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Fiche de montage : Streamer noir

Voici une nouvelle fiche montage proposée par SPent82 : Streamer noir

Streamer réalisé pour l’échange de mouche du mois d’octobre 2016

Vidéo de montage : Le streamer à perches

Voici une nouvelle vidéo de montage. Un streamer que j’utilise pour pêcher la perche. C’est une pêche amusante que je pratique essentiellement l’été dans les lacs de Norvège. J’ai eu aussi l’occasion de le tester avec succès (même si les prises étaient moins nombreuses) sur la Dordogne.

Petite anecdote : il y a quelques années, je pêchais dans un lac vers Hodalen (Norvège) avec Jean-Philippe. J’avais mis 2 de ces streamers. J’ai été obligé d’enlever la “sauteuse”, je faisais des doublés et les deux poissons tiraient à hue et à dia et m’emmenaient sans arrêt dans les herbiers. Après, c’était la croix et la bannière pour les en sortir.

La vie de pêcheur n’est pas toujours facile ;-)))

Souvenirs d’une partie de pêche sur le Rio Demini, Amazonie Brésilienne

L’enfer vert ? Un paradis moite pour la pêche, peuplé de poissons trophées nageant dans des eaux noires, et partout autour, la jungle oppressante, bruyante et bruissante de milliers d’animaux. Le streamer s’est posé non loin de paires d’yeux qui vous scrutent…

Un récit de Christophe Douziech de retour de la jungle brésilienne.

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Le vacarme du moteur cesse enfin. La pirogue quitte la rivière et entre dans la forêt inondée. Elle se glisse entre les troncs innombrables. Chocs, grincements alors même qu’elle les frôle, les heurte. Ils gisent en tous sens, tapissant les fonds obscurs. Je tente de m’imaginer seul à la tombée du jour, ici… Augusto nous me¦Çne

Il est tôt, la frange orangée des cimes jure sur le vert omniprésent. Des couples de perroquets amazones s’alertent de notre intrusion. Une stridence continue d’insectes comme une paroi invisible semble garder les entrées du dédale. Par intermittences, des appels rauques, gutturaux: le mâle d’une bande de singes hurleurs, fier en son royaume arboré, nous signale.

hurleurLe niveau des eaux a encore baissé. Sous peu, ce morceau de jungle ne laissera plus pénétrer personne. L’eau se retirant désormais, tous les poissons vont se voir contraints de vivre plus dangereusement encore…

Exutoire de chenauxUne bonne heure se passe à louvoyer dans ces corridors, à se courber, à sortir la hache et à tronçonner parfois pour atteindre cette « lagoa » dont notre « barqueiro » nous a vanté les richesses. Un méandre secondaire, bientôt coupé de la rivière pendant de longs mois;

A tour de ro¦éle

A tour de rôle …

Obstacle

L’ami Gabor fixe une nouvelle mouche, montée la veille. L’espoir qu’elle ne soit pas attaquée prématurément par les pirais aux dents rasantes…

 

maudits pirai¦ês!

 

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Peut-être, sommes-nous les premiers pêcheurs au fouet à venir ici.

J’aime pêcher avec Gabor, il est très efficace et analyse sans cesse les situations. Un passionné, calme, réfléchi. Chez lui, en Hongrie il s’est spécialisé dans la recherche des brochets où il excelle.

Far from

 Loin de Budapest !

Utilisant ses mains en appeau, notre piroguier attire les jacarés. Des grognements sourds auxquels ces derniers répondent en écho.

Jacare¦üUn spécimen à l’orée des bois

Frustre¦ü le jacare¦ü Frustré de ne pouvoir s’emparer du poisson…

Mon streamer porte une collerette agressive en marabout, cœur de brasier dans cette eau louche. Elle est très mobile, lestée par de gros yeux d’ours pelucheux. Ainsi, elle descend, vulnérable, proie aisée à engloutir. Une belle mouche, montée pointe vers les cieux pour se jouer des obstacles car c’est dans ces fouillis de branchages, d’arbres immergés qu’il faut la placer, l’animer. L’eau libre est périlleuse, les poissons restent à couvert près des berges.

