Erratum : tout d’abord, j’apporte un petit rectificatif quant au nombre de chapitres qui sera finalement de 6, au lieu de 8 comme prévu initialement.
LE COLLAGE DES BRINS

A chaque nouvelle étape, le caractère « émotionnel » de cette aventure est grandissant. Une fois la phase du collage achevée, il sera possible de commencer à « caresser » la future compagne de pêche et entrevoir ses qualités et ses défauts.

Là encore, bien que les premières cannes en bambou refendu aient plus d’un siècle d’existence, la géniale machine nécessaire à l’opération de collage n’a toujours pas été supplantée.

Après l’encollage des brins à la colle PU ….

… ces derniers sont « pris en charge » sur l’outillage par une cordelette qui remplit 3 fonctions (la mise en rotation, le serrage des brins entre eux et l’avance de l’ensemble) et qui permet une parfaite mise en place du fil de ligaturage qui doit « emmailloter » la canne jusqu’au parfait séchage de la colle. Pendant le temps de prise, soit environ 1/2 heure,  la rectitude du brin peut être ajustée.

Ci-dessous, 4 talons et scions ligaturés sont en cours de séchage. Sur celui du bas, l’on peut constater l’oubli malencontreux de la deuxième passe de ligaturage qui doit être croisée avec la première …

LA FINITION DES BLANKS

Nos brins collés débarrassés de leurs ligatures sont donc devenus des blanks. Un “grattage” puis ponçage soigneux destinés à enlever les traces de colle s’imposent. Ils sont effectués au moyen d’une lime de carrossier, puis de paille de fer surfine.

Pour le vernissage, plusieurs techniques plus ou moins sophistiquées existent. En ce qui me concerne, j’ai choisi la plus simple : au pinceau.

3 couches sont passées à 24 heures d’intervalle avec, entre chacune, un ponçage léger.

Il faut noter que les progrès techniques réalisés par les fabricants de colle durant ces dernières décennies rendent presque facultative cette opération considérée autrefois comme primordiale afin d’empêcher l’eau de pénétrer entre les baguettes de bambou.

Le marquage, réalisé à l’encre de chine et “emprisonné” entre plusieurs couches de vernis, permet d’apporter une petite note esthétique supplémentaire à l’ouvrage.

LES VIROLES

Ici encore, un panel de techniques est proposé au constructeur pour assurer la liaison entre les blanks. La plus courante reste l’emploi de viroles en maillechort, un matériau facile à usiner, relativement stable aux variations de température et résistant à la corrosion.

Ces viroles peuvent être réalisées au moyen d’une perceuse, mais l’emploi d’un petit tour à métaux facilite grandement la tache.

Le dégrossissage de ces pièces est effectué au moyen d’outils classiques (fôrets, outils à dresser, à tronçonner). La finition doit être méticuleuse car l’appariement des viroles mâle et femelle requiert un ajustement inférieur au centième de mm. Pour cette opération, abrasifs très fin, limes aiguilles, laine d’acier et …. huile de coude sont de rigueur.

2 viroles femelles achevées.

Les viroles sont collées sur les blanks au moyen d’une colle époxy bi-composants. Le séchage se fait “canne assemblée” dans un guide rectiligne (ou sur le gabarit de finition) qui garantit un parfait alignement de l’ensemble. Un ligaturage, réalisé en même temps que ceux destinés aux anneaux, vient parachever la tenue des viroles.

Prochain épisode, le 20 février 2017 : 5/6 Les anneaux, la poignée, le porte-moulinet.