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DORDOGNE – ” Un réveil en douceur…”

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Ce début de saison 2018 raisonnait avec espoir,  l’espoir de voir plus de mouches et de gobages que l’année dernière à cette même époque… mais la météo de cette hiver fut radicale: de l’eau et de l’eau. ( tant mieux pour nos rivières)

Seulement, depuis l’ouverture un manque crucial d’insectes se fait ressentir sur la riviére, la Dordogne semble endormi dans ses eaux glaciales. Aucun gobages sur le bas autour de Souillac et pas mieux du coté de Beaulieu. Il continu de pleuvoir et le vent se lève rendant la pêche parfois quasi impossible! ( J’en aurai pleuré 😉

Bref, ces derniers jours la météo deviennent plus clémentes et les niveaux plus sage… alors, quelques journées trahissent la misère de ce début de saison et les 1er gobages redonnent espoir… mais c’est qu’un début.

La chaleur est annoncé pour les jours à venir… peu être que cela pourra changer la donne… croisons les doigts  😉

Matthias P.

 

Desserrer la Vis

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Qui n’a jamais été impatient à l’idée d’une virée entre potes ? Qui plus est, quand celle-ci a été négociée pour un week-end prolongé…
Après des retrouvailles que nous qualifierons de « classiques » (comprendrons ceux qui se connaissent depuis leurs soirées étudiantes), nous voilà sur la route, direction les Cévennes. À votre avis, un toqueur, un vaironneur et un moucheur sont dans une voiture, qui conduit ?
Bref, la dourbie, la vis et l’hérault seront au menu de ces 3 journées entre amis. Après un arrangement avec le propriétaire du gîte pour les clés (finalement, il laissera la porte ouverte), nous voilà parés pour affronter les zébrées du sud-est. Je ne pourrais vous raconter ici tous ces moments de plaisirs, tant vous comprendrez que chacun fut d’une jouissance tantôt passionnelle et très souvent amicale que dire, assurément fraternelle.
A 3 kilomètres à vol d’oiseau mais 40 minutes en voiture (il n’y a pas de routes transversales dans ces vallées…), nous longeons la vallée de la Vis, et il faut se rendre à l’évidence, nous ne sommes pas les seuls à venir taquiner ces hôtesses. Trouver l’accès n’est pas si aisé mais avec un peu de témérité et d’attention dans la descente, les berges vous accueillent sans sourciller, enfin faut le dire vite car il vous faudra affronter les buis, les ronces et autres blocs minéraux.
Malgré un fond navrant (sans parler de colmatage, tout notre secteur révélera des traces/algues brunes sur l’ensemble du substrat), la rivière est vraiment magnifique, alternant zones de radiers, veines puissantes aux caches innombrables, courants porteurs et gourds insondables, un royaume truitesque sans nul doute !
Vers, vairons/leurres et nymphes nageront sous les assauts printaniers d’une météo bien agréable. Bon, je ne vous mentirai pas, la technique reine ne sera pas la mouche. Malgré billes de 4, de 3,5, de potences diverses et variées, rien n’y fera. Il me faudra attendre les petites ailes de l’après-midi, enfin, plutôt de 15h… vous l’aurez compris, ce ne fut pas une éclosion de dingue.
Cependant, deux occases se présenteront, une en nymphe à vue, l’autre en sèche. Pour la première, il me faudra plomber plus que je ne l’aurai pensé. En effet, 2, 3 passages en 2,5mm ne sauront susciter quelques écarts mais la même imitation en 3mm, me vaudra un début de vaillance soldé dans la minute, par un au revoir sans regard. La seconde occasion me verra dériver une émergente olive en hameçon caddis. Le passage opportun sera le 3ème et se soldera par un ferrage…dans le vide. Une bien belle journée au cœur de cette vallée , entre rires, partages et chambrages collégiaux.
Bon, je sauverai quand même la capote grâce à la technique de mes débuts, merci Sebinho.
Je pense que je n’ai pas été assez sérieux dans mon approche, bien trop heureux d’être là, bien entourés, à profiter avidement de ces moments. Il y avait moyen de les prendre sous l’eau mais j’ai été bien peu humble assurément.
Une belle découverte en tout cas !

