Curieux de connaître le nouveau carbone de la firme Loomis qui par le passé a été à l’origine de réelles avancées dans ce domaine (carbone des IMX puis des GLX), gobages.com s’est procuré dès que possible une NRX.

Ce n’est pas tous les jours que les fabricants de cannes sortent des nouveaux modèles en annonçant une révolution à grand renfort de publicité.

En cette saison de pêche des carnassiers ou des premières sorties en réservoir, notre choix s’est porté sur la 10 pieds soie de 7 en 4 brins.
Voici nos premières impressions ainsi que la vidéo des premiers essais.
Une finition soignée.

La canne est livrée dans un tube en fibres composites verni, doté du fameux logo de la marque. Cela change des tubes alus ou PVC. L’emballage est irréprochable fourreau tissu, poche, élastiques, plastique à bulles. La canne ne risque pas grand chose lors du transport.

Le montage est soigné. Le liège de la poignée est de bonne qualité, le porte moulinet est lui aussi floqué du logo de la marque et les ligatures sont sobres mais efficaces. Pas de couche de fil superflue ni de vernis en trop (chasse au poids oblige) mais les anneaux recoils sont solidement tenus. Le moulinet se visse sans problème grâce à une bague avec trois ailettes des plus ergonomiques. Il tient bien. Les petits soucis de fixation lors du lancement du mois d’août ne sont plus qu’un mauvais souvenir.
Bague de serrage à ailettes.

Les ligatures bleues peuvent surprendre. Elles ne laissent pas indifférents mais très honnêtement, on s’y fait vite et très rapidement on n’y prête plus attention. Elles représentent même l’avantage de pouvoir différencier rapidement les brins de la canne lorsqu’on mélange ses cannes au cours de la journée. A noter l’absence d’accroche mouche.

Une prise en main surprenante.

La première chose que l’on remarque lorsqu’on essaie la NRX est sa légèreté. Le nouveau blank fabriqué avec la nanorésine de chez 3M est vraiment léger. A tel point qu’il en ressort une sensation de fragilité qui s’atténue assez rapidement cependant. Le carbone est fin, peu massif et ça se sent.

Léger ne signifie toutefois pas équilibré. Et lors de ce premier test, l’emploi d’un Patson remonté vers la poignée ne permettait pas d’optimiser l’équilibre de la canne. Mais c’est juste une question de réglages.

Coté lancer, le maître mot est la douceur. On sent une canne à l’action très étudiée qui travaille sur toute sa longueur avec un maximum d’activité ressentie entre la moitié et le tiers supérieur du blank. On est très loin des cannes avec une action de pointe marquée. Avec la NRX, on est dans le haut de gamme des actions « modernes » mais un poil trop uniformisées à mon goût.

Une lanceuse efficace pour soies flottantes.

Avec une soie flottante, même s’il s’agissait d’une Rio Pike, la NRX est à l’aise. Projeter des mouches à longue distance n’est pas un problème et on se prend vite au jeu de trouver les limites. Et il faut bien avouer que le lanceur capitule avant la canne. La technicité de l’outil est indéniable, les boucles peuvent être piquantes à souhait et la canne s’avérer gourmande en soie lors des shoots. Le contrat est donc rempli pour loomis qui sort là un très grande canne pour lancer confortablement des mouches à longue distance.

En soie intermédiaire, classe et confort sont aussi au rendez-vous. Les arrachés sont nerveux et puissants, les posés demeurent tout aussi maîtrisables ce qui va permettre d’aller chercher les poissons loin en réservoir ou en rivière.
En noyée notamment, cette canne devrait faire des merveilles. Sa longueur, sa capacité à lancer à longue distance alliées à sa légèreté et sa souplesse en font d’ores et déjà sur le papier une arme de choix par haut débit. Et que dire de son potentiel pour pêcher en réservoir ? Tout simplement gigantesque.

NRX VS Nti : le non match.

Mais voilà, car il y a un mais, ceux qui rêvaient d’une « super GLX » ou d’une « super Nti » risquent d’être déçus : la NRX ne joue pas dans la même catégorie. En raison de son action “mid-flex” la NRX ne se place pas sur le même créneau que les cannes à action de pointe.

La Nti par exemple est à mes yeux l’outil parfait pour matraquer les bordures ou les profondeurs toute une journée à l’aide de streamers casqués tungstène et de soies plongeantes. Sans être brutale, elle est suffisamment ferme pour encaisser les chocs et les erreurs au lancer. Sur ce point, la NRX ne pardonne rien. Elle propulse vigoureusement les soies plongeantes à longue distance mais la moindre erreur dans le rythme, dans l’énergie transférée lors de l’arraché ou à l’accélération de la soie nuit grandement à la maîtrise du posé. Cela s’est avéré particulièrement vrai avec une Teeny 250 mais moins criant avec une forty + Di 7.
Cette canne demande donc du doigté et un peu d’habitude pour pratiquer les pêches lourdes. De même, l’action « mid-flex » n’est pas forcement la plus adaptée pour violenter un streamer casqué.
Toutefois, si on l’exclu de ce champ d’application réduit et extrême, animer de petits streamer à perche ou à truites ne lui posera pas le moindre problème.

L’IMX des temps modernes ?

En conclusion, cette nouvelle canne de chez loomis est une très bonne canne. D’action plutôt douce, c’est un outil particulièrement étudié pour lancer à longue distance. L’emploi de la nouvelle résine a permis un gain de légèreté perceptible sans affecter les performances de la canne.

Elle ressemble un peu à l’IMX en son temps : une canne douce mais capable de propulser les leurres sans efforts. Les amoureux des cannes à action de pointe marquée devront encore patienter un peu avant de trouver une canne capable d’assurer la succession de leur GLX. Mais nul doute que les fabricants mettront à profit les possibilités offertes par le blank incorporant des nanorésines pour compléter ce créneau. A moins que les autres cannes de la gamme n’expriment des qualités dans ce domaine différentes de celles de la 10 pieds soie de 7. En attendant on peut commencer à se faire la bras avec cette NRX qui est l’outil idéal pour pêcher avec une canne longue et puissante sans en avoir l’impression.

Fred