fait, certains poissons, attaquaient en toute fin de coulée lorsque la mouche remonte vers la surface.
C’est ainsi qu’un jour je vis un énorme remous juste sous ma mouche, mais rien.Je devais toujours garder le souvenir de la longueur de la ligne que je sortais, de façon à pouvoir passer à nouveau exactement devant ces poissons difficiles. A chaque fois, le saumon montait mais ne prenait pas. Au 5ème passage, je strippe au moment de passer devant lui et là, il tape et relâche aussitôt. J’étais vraiment désespéré, mais le guide me demandait d’essayer une dernière fois avec une autre mouche. Je fis ce dernier lancé de la journée, et cette dérive fut si pure que mon guide et moi savions que la touche allait avoir lieu. Une secousse phénoménale, mon moulinet hurlait, et voyant la puissance du poisson, je décidait de le fatiguer du bord. Un magnifique béquart de 15 livres,qui lutte de toutes ses forces, c’est une expérience vraiment palpitante. |
| Il est vrai que du bord les combats sont vraiment très impressionnants et on a le loisir d’échouer le saumon, sans utiliser d’épuisette. Je préférais donc cette pêche, malgré que mon Spey cast se révélait souvent insuffisant en terme de distance. Le soir, je pêchais toujours tard de façons à être vraiment épuisé pour pouvoir dormir. Une fois n’est pas coutume, je choisis de pêcher un peu l’ombre sur le home pool. Les autres pêcheurs et les hommes de l’équipe étaient vraiment surpris par ce choix, et les railleries ne manquaient pas. « Pêcher l’ombre, quel intérêt ? c’est un poisson sans importance, il y en a trop, ils mangent les œufs de saumons, il faudrait les éliminer !! » Je décidais malgré tout de tenter l’expérience avec un train de noyées et une pointe en 20/100ème.Immédiatement une touche, je ramène l’ombre qui avait pris la sauteuse, et pendant que je le décroche je sens quelque chose qui bouge autour de mon pied. Un deuxième poisson avait pris l’intermédiaire et même un troisième sur la mouche de pointe. Et ce fut pareil, après presque chaque lancer ! Une demi heure et à peu près 15 ombres plus tard, je conclu qu’en effet la pêche de l’ombre sur la Ponoy n’avait pas grand intérêt vu l’abondance des ces poissons dans la rivière…je n’aurais jamais pensé que cela puisse exister quelque part… Je décidais donc de pêcher le saumon sous le soleil de minuit, vers une heure du matin. Les postes les plus intéressants était les bifurcations entre la Ponoy et ces affluents, et les zones plus calmes en amont des rapides, où les saumons semblent se reposer, particulièrement agacés par leurs effort de remonté. |
Dans le home pool, la rivière Pacha se jette dans la Ponoy, et à ce moment son niveau était vraiment bas.
Un guide m’avait dit que des poissons frais attendaient souvent devant ces affluents que le niveau monte pour pouvoir y pénétrer. Je décidais donc de faire quelques dérives dans cette zone le soir très tard.
J’étais vraiment seul et à nouveau le sentiment d’oppression se faisait ressentir, quand soudain un saumon saisit ma mouche avec agressivité. Le combat acharné qui s’en suivi restera à jamais gravé dans ma mémoire ; un magnifique poisson de 14 livres .
Je vous assure qu’après dix saumons pris dans la journée, puis un poisson pareil, on dort comme jamais on a dormi auparavant.