Amoureux

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5h00, ce n’est pas paris qui s’éveille mais bien mon impatience à me retrouver enfin, auprès de cette belle obsédante. 5H30, j’hésite mais à tourner virer, je n’en peux plus. Me voici à errer dans le noir, tâtonnant chaises et meubles de cet environnement familier. Nous ne partirons qu’à 7h30 et pourtant l’œil est plus que vif. Préparation du petit déj’, lecture magazines, les aiguilles languissent. Je me recouche et espère cette sonnerie, délivrance absolue.
Enfin, la route s’ouvre vers cette destination chère à nos âmes pécheresses. Compagnon matinal, le soleil enchantera notre parcours jusqu’à notre arrêt, en rive droite. Vision avérée d’une rêverie de chaque nuit, je goûte, égoïste, à ce retour passionnel, redevenu si palpable. La voilà, celle pour qui, je soupire d’envie. Reflets d’argent, veines d’or, premiers émois émeraude, tout demeure ici rassemblé en un paysage invitant à la luxure intimiste.
Le pas enthousiaste, presque trop, il faut maintenant la rejoindre et s’immerger goulûment. Les gestes ne sont que réflexes et bien mal ordonné. Il faut réapprendre et se poser, retrouver ce calme nécessaire pour observer, lire puis s’autoriser à espérer celle qui voudrait être la première, la plus belle d’entre toutes, celle qui encourage, accompagne, valorise et bien sur, foudroie, même le plus expérimenté d’entre nous.
Les dérives recommencent, plus précises, plus harmonieuses. La ligne déployée soigneusement, nous voici en son sein, lové, câliné presque. L’espoir n’est en fait qu’usurpation temporelle d’un échange qui se présage. Bientôt, la bise est là, comme le cadeau du premier né, ce présent inoubliable, conservé à jamais dans le cœur et l’esprit. Débat illusoire qui bientôt fini dans un regard, une caresse sensuelle puis un au revoir fragile.
Nous passerons sur les prochaines, et surtout sur cette friponne qui restera dans sa cache par un ferrage d’amoureux précoce…
Elles sont là, en forme et déjà capricieuses !! Les fenêtres sont courtes comme tout début de saison mais contre un peu de réactivité et de disponibilité, elles sauront chatouiller votre égo.

Dur,dur

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Salut,

 

Cela  fait bien  4h30 que je fouette presque inlassablement  dans cette eau gelée ,mon  corps exposé a ce foutu  vent de Nord qui me glace les os tout autant que le cours d’eau.

Mais  force est de constater que la rivière parait comme  vide ,pas une ombre de vie .

Les prévisions meteo de ce matin laissaient présager ce type de verdict  mais bien  sur j’ai passé outre ;pourtant des 8h,les relevés annoncent -1°C  ressenti -7°C  a Limoges,je ne pourrais pas dire que je ne savais pas!

Cela fait plusieurs années déja que je voulais visiter ce No Kill d’Eymoutiers sur la Vienne mais toutes les excuses étaient bonnes pour trouver mieux et moins loin  a  faire et le temps passe…

Cette fois ,je me décide,meme s’il est tot en saison,tant pis ,au  moins on découvrira du neuf,et ca c’est toujours intéressant.

Il me plait bien ce parcours,le petit village  est sympa aussi

Ce qui l’est moins ,ce sont mes pieds que je ne sens plus au bout de 2h;mes mains,transies,la droite par la bise ,et la gauche  par le gant que j’avais pris soin d’emporter  mais mouillé au bout d’une heure apres le sauvetage express d’une glissade qui aurait pu etre fatale!

Meme   le soleil  pourtant annoncé, est aux abonnés absents ce qui  accentue encore  l’atmosphere glaciale.

Je me surprends  a révasser  et a inventer ces ombres  qui surgissent de la berge pour venir happer ma nymphe sous cet arbre creux,mais rien ne bouge.

Allez,14h30,la route est longue pour le retour et le chrono tourne

Je  ne saurai dire si c’est ce rayon de soleil qui se met a percer,ou ces 2/3 insectes apercus amorcant un décollage frileux ou cette bordure protégée du vent par ce muret de pierre  ou bien tout a la fois;pourtant  c’est bien un petit poisson qui gigotte mollement au bout de mon fil,puis un autre et encore une troisieme jolie truite qui regagne ma main  en a peine 10′,sur 10 m de rivière!

Les voila enfin,comme inespérés  ces précieux trésors , qui se sont fait si longtemps attendre.

Mon entétement habituel a finalement eu raison de ces conditions difficiles et de ce  début de saison qui ne l’est pas moins.

Je reviendrai plus vite je l’espère,  qu’il m’a fallu pour me décider,rejeter un oeil dans ce joli coin,surtout si l’on peut y voir quelques ombres le nez en l’air.

Mais vivement que ca se réchauffe!!

jlk

 

 

Juste une dernière danse.

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D’où qu’elles proviennent les prévisions ne sont pas bonnes. Les sites de débits montrent que les éclusées des barrages en amont sont en chemin et tous les sites météo annoncent de très importants cumuls de pluie pour demain et la semaine à venir. Il n’y aura sans doute aucune autre opportunité de pêcher l’ombre cette année.

