La pêche en noyée n’est donc pas compliquée, c’est une pêche de laisser faire.Pratiquée en grande ou moyenne rivière elle ne nécessite pas une grande science du lancé, mais juste le sens de l’eau pour poser la ligne plutôt là où le poisson risque de se trouver. C’était donc à la portée de mon ami tocqueur.

Est-ce que c’est compliqué ?

J’ai un jour monté un train de mouches à un de mes amis pêcheur au toc pour avoir la paix.

Nous étions depuis deux heures au bord de l’eau et mes nerfs étaient à vif. Décidemment il n’était pas doué pour la pêche au fouet. Je passais mon temps à décrocher la mouche, à démêler la ligne, à lui refaire des pointes. L’initiation était un calvaire pour lui aussi, et il était près de l’abandon.

Trois mouches sur un train de 20/100 en pointe, potences ultracourtes, un bas de ligne de 1,5 m et grâce au peu qu’il avait compris du lancer, il arrive à mettre le tout à l’eau. Le courant entraîne la ligne, je lui donne encore deux ou trois explications, et je le plante pour aller pêcher un peu plus loin.

Peu après nous nous retrouvons, il est ravi, il n’a rien pris mais il me dit : j’ai eu l’impression de pêcher, j’ai senti les tocs, c’est facile. Il avait toujours ses trois mouches.

La pêche en noyée n’est donc pas compliquée, c’est une pêche de laisser faire.
Pratiquée en grande ou moyenne rivière elle ne nécessite pas une grande science du lancé, mais juste le sens de l’eau pour poser la ligne plutôt là où le poisson risque de se trouver.
C’était donc à la portée de mon ami tocqueur.

Bien entendu après, tout peut se compliquer, d’une pêche de laisser faire on peut passer à une pêche plus active, plus intensive comme on dit.

Le conseil que je donne est de pêcher simple, efficace et de retrouver dans la noyée un peu de cette rusticité perdue dans l’évolution des techniques et du matériel, mais bien présente dans l’âme de chaque pêcheur.

Quand pêcher en noyée ?

La saison.?

La noyée quand on doit, la sèche quand on peut, c’est ainsi que JL Pelletier a répondu une fois pour toute à cette question.

Il nous disait ainsi ce que tous les pêcheurs savent ; le poisson se nourrit la plupart du temps sous l’eau.
Il tort également le cou à une vieille lune, la pêche en noyée ne serait qu’une pêche de début de saison. C’est faux.

En début de saison, si le poisson est calé, il n’y a que le ver noyé qui marche.
Par contre dès qu’il s’active, et surtout aux beaux jours quand il monte dans les courants, c’est le moment de pêcher en noyée.


A quelle heure ?

Toute la journée

  • Pour le petit déjeuner du poisson, l’été le matin très tôt, dans les cailloux et sur les bordures.
  • Juste avant les éclosions, quand le poisson sait que la table va être servie, il ne connaît pas encore le menu et prendra vos noyées pour des amuses gueules.
  • Pendant les éclosions, si on a la flemme de changer de matériel, le poisson prendra les noyées comme on pique dans les plats à la sortie de la cuisine.
  • Le soir quand les spents retombent et se noient, quand les pupes de sedges montent vers la surface, quand les imagos de trichos coulent.
  • A la nuit quand on ne voit plus rien, c’est la seule technique de pêche qui reste possible.

Quelles rivières ?

Toutes, de la grande au ruisseau. On adaptera seulement un peu le matériel et la technique.
En petite rivière en se plaçant au milieu on ne fouette plus, on laisse filer la ligne aval en démarrant canne haute et la baissant pour accompagner le courant. C’est aussi en rivière encombrée la seule façon de passer une mouche sous les basses frondaisons.

Avec quel matériel ?

La canne.
Grande et parabolique d’accord, quoique, nous a justement écrit un ami sur le forum.
Je pêche avec une vieille 10 pieds Hardy favorite de 4. J’utilise aussi et de plus en plus une Orvis 9 piedsT3 flex moyen avec laquelle je fais plus facilement des roulés. En ruisseau j’utilise une Loue 9 pieds de 4 tombée du cul d’une vache.
Je ne peux pas dire si on peut pêcher avec une action de pointe, je n’en ai pas.

Le moulinet
Manuel avec un frein réglable, c’est lui qui encaissera la touche. J’ai lu que JL Pelletier pêchait avec son automatique Cordel, j’en ai un mais je n’ai pas essayé. Il parait même que des as ferrent au ressort dès la perception de la touche, chapeau !

La ligne
Le poids ? Plutôt légère, double fuseau bien que je trouve qu’une WF marche très bien aussi. Je n’ai pas de parallèle il parait que c’est le top en noyée.
Flottante, intermédiaire ou plongeante ?
L’intermédiaire est un bon compromis. En noyée je pense qu’il vaut mieux donner du creux aux mouches avec la ligne plutôt que de plomber les mouches ou d’utiliser un bas de ligne plongeant. L’immersion d’une intermédiaire est progressive, un bas de ligne plongeant provoquerait une cassure dans l’alignement mouche de pointe à un bout et moulinet à l’autre. La noyée n’est pas une pêche à racler le fond, si la sauteuse n’est pas loin de la surface, la pointe n’est qu’est qu’à quelques décimètres.
Quand on pêche les petits courants, les radiers, des poissons actifs vers le haut, on doit graisser l’intermédiaire.
Autant utiliser une flottante
, ce que je fais de plus en plus souvent. Une naturelle doit être parfaite, la mienne de 5 ne convient pas, elle est trop lourde.
La plongeante pour pêcher très creux et pour le plaisir de lancer plus loin d’un seul coup de poignée.
Le bas de ligne
Court et dégressif exemple ; 0,5m de 50 ou 45/100, 0,40 m de 40/100, 0,30m de 30/100, 0,25 de 25/100 avec mini boucle ou un peu plus long pour prévoir de refaire le train une paire de fois. Les potences suivant la taille des mouches.