Lancer sans cesse, dans des fenêtres étroites, sans gestes inutiles, pour durer, dans la moiteur, la sueur brûlant les yeux et, certains jours où le couvercle du ciel pèse, de petits diptères nous suçotent le pourtour des yeux et agacent nos nerfs. J’expérimente le supplice du bétail les jours d’été…

Arracher poser

arrache¦ü pose¦üAujourd’hui, dès les premiers lancers, nous trouvons très vite les poissons, ces« peacock bass ». Ici on les désigne sous le nom tupi de «  tucunarés ». Le poisson aimant les bois, on peut mieux dire… On en prendra plus d’une quinzaine sur ce premier exutoire de chenaux.

Le streamer disparaît, une tirée de ligne et c’est la touche, violente, brutale. On tire à l’opposé pour éviter les ennuis car on tombe aussi sur des spécimens plus forts. Alors la pointe en 60 centièmes n’est pas de trop pour tenter de les contenir… Le poisson parvient même à rompre un tel diamètre aussi incroyable que cela puisse paraître. Une canne pour soie de 10 peut y abandonner sa poignée… A la verticale du bateau, de tels risques augmentent indéniablement.

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Tucunaré acu pour l’ami Charly

La matinée avançant, la frénésie des tucunarés s’accroît. Borboletas, popocas, pacas et açus, tous mêlés dans leur avidité, poursuivent et interceptent nos simulacres de poissonnets.

Borboletto rio ItuTucunaré borboleta

popocaTucunaré popoca

Paca Negro Tucunaré paca

Poser, remous et contact immédiat. Nous devenons des mécanismes, reptiliens, prédateurs.

Les mouches attaquées sans relâche depuis plus d’une heure, nous nous regardons incrédules. Combien sont-ils dans ces bois? Le nombre de captures devient obscène.

La veille, nous devions relâcher nos prises au plus près des berges. Des souffles puissants nous faisaient retourner, des remous énormes…

Des dauphins. Rusés, opportunistes, surgissant du dessous de la pirogue et happant nos prises du bout du bec au ralenti. Le cœur s’emballait, la canne pliait puis reprenait une courbe prudente lorsqu’ils daignaient les relâcher.

DauphinLes dauphins sont nombreux sur le Negro et ses affluents, ils profitent des pêcheurs sportifs…

Intense chaleur qui nous freine puis nous arrête. Chercher l’ombre d’un layon et s’allonger dans le hamac. L’air semble être un tissu collant. On se tait et on tente de s’assoupir. Il fait pas loin des 40°…

Torpeur

Il arrive que l’on se laisse aller aux délices de l’immersion pendant la pause méridienne…

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Plus tard dans l’après-midi. Nous repêchons la berge ombragée sur les conseils d’Augusto. La mouche à peine attisée fait jaillir de leur retraite sombre les poissons et je peux les voir aspirer le streamer

Berge ombrage¦üe graciationNous faisons plusieurs doublés. Les tucunarés sont rarement seuls et le premier poisson ferré déclenche la convoitise d’autres brigands de la bande…

Double¦ü

Ce jour-la¦Ç nous prendrons plus de ....

Ce jour-là nous prendrons plus de 300 tucunarés pou 4 cannes à mouche…

Philippe et Charly combattent eux aussi de beaux poissons, les guides sont satisfaits…

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La vitesse avec laquelle les poissons attaquent le leurre semble corrélée à la température des eaux, plus de 26 degrés !

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Sur le Negro, le record...

Sur le Negro le record du plus gros açu à la mouche est de 12 kg…Il fut pris il y a de çà une quinzaine d’années par un moucheur germanique qui passait plusieurs mois à la recherche des poissons trophées..