Le débit est pourtant assez élevé ; voisin de 115 m3/s sur le secteur mais j’ai envie d’une dernière danse avec les ombres.

Il est 13 h lorsque je quitte les chapiteaux bruyants de la fête de la truffe de Cuzance. L’odeur enivrante du champignon persiste encore dans la voiture depuis ce matin bien que sa source ait disparue. Elle me suivra toute la journée.

14 h, les premières mouches sont au rendez vous comme les premiers ronds. Compte tenu des débits, bien peu sont accessibles et tous les poissons qui sont à portée ont déjà connu le fer.

Le premier pourrait être qualifié d’ombre du syndicat d’initiative. Il gobe à moins de 10 m du bord, en face de l’arrivée principale de ce spot. On ne voit que lui quand on arrive. Depuis que je le connais, je ne lui ai jamais fait la blague. J’ai toujours fait une erreur qui l’a irrémédiablement bloqué.

Il faut dire qu’un courant véloce coule entre le bord et sa position qui s’établit en bordure d’un calme au delà de la veine infranchissable pour le pêcheur.

Très concentré, je sais que je n’aurai qu’une seule occasion de le faire monter. Si je le rate, comme tout poisson hyper éduqué, il deviendra impossible à faire.

Jouant le tout pour le tout, je mets d’entrée la bombe atomique du moment. Mes premières dérives se passent étonnamment bien. Malgré la configuration du poste pas évidente, mes dérives sont longues et propres. Le seul soucis, c’est qu’il bouge sans arrêt dans son calme. On pourrait d’ailleurs à ce titre le prendre pour une truite si sa nageoire dorsale ne crevait pas la surface de temps en temps.

Il ne me manque plus qu’à le cadrer. Il regobe une première fois tout à l’aval de son poste. Puis il fait en remontant. J’attends qu’il se repositionne en plein milieu de la veine lisse pour l’attaquer pour optimiser la visibilité de ma petite imitation.

Là, c’est parfait, on dirait une vraie. Gloups. Étonnamment aussi mon ferrage rencontre une solide résistance. La défense de ces poissons dans ces eaux froides est bestiale. Celui ci joue tout en force, tantôt luttant contre le courant, tantôt dévalant.

Ne pas penser au pire, juste combattre. Il ne va pas se décrocher celui là. Centimètre par centimètre, je le ferai remonter et venir sur le bord. Mon F11 est planté en plein milieu de sa mâchoire supérieure au niveau de la pointe du nez : il l’a lui aussi prise pour une vraie.

Cette prise a une saveur particulière parce que ce poisson n’était pas le plus simple que j’ai eu à attaquer cet automne. Je suis gâté pour une dernière danse.

D’autres gobages réguliers se produisent au milieu de la rivière. Le seul soucis, c’est que pour y aller il faut vraiment s’engager dans du wading profond. En soi, cela ne me fait pas peur mais vu les turbulences que cela entraîne, cela cale beaucoup de ces poissons peureux. C’est ce qui va se produire avec les deux premiers. Une fois à portée, fin des ronds.

À petits pas mesurés, je me dirige vers un autre poisson. La progression lente me permet de profiter pleinement du spectacle. Par petits paquets, les petits éphémères à ailes dressées fondent sur son poste. C’est un régal de suivre des yeux celle qui se dirige vers le poisson et qui immanquablement disparaîtra dans le prochain gobage.

À chaque fois, la taille de la dorsale qui affleure indique qu’il s’agit d’un beau poisson. Il est lui aussi très mobile. Il peut gober plusieurs mouches de suite en se laissant dévaler sur 5 mètres, se décaler vers le milieu, remonter, revenir vers moi en montant vers l’amont. En fait il gravite autour d’une turbulence en surface qui traduit la présence d’un herbier sous l’eau un peu en amont.

Il s’alimente dans trois veines distinctes laissant penser qu’il y a plusieurs poissons. Celle du milieu est turbulente, celle au delà est assez lisse tout comme celle de mon côté. Je remarque assez vite que je vois mal ma mouche dans les turbulences de la veine centrale. Stratégiquement, il vaut mieux choisir de l’attaquer dans une veine lisse. C’est décidé, je vais attendre qu’il vienne près de moi cela sera un jeu d’enfant de bien dériver sur ce billard le long de l’herbier.

En attendant qu’il soit bien placé, cela me donne l’occasion de parier sur les prochaines victimes de cet ombre. 10 m en amont du poste, je sélectionne le petit voilier connaîtra un funeste sort au moment précis où il passe sur le poisson. Gloups !

Enfin, comme prévu, le poisson est repassé du bon côté de l’herbier et cela a été au tour de ma mouche de se faire happer. Au piquant, le paisible poisson s’est transformé en furie. Coups de têtes, vrillages sur lui même, rush vers la berge opposée et pour finir chandelle.

