pêche à la mouche

Une bonne boîte, pourquoi faire ?

Quand on est au bord de l’eau, il n’y a rien de plus agaçant que d’être face à une boîte incomplète ou mal organisée. Face à l’activité alimentaire du poisson le pêcheur est alors désorienté, il perd du temps et finalement s’énerve et fait le mauvais choix. Pêchant alors avec un leurre qu’il n’a pas choisi que par défaut, il n’a pas confiance en son leurre et c’est tout le dérooulement de la pêche qui s’en trouve affecté : il ratera les poissons qu’il fera monter, ou cassera sur un ferrage trop brutal (car surpris de l’efficacité d’une mouche qui ne lui inspire pas confiance) et sera fianlement amené à changer de mouche indéfiniment, chaque changement l’agaçant d’avantage et raccourcissant la pointe de son bas de ligne qu’il devra bientôt refaire…le cauchemard.

Qu’est ce qu’une bonne boite à mouche?

Une boîte Wheatley. Il n’y a plus qu’à la remplir…

Une bonne boîte, c’est une boîte à laquelle on est habitué, et dans laquelle on sait que l’on pourra trouver une mouche correspondant à chaque situation. Suivant les besoins “la” boîte pourra être constituée d’une boîte unique ou de plusieurs petites boîtes chacune précisément consacrée à un type de mouche.
Une bonne boîte doit donc être bien organisée. Les émergentes ne doivent pas se retrouver au milieu des streamer et vice versa. On pourra également classer chaque sous catégorie en fonction de la taille, de la couleur, de la saison d’utilisation ou de tout autre critère qui semblera pertinent à l’utilisateur.
Les néophytes regardent souvent d’un oeil envieux les boîtes pléthoriques que certains moucheurs trimballent avec eux. Ils s’imaginent alors que la bonne boîte est celle où il y a le plus de choses. C’est bien sûr une erreur : mieux vaut disposer de 20 modèles de mouches dont on est sûr de servir que de 200 modèles dont les trois quart resteront à rouiller dans la boîte et troubleront l’esprit du pêcheur au moment du choix.

Comment procéder au début?

pêche à la mouche
Un modèle de streamer qui n'est pas indispensable.

Le débutant ne sait bien sûr pas encore quelles mouches lui seront utiles et quelles autres il peut laisser à plus tard. Que faire, alors? Dans un premier temps, demander conseil à un pêcheur plus expérimenté (ou poser la question sur une liste de discussion). Il y a quand même quelques grands standards qui se dégagent, des mouches que tout le monde a dans sa boîte et qui sont rarement prises en défaut (voir mouches).
Mais le débutant est souvent curieux et intrépide, et c’est normal. Enchanté à l’idée de pouvoir fabriquer toutes les mouches qu’il souhaite, il va tenter de reproduire les mouches qu’il aura vu dans les magazines, les bouquins, sur le net…avec pour résultat une boîte patchwork comportant une centaine de modèles tous différents, la plupart lui étant parfaitement inutile.

Le montage, moment clef.

pêche à la mouche
La dark Hendrickson, une mouche américaine classique. Le style de mouches sèches en coq qu'on peut avoir dans sa boîte

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C’est bien évidemment sur la table de montage que tout se joue. C’est là que la boîte prend forme. La difficulté est que, bien souvent, on ne sait pas quoi monter. Si le montage des mouches ne vous passionne pas, essayez de rentabiliser au maximum vos séances. Donnez vous des objectifs, en fonction des sorties prévues ou des manques que vous avez constaté lors des sorties précédentes. Un autre conseil : pour éviter le fouillis et l’effet patchwork, montez toujours les mouches par petites séries.
Personnellement je monte toujours les mouches trois par trois. Cela permet de s’habituer aux difficultés particulières de chaque mouche, et c’est efficace du point de vue du rangement et de la pêche. En effet, trois mouches identiques se remarquent bien dans une boîte, et cela permet d’en avoir toujours au moins une à donner à un pêcheur qu’on rencontre, ou pour remplacer celle qu’une énorme truite (ou un arbre 😉 ) vous aura dérobé.
Pour les monteurs plus expérimentés, qui “inventent” leurs propres mouches, je pense que ce conseil reste valable.

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Un sedge émergent moderne : une mouche sophistiquée

L’organisation de la (des) boîte(s).

Ca y est,vous avez monté toutes les mouches dont vous avez besoin. Il va maintenant falloir choisir le rangement adéquat. Si vous pêchez en rivière et en réservoir, séparez les deux catégories de mouche. Pour le réservoir, une caisse en bois avec six faces en mousse est à la fois esthétique et pratique. Pour la rivière, choisissez de petites boîtes (dont vous vous assurerez qu’elles rentrent dans le gilet…).
La répartition est assez évidente : une boîte de sèche, une boîte de nymphe, une boîte de noyées… Tout cela bien sûr selon le nombre de mouches dont vous disposez dans chaque catégorie. A titre d’exemple, j’ai une boîte de CDC, une boîte de mouche sèche en coq (à casier, pour ne pas plier les fibres), et une boîte de sedge. Ce qui fait trois boîtes de sèches, car je pêche beaucoup de cette façon la.

Nicolas Pariset