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Parfois, nous prenons d’autres créatures. Des oscars papagayo, à la défense époustouflante eu égard à leur taille, des bicudas aériennes ou des piraïs aux mâchoires redoutables…

Ma¦échoire piraI¦ê

oscar papagayo

oscarpapa

oscarpapa2

autre espèce d’oscar

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La lutte engagée avec cet açu , les piraïs l’attaquèrent et lui arrachèrent des morceaux de nageoires…

ac¦ºu attaque¦ü Bicuda,

Bicuda

Soudain, dans une anse encombrée, je ferre ce qui semble être un grand reptile que je ramène curieux au bateau. Je ne pourrai saisir l’unique aruana du séjour, un poisson chassant dans les airs, se saisissant d’insectes posés sur les branches…

 

Le soleil descend inexorablement, nous sommes loin, encore deux bonnes heures de navigation. Il nous faut franchir de nouveau le dédale de l’iguapé pour retourner à bon port…La douche, la bière fraîche et les caipirinhas nous attendent…

Le crépuscule ne dure que quelques instants, la nuit, telle un couperet, s’abat.

Nous avons pris beaucoup de poissons aujourd’hui. Les pêcheurs aux leurres n’ont jamais connu semblable journée.

Le repos s’impose. Demain d’autres visions, d’autres poissons…

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Le gîte si appréciable après de telles journées..

Ce voyage n’aurait pu se faire sans le travail préparatoire de Philippe, alias Flymazon.

Résidant sur place, au Brésil, il sut trouver le bon équipage Les multiples expéditions qu’il a montées depuis des années en Amazonie lui donne une connaissance et une maitrise de la pêche dans ces eaux si particulières.

Je vous conseille de visiter son site : www.flymazon.com et si vous vous décidez à tenter la pêche en Amazonie à la mouche, contactez-le…

Une réservation précoce des vols permet de substantielles économies. J’ai utilisé les compagnie TAP pour les vols internationaux et la compagnie brésilienne low cost GOL pour les vols intérieurs jusqu’à Manaus. Compter environ un peu plus de 1000 euros pour ces quatre vols.

Depuis Manaus il faut encore voler plus d’une heure pour atteindre Barcelos en petit monomoteur. Ce vol intérieur est compris dans le forfait pêche .

Les transferts Manaus/Barcelos. s’ effectuent très tôt en journée.

Barcelos possède deux ou trois petits hôtels basiques. 99%, sinon plus, des pêcheurs y débarquant sont brésiliens et pêchent aux leurres, de grands poissons nageurs aux couleurs très agressives.

Un seule échoppe où l’on trouve des leurres d’occasion , cadeaux des pêcheurs aux barqueiros qui les revendent ensuite … On peut y trouver donc d’excellents modèles à des prix imbattables, du 80 centièmes et de gros hameçons pour la pêche des énormes moustachus hantant les berges concaves des rivières !

C’est un bourg amazonien devenu la capitale mondiale de la pêche du tucunaré encerclé par l’immense forêt et seules les liaisons fluviales ou aériennes permettent de s’y rendre. Les rares routes et autres chemins s’interrompent assez vite aux alentours…

OLYMPUS DIGITAL CAMERAOLYMPUS DIGITAL CAMERARio Negro aux îles innombrables…

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe tucunaré est le poisson favori des pêcheurs sportifs brésiliens. De nombreux clubs participent à des tournois à travers le pays.

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La pratique de la mouche devrait se développer dans les années futures. Nos collègues brésiliens nous voyant pratiquer vont sauter le gué et s’y mettre …La pratique de la graciation des prises est désormais bien entrée dans les mœurs chez nos confrères brésiliens. Une chaîne spécialisée de pêches sportives valorise cette pratique.

Rue principale de Barcelos…

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Le choix des affluents à pêcher suivant les niveaux du Negro conditionne la réussite ou l’échec de la pêche. Un bateau au faible tirant d’eau procure une aisance pour accéder à l’amont des zones là où la pression de pêche est plus faible. Nous étions 8 pêcheurs, quatre « moucheurs » et quatre pêcheurs aux  leurres dont deux brésiliens. Nous nous connaissions déjà pour avoir pratiqué en Amazonie brésilienne au cours de voyages antérieurs.

 

Nous avons connu des journées de plusieurs centaines de prises, la mouche marcha très fort !