La vue de son corps arqué dans le soleil rasant sera le dernier souvenir qu’il me laissera. Décroché.

Les derniers ronds des ombres s’évanouissent déjà. Comme un clin d’œil à la prochaine saison, une sulphure entame sa dérive à mon niveau. Rendez vous l’année prochaine maintenant selon toute vraisemblance pour vous revoir canne en sèche en main. Et merci pour cet automne fabuleux que vous m’avez offert comme pour cette dernière danse.

Fred

Prospection.

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Samedi jour 1. Après un rapide tour au marché de Sarlat pour refaire les provisions en saucisse de foie, direction la Belle où jumelles en main, je compte bien prospecter des secteurs que je connais très mal.

Je privilégie les points hauts pour avoir un maximum de visibilité. Malheureusement, les débits élevés (environ 120 m3/s) masquent la plupart des coups.

Il faut donc se rapprocher, arpenter, trouver des accès, se tromper une fois, deux fois, cinq fois pour trouver une piste, un spot hypothétique. Les paysages sont superbes, la beauté des paysages se combine avec les trésors architecturaux du Périgord noir. Mais toujours pas le moindre gobage. Toujours pas la moindre mouche.

Reprendre la route, changer de berge, se repérer sur la vue satellite… C’est beau mais pas à ces débits.

Puis ce chemin de terre, le long de la berge opposée un rond, des ronds dans les jumelles. Finir la prospection de cette rive avant de sauter le pont. Puis pêcher. Avec de l’eau au genou, je peux attaquer des ronds gras de beaux poissons collés au bord. J’ai trois beaux poissons à portée.

Le premier est un ombre qui prendra ma mouche au moment où je relève. Il vient gentiment au creux de ma main me laisser admirer ses formes rondes. Le deuxième au ferrage me prendra 10 m de soie et explosera mon bas de ligne à la reprise sur le moulinet : soie bloquée dans la manivelle, ça ne pardonne pas. Truite ?

Le troisième est également un ombre très gentil. Je l’amènerai à mes pieds avant qu’il se déferre.

Vers l’aval, l’activité bas son plein malgré une éclosion clairsemée. Je piquerai 4 poissons de plus non sans mal car sur cette partie accessible, les poissons sont tendus. Il est évident qu’ils sont pêchés, très pêchés. Il faut vraiment bien dériver pour les faire monter et tous prennent du bout des lèvres ce qui se traduira par 4 poissons dépiqués dans les trois premières secondes de combat. La nuit glaciale qui arrive me fait sortir de l’eau. Il fera jour demain.

Dimanche jour 2. Gonflé à bloc, boite à mouche remplie de modèles fraîchement montées, je suis prêt pour en découdre à nouveau avec ces ombres tatillons comme je les aime. Le soucis est d’une part que le niveau est légèrement plus haut que la veille et surtout qu’il fait très froid. L’eau est glaciale et les températures à peine positives.

Après avoir enfilé deux paires de chaussettes et trois sous vêtements en polaire sous le wader, je rentre dans l’eau accompagné de Matthias. Les poissons sont toujours là mais il y a très peu de mouches. Les gobages sont sporadiques et les poissons très très très comment dire… GGRRRR ! Comme on a besoin de vues subaquatiques de beaux poissons,  je me concentre sur les plus jolis ronds sans avoir de succès. Avec le froid intense, tout est plus difficile. Le vent, les remous de la surface, le soleil rasant en face de nous, les poissons très compliqués tout se ligue contre nous.

Après de multiples permutations sur le poisson sélectionné, en me mettant au maximum de ce qu’il est possible de faire après trois quart d’heure sur le même objectif, j’arriverai à lui faire manger ma mouche et à le ferrer. Il aura fallu sortir une mouche “création originale” , attendre le moment sans remous en surface, sans vent et le taper plein fer sur dérive courte pour être tendu. Un truc de fou pour finalement le décrocher dans la première seconde de combat. Les boules.

Le constat est sans appel. Le ratio de poissons piqués / poissons en main est ridicule depuis 15 jours en fait, depuis que les éclosions ont changé, depuis que les cormorans sont là. Fini les grosses mouches et les poissons gentils, il faut taper dans du 20/22 pour les intéresser et pas faire de vagues lors de l’approche. On a à faire à des poissons peureux, sélectifs, mobiles mais qui ne se déplacent pas sur la mouche. Et qui se déferrent systématiquement. J’ai pourtant essayé pas mal de choses sur la conduite des combats, j’ai monté mes mouches sur trois modèles d’hameçons différents en profil mais rien n’y fait : j’échappe tout.

Bilan de la journée une jolie leçon de la part des ombres avec seulement deux poissons de décrochés pour moi et autant pour Matt.

