Je pêche souvent les chevesnes à vue et en sèche dans une petite rivière de
seconde catégorie à deux pas de chez moi.

Je ne rentre pas dans l'eau, je pêche de la berge. Celle-ci est haute, la lumière est bonne et par conséquent
je vois tout.

J'ai noté 5 formes de refus
que j'ai classé du moins au plus vexant :

1) ma mouche dérive. Il (le chevesne) se décale et la suit : il a le nez collé
dessus, à 1 millimètre , il la fixe tellement que je le vois loucher et... dès qu'elle drague, il retourne
paisiblement à son poste. Rageant.

2) il a vu la mouche....il vient dessus, il ouvre la gueule et...la referme sans prendre. Puis il repart.
puis il revient, puis il repart et ainsi de suite. Il est complètement excité mais il a vu une anomalie.
on dirait qu'il a 2 cerveaux : un qui lui dit "mange, t'as faim !" et l'autre qui lui dit "attention, il y a
un piège !". Stressant.

3) il voit la mouche. Elle va passer au dessus de lui. C'est imminent, je vais bientôt ferrer.
Et hop ! il fait un petit écart pour l' éviter ! Terriblement vexant.

4) mais le pire, c'est quand il voit passer ma mouche et qu'il ne bouge même pas une nageoire, même
pas une écaille. Notez que juste avant mon passage, il a gobé une naturelle et une autre après.
Quel goujat !

5) et enfin, pire que pire, c'est lorque je repère ma future victime, que je ne la quitte pas des yeux,
que je commence à fouetter et que... ayant vu le mouvement de la canne,
il se barre comme une fusée. Ecoeurant.


Comment ça je n'essuie que des refus ? Pas du tout.
Je me souviens de ce beau chevesne, genre paquebot "Queen Mary"; ma mouche dérivait parfaitement, il
allait la prendre, il l'avait presque dans la gueule, il, il...il est trop tard ! Une ablette , surgissant
de nulle part, vient lui voler l'appât. Terriblement frustrant.