Christophe Douziech

 

Fiche de montage : Le Turbistream

Une nouvelle fiche montage proposée par Sylvain Vehert : le Turbistream

Les matériaux nécessaires :

– Hameçon: Taille 1/0 ou 2/0 ; important hampe longue et hameçon fin. J’ai utilisé des hameçons mer pour appâts vivants.

Soie de montage

– Corps : Exemple en Sculpin wool blanc mais j’utilise aussi du Racoon Blanc ou Select Craft Fur blanc
Flashabou Perle
– Dos : Exemple avec du Microlon Gris mais j’utilise également du Select Craft Fur ou EP Fiber
– Tête : Perles diamètre 2/3 mm trouvées dans un magasin de bazar
Hélice en plastique (Pro Propelle de chez Pro Sportfisher) en taille L
Yeux plats, taille selon votre préférence.

Conseil, utilisation :

– Mouche pour perche / BlackBass / brochet / Bar.
– La turbine crée des remous sous l’eau qui augmentent “l’attractivité” du steamer.
– Le trou de l’hélice sera certainement trop petit pour passer sur l’hameçon, j’utilise une aiguille à tubefly pour augmenter le diamètre.
– J’adore ce streamer (c’est pour ça que je vous le propose).  Il m’a apporté mon premier brochet à la mouche et excite vraiment les perches.

Montage :

1Ecraser l’ardillon + les picots sur la hampe. Préparer la perle sur l’hameçon.

2Placer de la soie de montage à la base de lœillet.  Je fais un aller-retour + Whip Finish.

3

Déposer un point de colle et placer la perle sur contre l’œillet.

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Préparer l’hélice et la 2 ème perle. Placer l’hélice contre la perle collée.

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Enrouler de la soie de montage à l’endroit où la 2 ème bille sera placée. Attention : ne pas mettre la 2ème bille trop près de l’hélice pour ne pas la bloquer. Déposer un point de colle sur la soie et placer la seconde perle.

Attention: ne pas mettre de glu ailleurs que sur la soie, pour ne pas coller l’hélice.

Une fois sec, je teste le fonctionnement de l’hélice en soufflant dessus, elle doit tourner sans peine.

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Fixer la soie de montage. Laisser quelques millimètres devant la perle. Fixer une touffe de Sculpin Wool.

En mettre une seconde si vous voulez plus de volume.

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Ajouter le Flashabou.

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Fixer une petite touffe de scuplin wool, puis monter le dos en Microlon.

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Terminer la mouche en mettant du vernis sur le nœud et ajouter des yeux.

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N’hésitez pas à tester plusieurs couleurs/matières. L’important est d’avoir un steamer mobile et souple sous l’eau. Après quelques lancers, n’hésitez pas à vérifier que les fibres ne se prennent pas dans l’hélice.

Vous apprécierez sûrement sont efficacité et son bourdonnement lors des faux lancers.

 

On en parle dans le forum Montage.

Pêche du bar en baie de Morlaix

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bar-0014Lors du salon de Carhaix, en février 2014, pendant que mes amis tenaient mon petit stand de montage, j’avais profité de ces quelques instants pour faire le tour des exposants et demander des renseignements auprès de Philippe Dolivet sur la pêche du bar.

Il m’avait répondu gentiment : “Écoute Fabien, viens une journée et tu te rendras compte par toi même”.
Sa réponse m’avait un peu laissé perplexe mais connaissant un peu le personnage, je savais ce que cela pouvait signifier.

Les jours passent et l’envie de pêcher en mer chez moi dans le golfe se fait de plus en plus sentir. Première sortie capot, deuxième session idem. Je laisse passer le mois de mai, juin et juillet mais ça ne sera pas mieux.

En France, la pêche du bar à la mouche se résume en gros à quelques heures par ci, par là, pendant nos vacances d’été ou à quelques moucheurs qui habitent près du littoral Breton ou Normand et très majoritairement en wading du bord.

Les chances de prendre un poisson sont alors assez réduites, la diminution sensible et confirmée des populations de bars sur le littoral français ne fait rien pour arranger le tout.