Lundi jour 3 : c’est décidé, je ne reviendrai pas sur le spot des deux jours précédents bien que certain d’y trouver des ronds. Il faut profiter de l’éclosion de l’après midi pour trouver de nouveaux bancs.

Et c’est reparti pour arpenter les sentiers de gibiers le long de berges abruptes. Je me focalise sur un secteur peu profond où ça pue l’ombre mais sans certitude. J’ai bien scruté 800 m de rivière, mètre par mètre avant d’apercevoir les premiers ronds 300m en amont de ma position.

Vite changer la voiture de place, s’habiller et rentrer dans l’eau. Pourvu qu’ils soient gentils. Car ma fille est partie ce matin au lycée en me taxant ma veste. Et ma boîte de mouche récente est restée dans la poche. Je pioche une mouche sur l’accroche mouche et je me concentre sur le plus beau rond. À la première dérive je vois passer l’étendard : pendu. Trois secondes après il est toujours au bout ce qui est une victoire en soi. Il est solide, met de bons coups de tête, dévale, dévale non pas ça… Perdu.

J’ai bien réfléchi à ce qui se passe et je pense qu’en fait plusieurs facteurs se cumulent. L’eau est froide, haute et les poissons vigoureux. Cela déploie beaucoup de force lors des combats.

Les hameçons de petite taille ne peuvent pas attraper beaucoup de chair au ferrage. Combiné à la rapidité pour recracher des poissons, quand ça accroche, c’est souvent un minuscule bout de peau. Il est logique que ça décroche plus souvent que sur les gros hameçons.

Il me reste encore quelques poissons à attaquer. Malgré l’éclusée géante qui arrive, la fin des éclosions qui nous mettaient trois heures de champagne les bonnes journées, les emmerdes avec la modération du site qui m’affectent, je tente de savourer ce moment rare. On est début décembre, je viens de passer trois jours à pêcher l’ombre en sèche dans la somptueuse vallée de la Dordogne au coeur du Périgord noir. J’ai découvert de nouveaux spots, dégrossi 15 bons kilomètres de rivière depuis la berge accès compris, j’ai validé de nouveaux modèles de mouches. Et quelques poissons m’ont fait l’honneur de gober mes mouches.

Elle n’est pas belle la vie ? Une dernière photo de ce tronc déformé de manière atypique par l’usure de l’eau et je file au boulot. Ce soir, finalement, je dormirai bien.

Fred

En eau salée à défaut d’eau plate

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La Belle n’a pas voulu de nous en ce jeudi 16 novembre! enfin, il serait plus juste de parler des gestionnaires de barrages, qui, sans inquiétude aucune, turbinent à bloc à la veille d’un gros “week end touristique pêche”: la fermeture de l’ombre dans la vallée de la Dordogne… faut bien faire du chauffage madame!

Heureusement, les éclaireurs en place depuis la veille ont pu jouer les lanceurs d’alerte! Nous étions près à faire 5H de route pour passer un beau et long weekend autour de ses berges automnales. Quelle aurait été notre déception, si arrivant sur place, nous avions trouvé la rivière à l’état boueux!

Qu’à cela ne tienne, je resterais sur Montpellier… Même si le cœur n’y est pas suite à la déconvenue dordognesque, il fait beau, j’ai un peu de temps, direction les flats de Frontignan!

L’étang D’Ingril m’accueille dans ses plus beaux apparats, brise du sud-ouest légère mais suffisante pour faire friser la surface de l’eau, ciel bien dégagé et beau soleil, c’est parfait! j’ai du temps devant moi, il est 13h30. après 1/2heure de marche, les 3 grandes anses qui se présentent à moi sur plus d’un kilomètre ne seront normalement productives qu’au soleil tombant, quand les loups se rapprochent des bordures pour chasser. je parcours la première anse en mode ballade, je fais des photos, je scrute la surface, les contours de rochers affleurants, les mouvements de la friture qui n’a pas l’air affolée du tout, preuve qu’il n’y a pas de chasse en cours!

La ballade est agréable, les anses peu profondes (60cm max) permettent une traversée les pieds dans l’eau des plus sympa, à cette heure-ci il fait encore 16°C!

la deuxième anse se présente, il est 14h30, je suis en avance mais tant pis, je vais pêcher, conscient que ce n’est pas le meilleur moment, mais je compte sur la troisième pour être la plus productive en fin d’après-midi.

Je chausse les doigts de stripping, le gant de protection sur l’autre main, je monte la canne, noue un petit clouser léger au bout du bas de ligne, et c’est parti! Comme prévu, c’est le calme plat, pas une chasse, pas une attaque, les loups sont au repos. Ce n’est pas bien grave, je profite… Arrivé au bout de la deuxième anse, je n’ai rien vu, mais j’ai sorti de la soie, c’est déjà pas mal.

