C’est l’hiver, les truites s’occupent d’assurer leur descendance et thymallus s’apprête à faire de même . Pour continuer à pêcher, nombre d’entre nous s’orientent alors vers le réservoir.

Les insectes faisant cruellement défaut, c’est sous l’eau que se trouve la plupart du temps le salut . Pour avoir quelques chances de réussite, je vous propose de (re)-découvrir les boobies .

Tordons le cou aux idées reçues :

Tout d’abord, j’aimerais que l’on enlève à cette pêche sa réputation de meurtrière. Certains plans d’eau l’ont interdite, il faudrait mieux, à mon avis, interdire les pêcheurs indélicats qui seront de toute façon aussi meutriers avec un train de chironomes mal animé. Nous verrons qu’il est tout à fait possible de « pêcher proprement » avec un booby .

Les imitations :

Il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs, à vous de laisser libre court à votre imagination . Quelques classiques : noir, pêche , olive etc..
Le pricipe de montage : je vous conseille bien entendu la vidéo et les fiches montage de gobages . Pour résumer, la plupart des imitations sont faites avec une « queue » en marabout ou « rabbit strip », un corps en marabout ou chenille et des yeux en plastazote ou bille de polystyrène emprisonnées dans un morceau de bas .

La technique de pêche :

 

Les yeux permettent à la mouche de flotter. Nous allons utiliser une soie plongeante qui va entraîner la mouche vers le fond. Lorsque nous allons effectuer des tirées sur la soie, la mouche va, sous l’effet de la traction, plonger et lorsque la traction s’arrête, elle va naturellement chercher à remonter. Si vous n’avez jamais vu « nager » un booby, essayez au bord d’un plan d’eau ou à défaut dans votre baignoire et vous serez réellement surpris de l’attractivité de ses mouvements.

Revenons à sa mauvaise réputation :

Si vous laissez dériver votre mouche entre deux eaux et pêchez ainsi sans avoir de contact avec votre bas de ligne, le premier poisson qui passe va forcément engamer profondément votre leurre . Si vous êtes ce genre de pêcheur, un conseil, posez votre canne, mettez une clochette au bout et attendez que ça sonne …

 

De toutes les couleurs!!! Si vous voulez pêcher propre, alors gardez toujours le contact avec votre mouche et ferrez à la moindre tape, il faut mieux rater un poisson que de prendre le risque d’en abîmer un . Je l’ai déjà raconté sur le forum mais la seule fois où une truite a engamé un de mes boobies, j’avais posé la canne pour satisfaire un « besoin naturel » et je n’étais pas très fier en coupant mon fil et en relachant cette pauvre bête . C’était il y a plus de dix ans, et depuis aucune autre n’a subi le même sort. Tous mes poissons sont pris au bord du bec ou juste à l’intérieur de la bouche .

Le bas de ligne que j’utilise avec cette soie plongeante se résume à un morceau de 50 cm de 35 centièmes suivi d’environ 70cm de 25 centièmes. Je monte souvent deux mouches , une bien pétante ( jaune ou pêche ) en sauteuse qui sert de teaser et une plus classique ( noire ou olive ) en pointe .

Une fois que j’ai lancé, je reprends contact immédiatement avec ma mouche et commence à tricoter doucement ( comme en noyée ) ou j’exerce quelques petites tirées suivies de courts temps d’arrêt. Même dans les plans d’eau profonds, je ne laisse pas descendre trop bas pour éviter que la soie fasse « un ventre » et que je ne puisse pas détecter la touche .

Autre avantage du booby, comme il a tendance à remonter, vous pouvez prospecter des endroits encombrés où un streamer classique s’accrocherait.

Pratiquée ainsi, cette pêche est beaucoup plus fine qu’il n’y paraît et elle permet, même si ça ne remplace pas le joli rond d’un ombre sur le cdc que vous lui proposez ou la fougue de la truite qui vient happer votre sedge, de passer de bons moments au bord de l’eau ce qui est quand même l’essentiel .

Voilà, j’espère que ces quelques lignes vous aideront à attraper et, bien entendu, relacher vos rêves; quant à moi, je vous donne rendez-vous dans les news où je lirai très bientôt, j’en suis sûr, avec plaisir le compte rendu de vos sorties hivernales.

Auteur: Patpeche