Il faudra que j’attende le 23 Août 2014 pour vivre une expérience que je pense unique dans le département voisin qu’est le Finistère.

Arrivé sur les lieux à l’aube, Philippe Dolivet, guide international connu de nombreux pêcheurs français m’avait donné rdv sur le port de Roscoff pour mettre à l’eau.
Son bateau, un Carolina Skiff de 16 ft est motorisé par un moteur 40 CV 4 temps et surtout équipé d’un moteur électrique à l’avant, un détail très important et indispensable pour se positionner sur le bon secteur en toute discrétion.

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Pour ce qui est du matos, j’ai utilisé pendant deux jours une 9 pieds soie de 8 en soie intermédiaire, un bas de ligne d’un longueur d’un peu plus une longueur de canne et d’une pointe en fluorocarbone en 12 livres.

Niveau mouche, là encore j’ai fait confiance à des streamers en fibre ep en taille 2 de couleur naturelle, mais Philippe alias “Captain Fifi”, utilise principalement un modèle : Un Gummy minnow avec des fibres raides à l’arrière appelé Softy Sandeel en différentes couleurs et tailles distribué par Fulling Mill allant du H4 au H2 en coloris chartreuse, blue et white. Le gros avantage de cette mouche est qu’elle ne s’emmêle pas lors des coups de vent ou des doubles tractions et pour finir les fibres ne se gorgent pas de flotte et elle se lance facilement.

Pour ce qui est des zones de pêche, nous sommes passés des parcs à huîtres immergés à marée haute, aux cassures de rochers, et par les chenaux pour rejoindre des postes avec une hauteur d’eau allant de un mètre à trois mètres maximum ou à des parcs découverts à pêcher entre les tables.

Le samedi, la météo n’a pas été facile. Malgré une mer peu agitée, c’est surtout le vent qui a été désagréable mais Philippe a une parfaite connaissance de son territoire.

A aucun moment de la marée, je n’ai aperçu la présence d’algues vertes, ce qui rendrait la pêche complètement impossible, comme j’ai pu le constater dans les abers il y a plusieurs années.

Revenons sur la pêche en elle-même. Jusqu’à ce jour, sauf  lors d’un voyage à l’étranger, je n’avais fait appel aux compétences d’un guide.

Pour moi, cela était superflu et, par dessus tout, mon budget pêche ne me permettait pas de louer leur prestation. Je préférais comme beaucoup d’entre vous acheter une canne, un moulinet, une soie ou divers matos que nous entassons dans un coin en attente de pouvoir partir pêcher et rêver.

J’ai complètement changé ma vision après mon séjour.

  • La première chose qui m’a surpris est avec quelle facilité Mister Dolivet vous positionne le bateau à l’aide de son moteur électrique via la télécommande, tout en douceur, et surtout une discrétion parfaite. L’importance d’un tel gadget aussi indispensable qu’un écho-sondeur est quelque chose que je n’avais imaginé à ce jour.
  • La deuxième chose, c’est la complicité entre le capitaine et son client. Celui-ci se met en quatre pour que cette journée soit inoubliable mais surtout vous fait prendre du poisson. La pêche à la mouche en mer est complexe et face à la pêche aux leurres durs ou ls, il n’y a pas de hasard. Il faut pêcher juste, au bon endroit, dans un temps relativement court car les bars se déplacent souvent pour suivre un circuit et aller chasser de caillou en caillou ou passer sous les tables évoluant au gré du courant.
  • La troisième chose, la connaissance du milieu aquatique, les mœurs du poisson, la lecture du courant, les oiseaux, les dérives, font qu’on a le sentiment que ce gars a fait ça toute sa vie.

Pour en avoir discuté longtemps avec lui, il m’a avoué que ce métier est dur et qu’on ne fait pas ça pour l’argent ni pour pêcher. C’est pour autre chose : une manière de vivre, une harmonie avec la nature et surtout partager sa passion.

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Place à la pêche.

