Mes vieux os ayant de plus en plus de mal à supporter le froid, je suis devenu depuis 15 ans adepte des sports d’hiver… dans l’hémisphère sud.

Il est donc temps de répondre à l’invitation d’un vieil ami habitant la Réunion ! On ne louera jamais assez « Internet » auprès duquel on peut trouver presque tout comme, par exemple contacter en un clic l’AAPPMA 974. Le lendemain la réponse arrive, la pêche à la mouche se pratique également à la Réunion et mon interlocuteur qui n’est autre que le responsable de la Fédé m’invite à passer le voir ; Facile c’est à trente bornes de mon point de chute !

Surprise, mon hôte a dans ses amis un collègue moucheur qui se propose de m’emmener découvrir le Langevin, petit torrent du sud de l’île, bien fourni en truites.

Rendez-vous est pris pour le dimanche 27 novembre : Départ 5h, à 5h30 nous longeons le Langevin, admirons la grande cascade et à 6 h nous stationnons la voiture au fond du cul de sac de Grand Galet. Nous chargeons notre matériel et partons pour 45 mn de grimpette sur un sentier qui met les chevilles à rude épreuve au milieu d’une végétation luxuriante. Nous débouchons sur une clairière nommée Cap Blanc. Une passerelle en bois enjambe le torrent, quelques tentes révèlent la présence de randonneurs, le soleil commence à taper, aucun bruit si ce n’est celui du torrent. Nous montons nos cannes et pour ma part j’attache une nymphe. Première coulée et premier loupé. Thierry me dis : «mets plutôt une sèche genre oreille de lièvre». J’explique à mon collègue que je pêche d’habitude les rivières de plaine et là, pour moi, c’est nouveau ! Malgré l’absence de gobage je l’écoute et, il m’explique : « si elle coule, tu laisses faire mais tu dois toujours avoir ton fil tendu ».

Et c’est parti ; Dans les minutes qui suivent, quelques décrochages puis le coup de main vient et avec lui la réussite. Nous remontons le torrent, d’abord à partir de la berge puis confrontés à un canyon, nous devons progresser dans le courant. Il fait très chaud, nous sommes en basket, short et tee-shirt. Les chaos se succèdent, la marche est difficile sur les blocs de basalte souvent recouvert d’aiguilles de Filaos qui les transforment en savonnette, il faut redoubler d’attention car nous sommes seuls et impossible d’appeler des secours, il n’y a pas de réseau. Les muscles sont soumis à rude épreuve.

Les prises sont petites, entre 13 et 20 cm (la maille est à 20) mais très vives. Thierry m’explique : « la truite Arc en Ciel a été importée vers 1960 et dans certaines parties des torrents peu pêchées parce que difficile d’accès comme ici, elle se reproduit et redevient sauvage » et d’ajouter : « il y a un autre torrent sur l’île où elles sont plus grosses mais il faut partir pour 2 jours car il y a 3 heures d’escalade pour rejoindre la zone de pêche ».

A 12 h, pause casse-croûte et relâche pour les jambes. Encore quelques dizaines de mètres de progression et à 13 h nous décidons, fourbus d’arrêter et de redescendre. Pour ma part, j’en ai pris 36 et loupé au moins autant, c’est dire si je me suis bien amusé.

Je mettrai 3 jours à me remettre de cette séance mais le samedi suivant je ne manquerai pas la fête de la pêche organisée sur le parcours No-kill du même torrent en face du bâtiment de la Fédé. Les truites y sont grosses et lâchées depuis peu, mais là, c’est une autre histoire.

Serge