Si vous avez lu la présentation de l’opération “A ton étau”, vous savez déjà que cet article va vous présenter le matériel dont vous allez avoir besoin pour fabriquer les artificielles qui vous permettront d’attraper des poissons. C’est notre challenge et nous allons tout mettre en oeuvre pour réussir.

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Je souhaite être très clair, il n’est pas question pour nous de vous indiquer un modèle précis à acheter (même si, bien sûr, nous vous donnerons des liens pour que vous puissiez voir le matériel). Il y a des éléments que nous ne connaissons pas : quel est votre budget ? Souhaitez-vous acheter du matériel de “base” pour, éventuellement, acheter plus haut de gamme si le “fly-tying” vous plaît ou acheter tout de suite le “top du top” et “vous faire plaisir” ?

Notre objectif est de vous donner les critères qui nous semblent essentiels pour vous aider dans votre recherche et acquérir le matériel qui répondra à vos besoins tout en respectant vos contraintes.

L’étau :

Ce sera bien sûr une des pièces maîtresses de votre “outillage”.

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Celui-ci, après plus de 20 ans de bons et loyaux services me sert encore pour les très grosses mouches (brochet).

Ses atouts : le prix 😉 , le système de blocage de l’hameçon très simple.

Inconvénients : les mors sont un peu “gros” à leur extrémité et du coup pour les petits hameçons, l’utilisation n’est pas très aisée.

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Celui-ci a une tête beaucoup plus fine (il existe 3 modèles de têtes utilisables en fonction de la taille des hameçons) qui permet de monter les hameçons les plus petits. Il est rotatif, le porte-bobine est intégré etc… mais le prix est plus élevé.

A mon avis, un élément important dans votre choix est d’acheter (ou de vous bricoler) un socle en même temps que l’étau. Vous serez beaucoup plus à l’aise pour travailler qu’avec un étau fixé sur le bord dela table par un “serre-joint”.

Le fait que l’étau soit rotatif est un plus certain ; Même si vous n’enroulez pas tous les matériaux “à la manivelle”, vous pourrez facilement faire faire un quart ou un demi-tour à votre tête d’étau pour accéder au dessous de votre mouche par exemple et cela vous simplifiera la vie dans bien des cas.

Quelques modèles (liste bien entendu non exhaustive) :

Pecheur.com, Ardent, Angefly.

Porte-bobine :

L’étau choisi, vous allez voir que le reste des outils est ce que l’on pourrait appeler du “petit matériel”. Commençons donc par le porte-bobine. Comme son nom l’indique, il va vous permettre de guider la soie de montage et de la garder tendue pendant la réalisation de la mouche.

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Un seul critère à retenir : qu’il ne coupe pas le fil de montage pendant que vous faites des enroulements autour de l’hameçon. Pour cela, un modèle à tête céramique doit vous éviter cet inconvénient (encore que, j’ai eu un modèle céramique qui coupait le fil, pour pallier cet inconvénient, j’ai collé une petite perle en haut de la tige où passe le fil et depuis plus aucun souci).

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Le coût des porte-bobine est faible, je vous recommande d’en acheter au moins 2. Cela vous permettra de travailler plus facilement quand vous aurez 2 fils différents à utiliser pour un modèle ou, tout simplement, de ne pas changer la bobine à chaque fois que vous montez une autre sorte de mouche.

Mon coup de coeur : ce modèle où la tension du fil est réglable.

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Pince à hackles :

Si vous êtes complètement débutant, je dois tout d’abord vous préciser que le “hackle” est le nom (en pêche à la mouche, beaucoup de dénominations viennent d’Outre-Manche…) des plumes de cou de coq que l’on va enrouler autour de l’hameçon pour imiter les ailes des insectes. La pince à hackles va donc nous servir à réaliser cette opération.

Là aussi, le coût des pinces à hackles est dérisoire, n’hésitez pas à en acheter au moins deux.

Voici quelques modèles :

atonetaumatpincehackle3Le plus simple, mais très efficace. Attention sur certains modèles le “cercle” où l’on insère le doigt pour tourner la plume est trop petit.

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Voici un modèle un peu plus évolué. Un bouton-poussoir permet de faire sortir un “crochet”…

atonetaumatpincehackle5 et de pincer la plume une fois que l’on relâche la pression.

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Un dernier modèle, articulé pour faciliter les enroulements.

Les ciseaux :

Outil indispensable bien sûr pour couper le fil, les plumes et tout ce que l’on va utiliser. J’ai choisi d’en prendre plusieurs modèles : 2 paires à bouts pointus pour le fil, les plumes et une autre paire pour tout ce qui est métallique (tinsel pour cercler les corps, cuivre ou plomb des nymphes…). Cela me permet de garder ma première paire en bon état et surtout qu’elle coupe à la perfection.

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J’ai même en stock 😉 une autre paire de ciseaux longs pour les montages “dubbing-loop (nous verrons bientôt de quoi il s’agit).