Journée de samedi
Coef 64/68. Basse mer : 12h01. Hauteur d’eau : 8m05. Pm : 17h57

À peine effectuée la mise à l’eau qui ne prendra que quelques minutes, nous quittons le port de Roscoff. Là je découvre un endroit magique, une ambiance qui vous met à l’aise loin des vagues de touristes que connaît le golfe du Morbihan. Bref des endroits que j’aime pêcher, ces moments sont inoubliables et j’en profite pour faire une petite vidéo sur mon smartphone pour montrer aux enfants. Philippe me fait découvrir le coin, sa zone de pêche et le bateau est parfaitement stable, ce qui me permet d’être debout à côté de lui, et de lui parler à l’oreille.
Nous passons au milieu du chenal pour ne pas effrayer les bars, sans aucune raison le moteur se coupe. Je ne comprends pas tout de suite, le guide immerge le moteur électrique à la proue et commence à évoluer dans un silence religieux je peux vous l’assurer. Philippe me chuchote qu’il va me faire pêcher. La marée est basse et les poissons sont très craintifs dans les parcs. Lui seul sait où se trouve le poisson et franchement, lancer un peu au hasard comme ça, cela me paraît un peu du pifomètre. Les couloirs que je prospecte sont d’une largeur d’environ trois à cinq mètres. Le jeu consiste à lancer à une vingtaine de mètres et à ramener la soie intermédiaire plus ou moins rapidement selon la hauteur d’eau car les tables sont en dessous, chose que j’apprends très vite car je viens de perdre mon premier streamer lançon. Au bout d’une quinzaine de dérives, le guide m’indique qu’ils ne sont pas là, nous faisons route vers une autre zone au moteur thermique.



Pourtant j’avais le sentiment que ça pêchait bien et Philippe me fit un petit signe de la main pour me rassurer. “T’inquiète : ça ne vient pas de toi, c’est que les poisson bougent très vite ici”. Rassuré par ces quelques mots, nous arrivons sur un autre parc ostréicole. Le courant est différent mais c’est réglé comme du papier à musique. Le guide tourne le bateau pour me faciliter le lancer et avoir le vent non en face de moi mais dans le dos. Jamais je n’avais pêché de la sorte, la logistique est énorme….. Le spot ressemble comme deux gouttes d’eau au précédent. Pourquoi celui-là et pas un autre, je n’en ai aucune idée mais je fais confiance à l’homme du bord. Après quelques lancers, je ressens un très net arrêt puis un coup de tête dans le scion. Je ferre et c’est mon premier bar de la baie de Morlaix.

Je suis content malgré la modeste taille du poisson : je suis là pour apprendre et découvrir les lieux. Très vite le bar repart dans son élément et disparaît dans l’eau claire. Nous continuons à évoluer dans ce milieu où l’ambiance de ce guidage m’apaise, une autre capture de la même taille me fait vite revenir à la réalité. Nous changeons de zone, car Philippe m’indique que là où nous sommes, nous n’allons trouver que ce type de poissons juvéniles, les plus gros ne sont pas là.

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Nous apercevons un groupe de moucheurs qui pêchent en wading. Pour ne pas les déranger, le bateau s’éloigne doucement, en marche arrière, et contourne à distance la pointe rocheuse sur laquelle ils opèrent. On se repositionne à plus de 100 mètres de ces confrères et je recommence à lancer. Deuxième strip : Boum ! La soie est à peine tendue que là c’est plus sérieux. Malgré la puissance que peut avoir une 890-4xp, la canne est pliée. Je dis à Philippe : “c’est plus gros là”. J’aperçois un reflet d’argent, le bar vient exploser la surface et sonde à nouveau sous deux mètres d’eau pour essayer de rejoindre une table. Je finis par l’amener près du bateau et le guide, d’un geste sûr, épuise ce poisson et me le présente. Séance photo hyper rapide ; le bar fait un bon 40 cm et sa défense me surprend. Punaise ils ont la patate ici ! Nous finirons cette journée avec 5 poissons.