Il est 16h00, la troisième anse se présente enfin devant moi, je fais une pause et attends de voir si il y a du mouvement qui se déclenche avec la tombée du soleil… le soleil rasant est dans mon dos, ses derniers rayons réchauffent doucement mon cou. Rien ne bouge, je me décide quand même à sortir de la soie avec un gurgler blanc, je peigne scrupuleusement l’ammas de rochers immergés autours desquels j’ai déjà accroché plusieurs petits loups précédemment, mais rien de rien. les loups sont peut-être déjà sortis vers le large… ou tout simplement bien calés. Je n’en sais rien.

Il est 17h00, le soleil a pratiquement disparu de l’horizon, je plie la canne et rentre tranquillement vers la voiture. j’aurais au moins profité du coin, les pieds dans l’eau, une canne à la main!

La Dordogne est déjà loin, on verra en 2018 si elle veut bien s’offrir à nous.

Gras.

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Parce que les ombres nous ont déjà beaucoup donné cet automne, parce que certains jours l’eau est plus haute et le vent plus fort, parce qu’il n’y a pas que la sèche dans la vie, parce qu’il faudra bien un jour que le temps investi dans la pêche au stream rapporte quelques dividendes et parce qu’on avait envie, aujourd’hui nous avions décidé de pêcher le brochet.

Il y a eu ce matin froid, ce vent glacial, ces postes magnifiques pourtant déserts. Il y a eu cette chasse et ce premier poisson, puissant, combatif, fort en gueule.

Il y a eu cette heure avec des mouches à voir des ombres gober. Cette petite gourmandise d’en prendre juste un en passant.

Puis il y a eu ce moment de doute, cette lassitude qui s’installe lorsque le froid revient.

Et enfin il y a eu ce feu d’artifice avec un doublé simultané. Et ce poisson gras mais gras…

La Belle est si généreuse. Relâchez vos rêves.

Fred

Montées à l’arrache.

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Comme souvent en ce moment, avant de partir pêcher, je monte la mouche indispensable pour ne pas me trouver dépourvu. Comme toujours, cela me met irrémédiablement à la bourre mais je continue.

Il faut dire que ces derniers temps ça ne me réussit pas trop mal. Hier par exemple, faute de retrouver mes queues de cerfs roses et bleues pour faire un de mes modèles favori, j’ai torché à la va vite un articulé avec les deux couleurs que j’avais sous la main. Cela a donné un truc hideux mais qui au bout de 10 lancers avait déjà déclenché deux poissons. Au bout de deux heures de pêche avec une perche et un brochet de 70 cm au compteur, elle a fini sa brève carrière dans la gueule d’un autre brochet amené au bateau qui a pris sous le scion totalement hypnotisé par ce stream. #&**@* d’avançon en fluorocarbone.

C’est donc avec deux petites mouches jaunes en poche que j’ai repris la route aujourd’hui pour taquiner les ombres après avoir quitté précipitamment la table du repas dominical. Le temps est pourri mais la route est bordée d’or. Érables, hêtres, chênes se sont en effet parrés de leurs plus beaux atours. C’est la golden week en Périgord.

Arrivé sur l’eau je constate que le vent grille trois coins sur quatre. Comme il est déjà 13h30, je fonce vers un endroit qui est parfois un peu plus abrité ce qui est le cas. Le vent ride l’eau par intermittence mais cela laisse tout de même entrevoir des gobages bien gras. Comme le gros des éclosions est désormais derrière nous, la dérive est modérée et les ronds sont sporadiques.

Bien que très pêchés, les poissons sont gentils. Ils montent sur de belles mouches en 16 et je n’aurai pas à user de mes petites mouches jaunes montées à l’arrache hormis sur un poisson qui nécessitera une permutation. C’est l’ombre de la photo.

Je me sers en effet de ces mouches comme deuxième lame, non pas parce qu’elles ne sont pas efficaces mais parce qu’elles imitent trop les insectes présents et que du coup, les autres pêcheurs les utilisent souvent comme première lame.

Des 7 poissons qui viendront jusqu’à moi, presque tous sont marqués. Sur  les 4 gros que je toucherai, 3 ont les flancs abîmés par les cormorans. D’autres portent les stigmates de leur rencontre avec les pêcheurs. La fin de la saison qui approche leur apportera un repos bien mérité sur ce spot très accessible sur lequel j’ai compté jusqu’à onze pêcheurs différents sur la même journée.

Après une dernière averse, je regarde en partant les poissons qui lancent une nouvelle salve de gobages. Après deux heures de pêche il est temps pour moi de rentrer. Bien que j’ai énormément péché ces trois dernières semaines, je ne suis toujours pas rassasié. La Belle nous a offert une période exceptionnelle. Mais avec elle, tout peut s’arrêter à chaque instant. Et parfois pour longtemps.