bas-de-ligne-noyee-standard.jpg

Pour les grosses, 8, 10 des standards en noyée, première potence en 22 deuxième et pointe en 20. Ou 20 et 17, ou 18 et 16 pour des petites mouches ( 14 en noyée est une petite mouche) Les potences, plus c’est court, plus c’est raide, moins elles s’entortilleront autour du corps du train. Longueur de 8 à 3 cm, démarrez à 8 pour pouvoir changer les mouches. Refaire le train quand on ne peut plus faire de nœud il reste 3 cm environ.

bas-de-ligne-noyee-eclosion.jpg

L’ensemble en Maxima les brins de potences montés vers le haut formeront une courbure sous le poids de la mouche, elles se trouveront ainsi écartées du corp, du train.

bas-de-ligne-noyee-fond.jpg

Le bas de ligne est à dégraisser avant la mise à l’eau.
On peut toujours lancer travers pour que le courant appui sur le bas de ligne et aide à son immersion, il faudra ensuite faire un mending pour replacer le train bien devant la ligne.

Mon conseil.
En cas d’emmêlage ça arrive quand même, surtout quand on vient d’avoir une touche d’arbre, refaire le train et ne pas perdre de temps à démêler. C’est aussi l’occasion de changer les mouches qui ne donnaient rien.

Les mouches

Le plombage ?
Pour ce qui me concerne, pas de plomb, la noyée n’est pas la nymphe. En plus le plomb doit casser le train et ralentir la mouche de pointe dans la dérive mais, je ne suis jamais allé vérifier sous l’eau. Il casse la trajectoire et nuit au posé tendu bien en ligne du train, ça j’en suis sûr.
Montez toujours la plus grosse donc la plus lourde en pointe, la moyenne en intermédiaire et la plus petite ou légère en sauteuse. La hiérarchie d’immersion sera ainsi respectée.

La taille ?
Suivant la saison, les mouches sur du 10 sont des standards, le 8 n’est pas incongru, le 14 une petite mouche d’été.
On ne trouve pas à ma connaissance d’hameçons spécifiques, il faut choisir les plus forts.

Les matériaux de montage ?
Respectez les fiches, mais vous pouvez dévaliser la mercerie du coin s’il en reste une, laine et coton à repriser font l’affaire, il faut que ça prenne l’eau. En tout cas évitez les matériaux hygrophobes comme le polypropylène, c’est évident.
Cela dit un corps bien gorgé de vernis coule également très bien et cela fait des belles mouches.

Mouches continentales ou britanniques ?
J’ai des belles britanniques dans ma boîte, comment résister à l’achat de ces merveilles que je serais bien incapable de monter ? Je ne les ai jamais mises au bout de ma ligne, même en Irlande ! Pourtant, il paraît que l’Alexandra est redoutable je vais l’essayer cette année, elle imiterait plutôt un vairon. Je pêche donc avec mes mouches. La plupart du temps, une noire corps cerclé argent en pointe sur 8 ou 10, Un araignée grise en intermédiaire sur 10, corps lièvre clair, thorax en paon, collerette mi droite en hackle gris, 1,5/2 tours. La sauteuse suivant l’inspiration et ce qu’il y a sur l’eau. Au moment de la mai il faut mettre une mai. Au coup du soir l’été des pupes de trichos, le subsedge de Radix, une Peute.

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La technique

On pêche l’eau la plupart du temps, mais rien n’interdit d’attaquer un gobage au contraire.
La noyée est une pêche de dérive avale qui se pratique canne pointée vers l’eau en guidant la ligne pour que les mouches se présentent les premières. Quand le poisson voit la ligne il doit déjà avoir vu les mouches.
En pratique on lance trois quarts aval et on conduit la ligne sans tension ni mou, c’est le plus dur.
On relève en fin de dérive quand la ligne trop tendue, les mouches remontent.
On arrache et on relance sans faux lancé.
Si on pêche un peu loin, on reprend quelques mètres de lignes à la main on relance, le shoot avant doit entraîner l’excès de ligne en une fois.
Le faux lancé sèche les mouches et la ligne, en plus il n’est pas beau, On peut aussi lancer plein travers pour noyer le train ou pour attaquer un poste avec une dérive courte. Le lancer roulé ne pose pas de problème avec un bas de ligne raide et court, on ne peut pas s’en passer en petite rivière surtout si elle encaissée.

A la touche le poisson se ferre seul, les tocs et les tirées sans suite sont dus à des erreurs de conduite de ligne, trop de tension.

On pêche l’eau il faut donc se rappeler que les truites sont au plus profond du moins profond, au moins profond du plus profond, au moins rapide du plus rapide, au plus rapide du moins rapide. Ouf ! Pêchez donc le bord et la queue du courant le plus vif, le bord des fosses, le creux des radiers. La noyée est aussi un bonne technique de pêche des postes et cailloux, on peut utiliser alors de petites manoeuvres d’aguichage au passage du poste.

Mais bon arrivé ici j’ai tout donné, pour en savoir plus acheter un bon livre.

Bonne pêche

Jean-Pierre