Philippe m’indique que maintenant cela va se compliquer avec l’approche de la pleine mer. Les poissons se dispersent, s’éparpillent sur le plan d’eau de l’estuaire de la Penzé qui ne cesse de grossir à la faveur du flot. Demain il fera jour… On viendra beaucoup plus tôt. Je suis fatigué et nous rentrons au port

 

Journée du dimanche
Un dicton dit ” les jours se suivent mais ne se ressemblent pas ”

Hier à notre retour, Philippe m’avait dit qu’aujourd’hui, nous ne pêcherions pas les mêmes zones et plus au ras des cailloux. La nuit fut courte car il a fallu rincer le matériel, préparer la pêche, discuter de tout et de rien, mais surtout en raison de l’excitation de connaître une nouvelle zone.

En effet sur ces spots, des plus beaux poissons sont souvent présents mais ne restent jamais bien longtemps en place.
Les conditions météorologiques ont complètement changé, il n’y a pas le moindre souffle de vent, la mer est d’huile. Mais surtout, nous sommes beaucoup plus tôt sur l’eau car le rdv était fixé deux bonnes heures avant celui de la veille. Nous faisons route et le bateau glisse sur l’eau comme l’on pourrait le voir sur une vidéo de YouTube à l’autre bout du monde.

Arrivé sur les lieux, notre guide décide tout de même de prospecter un parc car d’après lui, cela vaut le coup de perdre une demi heure pour trouver du fish. Philippe m’annonce “oiseaux!!” et la tension monte d’un cran. Quelques sternes plongent dans la mer, nous lançons nos mouches et piquons rapidement un bar chacun.
Pour éviter de faire fuir les plus gros, les poissons sont stockés dans le vivier parfaitement oxygéné par un système de pompe et crépine.

A oui, petite précision : la veille au soir, je lui avais demandé, si exceptionnellement, il pouvait pêcher en ma compagnie. Il avait accepté car on se connaissait un peu, mais c’est une chose qu’il ne fait pas habituellement.

Au lieu d’insister sur la zone et de risquer de prendre d’autres juvéniles, le guide cherche à l’écho-sondeur une zone au milieu de nulle part. Des milliers d’alevins entourent et nagent désormais autour du bateau. Nous passons au milieu des pieux délimitant les parcs et le vent nous aide à faire des dérives parfaites.

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Le vivier se remplit rapidement, j’aperçois quelques poissons qui suivent comme des dingues ma mouche dans une eau limpide pour une fin d’estuaire, génial !
Philippe m’explique pourquoi il ne faut pas immédiatement relâcher le fish à l’endroit où nous pêchons et m’annonce : “chasse en surface !”.
Il me dit, vas-y. Je lui réponds : “non lance !”.

En trois faux-lancers il est déjà à plus de vingt-cinq mètres, la mouche tombe, un strip et le bar est au bout. Franchement ce mec me tue, la grande classe !

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Nous relâchons les petits bars avec soin, il est temps de partir pêcher entre les îles, le long des bordures rocheuses et sur les fonds de sable clair plantés de zoostères et autres sargasses.

Une fois le bateau déjaugé, nous fonçons en direction du Nord. Le courant se forme, les herbiers marins commencent à apparaître et, avec l’aide de “Captain Fifi”, je découvre les postes.

Toujours propulsé par le moteur électrique, le Carolina fait son job parfaitement.

Les premiers poissons sont là. Nous n’avons plus du tout affaire à la même classe d’âge que ceux capturés sur les parcs. On monte en taille et en poids. La touche se produit souvent lors des premiers strips et nous ne pêchons pas à plus de vingt mètres pour éviter de se fatiguer mais surtout de prendre un h2 ou h4 derrière les oreilles.

Dans des zones où il y a du jus et le long des cassures, un bar de 48 + défend chèrement sa peau et son plan de bataille réflexe est de sonder vers l’herbier le plus proche ou de slalomer entre les roches immergées.