Alors, dès que cela sera possible je reviendrai la voir avec en poche une ou deux mouches montées à l’arrache. Comme d’hab.

Fred

Papa où-t’es?

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Bonjour,

Bon, je ne tenais plus, à force de voir les bonnes nouvelles de pêche de l’ombre bien plus au sud, j’avais la canne qui me démange. Certes j’avais bien fait une micro sortie en début de semaine où j’avais tromper la vigilance d’un joli poisson en sèche mais le plus beau piqué sur un hameçon de 24 avait décidé de ma la faire à l’envers en me mettant un rush à un mètre de l’épuisette alors qu’il s’était emberlificoté dans le bas de ligne.  Évidement il s’est décroché. Pourtant c’était un poisson retord qui était venu voir 4 ou 5 fois voir mes imitations avant de succomber à cette micro sèche. Alors comme j’avais une après-midi quasiment libre il fallait que j’en profite pour ressortir les sèches. Sauf qu’il a bien plus toute la matinée et arrivé au bord de l’eau, elle est trouble. Bon, je monte plus en amont pour voir si c’est plus claire, mais non.  Redescente et je me résous à monter en nymphe. Les poissons sous l’eau sont bien actifs, 5  verront le fond de l’épuisette mais je décrocherai le plus joli. Alors qu’il me reste près d’une heure de pêche je vois passer une éphémère dans le courant. Mais oui l’eau est en train de s’éclaircir et c’est bien connu, après la pluie…le beau temps. Plus haut il y a un plat où cela ne m’étonnerai pas que cela se mette à gober. Je remonte dard dard, mais oui, un puis deux ronds se sont formés, le deuxième bien gras. Aller, changement de bas de ligne, j’enlève le 14 et mets deux mètres de 12, même si l’eau est encore un peu teintée je suis plein aval et le bas de ligne risque de leur passer sur la tête. Alors que je m’apprête à nouer un petit voilier, le téléphone sonne. Déjà il me reste dans les mains,  une bonne chose, le dernier a du rejoindre la mer du nord! C’est mon fil “Papa où-t-es? Finalement je quitte plus tôt, tu peux venir me chercher” “Pas de problème, j’arrive, faut juste que je rejoigne la voiture car je suis à la pêche”. J’ai rembobiné le bas de ligne dans le moulinet et avant de me retourner j’ai jeté un dernier coup d’œil…il avait regober!

à bientôt.

Yannick

www.domainedumoulinneuf.com

Le coup de la chenille.

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Après une nuit hantée par des éclusées géantes et des flots boueux, dès mon réveil, je saute sur mon smartphone pour consulter les niveaux. Aie, la Maronne et la Cère turbinent.

En effet lorsque j’arrive au bord de l’eau, la Dordogne roule des eaux grises bien peu engageantes. Le vent est irrégulier, il y a quelques éclaircies. Pendant que je m’habille quelques insectes se mettent à dériver ravivant l’espoir.

Au fur et à mesure que je descends vers le poste, il me semble voir des ronds. 15 minutes plus tard, il dérive une mouche tous les 30 cm. Une émergence massive de petits éphémères olives clairs. Le tapis roulant est en marche.

Curieusement, seuls les petits ombres sont hyperactifs en surface. Il faut vraiment chercher les poissons corrects qui doivent pour le moment se gaver de larves sous l’eau.

Toutefois, de temps en temps un rond plus imposant vient crever la surface. Vu l’abondance de mouches, il va falloir pêcher juste. Autant quand il y a peu de mouches, on peut leur faire la blague avec un peu n’importe quoi d’insectiforme, autant là ils demandent un minimum de ressemblance entre la mouche et les insectes qui dérivent.

Le plus dur est d’enfiler le 14 centièmes dans l’oeillet de si petits hameçons. Pour le reste il suffit de réciter une partition parfaite. Cette pêche d’automne lors des éclosions monstres ressemble à bien des égards à la pêche lors des émergences de sulphures.

Le matériel doit être parfait, la concentration à son maximum, le pilonage avec des dérives parfaites intense et surtout, l’évolution spatio-temporelle du bas de ligne lors des dérives parfaitement maîtrisée. C’est à mon sens la clé du succès pour éliminer les ferrages dans le vide : lors du posé, il faut réussir à détendre/tendre le bas de ligne pour qu’après une longue dérive sans dragage il soit en parfaite configuration pour maximiser le ferrage. Au moment précis où la mouche arrive sur la croix virtuelle où le poisson va monter il faut qu’il soit tendu. Cela demande un peu d’habitude mais c’est une tuerie.