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Je serais tenté de dire que vous avez maintenant suffisamment de matériel pour attaquer le montage. Il existe néanmoins d’autres “outils” qui vont vous faciliter la tâche. je vous les présente, à vous de voir si votre budget et votre envie vous autorisent leur achat.

Le Whip-finisher :

Outil pour faire le noeud final en français ;). Je vous montrerai, bien sûr, comment réaliser ce noeud (et d’autres) à la main. Mais un outil permet de le faire plus facilement et plus rapidement.

Je vais vous présenter 2 types d’outils.  Je dois vous avouer que je n’ai jamais réussi un noeud final avec le premier…

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… et je ne suis pas le seul. Un jour, avec Jean-Yves et Stephan, cela nous a valu une franche rigolade car aucun des trois n’arrivait à faire un noeud avec ce genre d’outil.

Par contre aucun problème avec celui qui suit.

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L’aiguille à dubbing :

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Elle va permettre d’ébouriffer le dubbing (fibres naturelles ou artificielles utilisées pour réaliser le corps ou le thorax de l’insecte) et donner à l’imitation un aspect plus réaliste.

A l’opposé de l’aiguille, le tube est souvent creux (on l’aperçoit sur l’image en-dessous), ce qui permet de réaliser des noeuds d’arrêt.

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L’aligne poils :

On insère les poils utilisés (souvent du chevreuil) à l’intérieur et il suffit de tapoter l’outil sur la table pour qu’ils soient tous alignés par la pointe.

Vous en aurez besoin dans la deuxième vidéo que je vous proposerai 🙂

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Le twister à dubbing :

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J’ai commencé à expliquer un peu plus haut ce qu’était le dubbing. Nous le reverrons en détail dans les vidéos de montage (différents matériaux, différentes façons de l’utiliser etc).

Cet outil vous permettra de vriller sur du fil les fibres qui constitueront une mèche de “dubbing” que vous pourrez ensuite enrouler sur l’hameçon. Il est important qu’il soit assez “lourd” pour bien tendre le fil.

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J’aime bien ce modèle dit “turbo-twister” car la tige ne tourne pas et le roulement à bille de la tête fait que l’on réalise très rapidement la mèche de dubbing.

Le pousse poils :

Il va vous permettre de tasser les poils de cervidé sur l’hameçon. Utilisé pour les mouches à black-bass et pour un modèle réputé (à juste titre), le sedge Goddard qui est réalisé en poils de chevreuil montés sur toute la hampe et ensuite taillés assez ras.

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Préférez le modèle de gauche. La surface qui appuie sur les poils est plus large et ne les coupe pas (ce qui arrive parfois avec l’autre modèle).

Passe fil :

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Cet outil permet d’enfiler le fil sur le porte-bobine. Comme l’aiguille à dubbing, certains modèles possèdent une extrémité “creuse” qui permet de réaliser des noeuds d’arrêt.

Pour être honnête, il n’est pas indispensable. Pour enfiler le fil, on l’amorce à un bout du porte-bobine et on aspire à l’autre bout. Ca prend 3 secondes ;).

Magic-tool Marc Petitjean :

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C’est vrai que le prix est un peu élevé pour le magic-tool. Les esprits chagrins diront que l’on fait aussi bien avec une pince à dessin. En ce qui me concerne, j’ai acheté cet outil lors de sa sortie au salon de Paris. Je pense que ça fait pas loin de 20 ans !!! Inutile de dire qu’il est largement amorti.

En plus, il y a 3 ou 4 ans, Marc m’a donné en remplacement des élastiques des ressorts adaptés aux différents outils. Difficile de trouver plus sérieux au niveau S.A.V.

Je m’en sers systématiquement pour mes modèles “dubbing loop”, je n’ai pas trouvé mieux pour insérer les fibres dans la boucle de fil.

Brûle-fibres :

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J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de ce brûle-fibres JMC. Vous pouvez lire le test que j’ai écrit ici et voir sur cette vidéo de montage son utilisation.

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Conclusion :

Comme je l’ai dit au début, j’ai essayé de vous présenter le matériel de montage nécessaire au montage de mouches. A vous de choisir ce qui vous convient en gamme de qualité et de prix. Ce n’est pas moi qui tiens les cordons de la bourse … mais vous ;).

Pensez aussi qu’il existe des kits de montage (kit pecheur.com, kit Ardent …).

Dans le prochain article nous verrons les matériaux essentiels (plumes, poils, fibres etc) dont nous aurons besoin. Il ne s’agira pas d’une approche exhaustive, cela ressemblerait au catalogue de “La Redoute” en nombre de pages.

Et ensuite, nous commencerons le montage. les deux premières vidéos sont déjà prêtes.

Rappelez-vous notre objectif : vous faire attraper, dès cette année, des poissons avec des mouches que vous aurez montées.

Vous nous suivez toujours ?

A bientôt,

Patrick