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A ce moment je n’ose imaginer ce qu’il serait advenu si, hier, au dessus des parcs, un poisson de deux kilos avait sauté sur mon ep minnow. Sans doute la casse par manque de reflexe de combattre en force et bloquer rapidement son adversaire. Chose qui arrive régulièrement d’après Philippe et qui me précise : “En milieu encombré, tables ostréicoles, champs d’herbiers, roches immergées, tu ne peux le plus souvent pas te permettre de laisser un beau poisson te prendre le moindre mètre de soie. Tu dois l’empêcher de nager et prendre de la vitesse. Tu dois exploiter la puissance de la canne et la résistance du fil à leur paroxysme !”

J’ai déjà pêché le bar en Bretagne et à plusieurs endroits, mais je trouve que ceux de la baie de Morlaix ont une défense beaucoup plus méchante que ceux que j’ai connus précédemment.

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Mon guide, car cela fait à peine 24 heures que nous partageons notre vie, mais je l’appelle comme ça, veut me faire plaisir et m’emmène sur un coin où il a pris de très beaux poisson de plus de trois kilos. Il m’explique comment pêcher, mais surtout les mœurs, comment chassent ici les bars. Je l’écoute avec attention tout en changeant ma pointe et au moment précis qu’il m’indique, lance ma mouche.

Un strip, deux strips, et il y’en n’aura pas de troisième, la soie se tend sévèrement, gros coup de tête et le combat commence en pleine eau.

Je n’en reviens pas ! Mon dieu, comment fait ce mec pour avoir une lecture de l’eau aussi prononcée ? J’ai pourtant une bonne expérience de l’eau salée sur notre territoire breton.

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La canne est toujours pliée et les secondes passent. C’est fou comment un bar se défend sur une canne à mouche par rapport à une canne à leurres. Je prends mon pied et Philippe me dit que c’est un beau poisson.

Je suis aux anges : ça sera le plus gros de mon séjour. Pendant que je savoure ce moment, le poisson est placé dans le vivier et croyez moi ou pas, je relance immédiatement ma mouche à la demande du guide. A peine tombée dans l’eau alors que je suis sur la planète happy, je commence à stripper, nouvelle touche, nouveau poisson. Je ne pensais pas vivre un pareil moment en Bretagne. Les nuances de gris, les nuages, l’eau bleu turquoise, un soleil timide, les poissons, tout est magique pour moi à ce moment là. Une régate de voiliers arrive droit sur nous et nous obligera à changer de spot!

Je ne vous parlerai pas d’un des derniers poissons que j’ai touchés dont la défense a été nettement plus méchante, ni des nombreuses touches et du nombre de bars que nous avons capturés au total.

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Après un café bien mérité à bord, le sourire jusqu’aux oreilles, nous regardons le décor qui nous entoure. C’est grandiose.

Que pourrais-je vous raconter de plus pour clore ces deux jours merveilleux que j’ai passés ici.

Peut-être le phoque que nous avons eu la chance de croiser le long de l’île Callot en faisant route vers le port de plaisance de Roscoff, ou les gobages de truites fario que Philippe m’a emmené voir sur le lac du Drennec le dimanche soir.

Ou tout simplement le bonheur d’avoir franchi le pas et d’avoir fait appel aux services d’un guide et pas n’importe lequel. Un mec avec un cœur gros comme ça, qui s’adapte à ses clients pour leur faire prendre des bars à la mouche et vous fait découvrir un site exceptionnel.

Et croyez moi ce que je viens de vivre et d’écrire n’est pas grand chose par rapport à la réalité.

Merci Monsieur Philippe Dolivet de m’avoir fait vivre un moment si magique.

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Black is back

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Je profite de cette excellente vidéo de pêche du black bass à la mouche de Yannick , pour mettre en lumière son non moins excellent blog hébergé sur la plateforme de blog Gobages.

Si vous aimez cette vidéo, je vous suggère d’aller visiter son blog pour y découvrir tous les trésors qu’il recèle !

 

Vidéo : montage d’un streamer marabout

C’est sans conteste, le montage de base du réservoir…

Rando-pêche en Islande : Lacs en ébullition

J’ai encore le pressentiment qu’il va nous sortir un beau poisson….

Rando-pêche en Islande : la quête du premier lac

Les infos sur les populations de poissons du nord ouest de l’Islande manquent cruellement

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