En appliquant ça à la lettre, les prises s’enchaînent. Mais toujours pas de gorets en vue. J’en ai pourtant pris plusieurs cette année sur cette gravière. En les attendant, je remarque que les poissons installés prennent des subimagos hauts sur pattes. C’est le moment de leur faire le coup de la chenille.

Ces éclosions massives représentent un des rares moment de l’année où on peut en effet faire manger aux ombres d’authentiques palmers en coq bien fournis. L’abondance permet le luxe de se faire ce petit plaisir : les amener à engamer des écouvillons avec des hackles raides comme la justice. Et ça marche jusqu’au moment où les gros sont sortis.

Fini la rigolade, il me reste trois quart d’heure de pêche et les gorets se mettent enfin à table en surface en cette toute fin d’émergence. Le premier que j’attaque est un nomade solitaire. Il brasse beaucoup d’eau mais se déplace sans arrêts. Un vrai  cauchemar. Il faut quasiment pêcher en aveugle et espérer qu’une dérive parfaite lui passe au dessus la tête. Je n’arriverai pas à le cadrer, il n’a pas de rythme ni de poste

Un second monte plus régulièrement mais il n’est pas né de la dernière pluie. Il me faudra trois changements de mouche pour le prendre. Et pour cause, alors que j’admire ce superbe poisson, je pense halluciner en apercevant deux mouches identiques dans sa gueule. Non je ne rêve pas. C’est bien deux de mes mouches et donc le même poisson que celui que j’ai cassé au ferrage il y a une semaine. Mon imitation et le bas de ligne sont toujours présents au coin de sa gueule. Elle était pourtant monté avec un hameçon sans ardillon. Comme quoi, il n’est pas si simple pour un poisson de se débarrasser d’une mouche.

Il est 16 h, je suis déjà hors limite au niveau temps. Mais un troisième pépère fait des vagues. Je ne peux pas le laisser. Malheureusement, la dérive s’estompe tout comme ses gobages et il ne me laissera pas vraiment l’occasion de travailler.

Qu’importe, il faut que je parte quasi à la course pour rejoindre la voiture. Sur la route du retour, le roux des hêtres forme comme une haie d’honneur dans la vallée. Je suis bien. Et cette nuit, je pense que je vais rêver à des ombres géants qui engament des chenilles touffues plutôt qu’à des torrents de boue.

Merci la Belle.

Fred

Une heure chrono.

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Une heure c’est le temps que m’accorde cette journée pour aller à la pêche mais cela sera suffisant pour faire ce que j’ai à faire.

Il faut dire qu’avec ces températures estivales et les éclusées quotidiennes l’activité se concentre le soir. De plus,  j’ai juste besoin de faire des gammes, de reprendre les bases, de comprendre ce qui a bien pu se passer.

Hier soir, je suis totalement passé au travers. Une heure de champagne et une heure à ferrer dans le vide à part une ou deux fois. Certes le spot est en plein centre ville à 50m d’un parking mais ce n’est pas une raison. Il y a une explication forcément. Ma vieille GLX totalement rincée ? Ma soie craquelée sur toute sa longueur ? Le bas ligne qui passe son temps à couler ? Un mauvais choix de mouches ? L’âge qui avance ?

Le banc d’ombres s’étale sur 250 m environ séparé en trois par la topographie du fond. Une bonne vingtaine de poissons d’après ce que j’ai vu hier soir. Je choisis les poissons les plus coquins, ceux de la fin du lisse, aussi lisse qu’un miroir. Ils ont tout leur temps pour monter voir la mouche et repérer le bas de ligne. Studieusement, je repars de zéro avec une soie bien graissée, une pointe neuve en 14 centièmes et je fais des efforts de concentration pour ne rien rater de ce qui va se passer maintenant. L’explication est là sous mes yeux.

Le premier poisson maintes fois raté hier soir gobe désormais régulièrement. Je lui présente ma plus belle imitation des proies qu’il consomme. À la deuxième dérive il monte franchement et je ferre dans le vide. Le cauchemar continue. Tout était pourtant parfait : le placement, la dérive, la présentation, la visibilité de la mouche, la flottaison de l’ensemble propulseur, la concentration…

Un deuxième poisson se met en poste et sans bouger, je peux lui présenter ma mouche. Première dérive… Pendu.

Le moral revient. Le reste du coup du soir sera minable. Je prendrai néanmoins les trois autres poissons que j’attaquerai. Seul le premier résistera toute la soirée à mes permutations de mouches. Mais je sais où il ce coquin est et je reviendrai le voir.

Les cloches de l’église sonnent 7 coups, il est temps de rentrer. Enfin je sais. Une petite heure mais tellement riche en enseignements. Il est parfois bon de repartir des bases.

Fred

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