|
| Concernant les mouches, nous avons utilisé bon nombre de standard européens et écossais. La Gary’s Dog, fut sans conteste la plus efficace cette semaine là, mais les Ponoy Green, Green Highlander et General Practitioner, me donnèrent entière satisfaction. Le principe était d’utiliser des modèles plus gros, double 0, quand l’eau étais plus haute et un peu piquée, avec une pointe très plongeante. A l’inverse par eau claire et basse, nous utilisions des mouches plus petites et des pointes intermédiaires. Avec une telle largeur de rivière les grandes cannes 2 mains restent de rigueur, 15 pieds soie de 10 et même 16 pieds sont bien adaptées. Il faut noter que l’utilisation de cannes une main n’est pas réaliste à Kola, car cela éternise les combats et fragilise le poisson.Coté moulinet on notera aussi l’importance d’un bon frein régulier, fluide, et définitivement réglé car la manipulation du frein pendant la lutte reste une cause évidente de décrochage outre l’absence d’ardillon. Le saumon de la Ponoy se bat toujours avec frénésie. Il prends la descente à toute allure ou remonte le courant, donne de violents coups de tête, exécute des sauts énormes qui vous donne des sueurs froides. Les statistiques de décrochage sont impressionnantes et tournent autour des 40%, c’est vous dire si ces saumons ont de la défense. La Ponoy montre une régularité exemplaire, en fait seule des conditions météo déplorables pourraient vous empêcher de pêcher et donc de prendre du poisson. Rappelons qu’à Kola, seule la pêche à la mouche est autorisée, sans ardillons et en no kill. Seul point noir de ce paradis, j’ai pu constater que ces règles ne s’appliquent réellement qu’aux étrangers et non aux pêcheurs Russes. |
![]() En 6 jours de pêche j’ai capturé 43 saumons, j’en ai décroché une trentaine , et tous ces poissons ont eu raison du frein de mon moulinet neuf Le tarif de ce voyage démarre autour des 4000 euros , cela reste cher pour aller à la pêche, mais c’est sans aucun doute le prix d’un rêve qui devient réalité. Texte et photos Yannick KOPFF |
L’équipement indispensable |
17/03/2010-03:03:31
Forum peche mouche | Materiel pêche d'occasion | Environnement gestion halieutique | peche mouche
Montage de mouche | Voyages de pêche | Matériel pêche mouche | Peche Mouche en Mer | Sorties pêche | .
.:.Haut de page.:. 
Forum peche mouche | Materiel pêche d'occasion | Environnement gestion halieutique | peche mouche
Montage de mouche | Voyages de pêche | Matériel pêche mouche | Peche Mouche en Mer | Sorties pêche | .
.:.Haut de page.:. 
Un saumon atlantique prit à la mouche est pour beaucoup l’expérience ultime dans une vie de pêcheur, mais peu sont ceux qui ont eu la chance de connaître l’abondance dans cette pêche.
La péninsule de Kola est une grande presqu’île qui se situe au delà du cercle polaire dans la partie nord ouest de la Russie, une zone totalement interdite aux étrangers jusqu’en 1989.
La péninsule est formée d’une vaste zone aride de bosquets qu’on appelle Toundra puis plus à l’est d’une zone constituée de roches, de lichen et d’arbustes ; la Taïga. Cette partie du globe est l’une des plus sauvages, essentiellement habitée par des rennes, des loups et quelques ours.

En fait, certains poissons, attaquaient en toute fin de coulée lorsque la mouche remonte vers la surface.
C’est ainsi qu’un jour je vis un énorme remous juste sous ma mouche, mais rien.
Dans le home pool, la rivière Pacha se jette dans la Ponoy, et à ce moment son niveau était vraiment bas.
Un guide m’avait dit que des poissons frais attendaient souvent devant ces affluents que le niveau monte pour pouvoir y pénétrer. Je décidais donc de faire quelques dérives dans cette zone le soir très tard.
J’étais vraiment seul et à nouveau le sentiment d’oppression se faisait ressentir, quand soudain un saumon saisit ma mouche avec agressivité. Le combat acharné qui s’en suivi restera à jamais gravé dans ma mémoire ; un magnifique poisson de 14 livres .
Je vous assure qu’après dix saumons pris dans la journée, puis un poisson pareil, on dort comme jamais on a dormi auparavant.








