LAPONIE SUEDOISE 2007

Résumé du séjour sur la mythique Kaitum de quelques mordus de pêche à la mouche.

pêche à la mouche

CA COMMENCE MAL !!!! Lundi 16 août , Francis me téléphone pour me dire qu’il a fini de préparer ses bagages et qu’il prend le train le lendemain pour ROISSY,

j’ai un moment de réflexion et je lui annonce que le départ est pour le mercredi, et qu’il s’est trompé d’un jour. Le téléphone reste silencieux quelques instants, et Francis me confirme que le départ est bien le mardi, je regarde mes billets, stupeur Francis a raison. Je raccroche au nez de mon ami, je n’ai pas terminé mes bagages et j’ai encore quelques mouches à monter.

Le lendemain, départ de BESANCON, Jean-Marc me rejoint à BOURG EN BRESSE, arrêt à LYON où Daniel nous attend et arrivée à ROISSY vers 16 heures. La série continue, il y a une alerte à la bombe, police et militaires nous interdisent l’accès au terminal ; une heure d’attente et explosion du colis piégé. Nous retrouvons Francis et enfin nous embarquons pour STOCKLOM où nous passons la nuit.

pêche à la mouche

Le lendemain départ à midi pour KIRUNA où nous atterissons vers 15 heures. Un correspondant nous attend – ¾ d’heure d’hélicoptère et nous arrivons au camp de TJUANOJOKK.

Le temps est médiocre, il pleut, le vent souffle fort et c’est avec le moral dans les chaussettes que nous prenons contact avec les gérants du camp. Il faut dire que depuis début mai il n’a fait que pleuvoir nous n’avons presque pas péché, et nous comptions sur cette semaine de vacances pour retrouver un peu de soleil.

Après la prise de possession de notre petit chalet, nous allons prendre notre dîner et nous partons Jean-Marc, Daniel et moi-même, prendre un premier contact avec la Kaitum ; Une courte marche de 30 minutes nous amène au bord de celle-ci, à cet endroit, la rivière forme un immense lac de 160 à 200 mètres de largeur aucune visibilité car c’est une rivière granitique et il commence à faire un peu sombre. Nous décidons de rester à cet endroit car à perte de vue c’est le même paysage.

pêche à la mouche

Daniel et Jean-Marc pêchent en sèche, il n’y a aucun gobage. Je suis indécis et je me décide pour pêcher au streamer. J’en monte un en lapin noir pointe en 20 % au bout d’une soie plongeante n° 6. Je suis quand même assez sceptique sur les résultats, j’ai réussi à atteindre un gros rocher qui émerge à 10 mètres du bord et je n’aime pas pêcher en eau calme;

Au bout de 10 minutes, une attaque violente décrochée aussitôt, je relance 2 ou 3 fois, nouvelle attaque, je sens un poisson qui combat bien, Jean-Marc qui est à 20 mètres de moi arrête de pêcher et vient voir le spectacle. Quelques instants après, j’amène le poisson c’est un brochet de 65 cm : grosse surprise je ne m’attendais pas à prendre ce poisson avec un si petit leurre je suis très content et déçu à la fois c’est mon premier brochet à la mouche et je n’ai pas pris de matériel photo pour la soirée.

Le lendemain, le ciel est dégagé et un soleil radieux permet de voir un magnifique paysage enneigé autour du camp, le vent souffle très fort et nous partons avec Henrik le guide pour une journée de pêche incluse dans notre forfait afin de découvrir le territoire de pêche de Tjuonajokk

pêche à la mouche

Départ pour les rapides amont de Tjitjam, une heure de navigation sur le lac, assez houleux passage d’un premier rapide et nous débarquons au second. Le paysage est somptueux la rivière est bordée d’immenses falaises nous sommes entourés de massifs enneigés .

La Kaitum atteint 100 mètres de largeur pour un mètre de profondeur en moyenne, mais la pêche à gué est difficile car le fond est constitué de blocs de dimensions différentes, ils ne sont pas soudé entre eux et l’usage d’un bâton de wading est indispensable car le courant est très puissant.

pêche à la mouche

Les gobages commencent assez nombreux par endroits, Jean-Marc, Daniel, et Francis commencent à prendre pas mal de poissons mais pour moi c’est le calme plat, j’ai une mauvaise visibilité quelques gobages mais je suis mal placé ; la mouche drague presque aussitôt posée et mon bas de ligne de 6 mètres me pose des problèmes avec le vent qui souffle de face, j’arrive à prendre quelques poissons et pendant ce temps là mes trois compères font une belle pêche, mon amour propre commence à en prendre un sérieux coup et déjà quelques allusions fusent sur ma technique de pêche si çà continue ça va être ma fête à la fin de la journée et la pression commence à monter.

pêche à la mouche

La pause de midi arrive et Henrik décide de nous emmener à l’aval sur l’île de Kukkak. Nous arrivons après une bonne heure de navigation alternant rapides et houle sur le lac, nous débarquons dans une petite crique abritée et dégustons un copieux déjeuner à base de pâtes, riz et viande de renne cuit au feu de bois dans une immense poêle le tout arrosé de jus d’airelles fermenté qui nous réconforte.

Après le repas, je modifie mon bas de ligne, passant de 6 m à une de longueur de canne, pointe de 1 m de 14%, et enfin j’arrive à pêcher dans de bonnes conditions. Le vent souffle toujours aussi fort et les premiers gobages commencent à apparaître, les poissons dédaignent nos imitations mes klinkamers montées spécialement pour ce voyage ne donnent rien, Jean-Marc a aussi du mal à trouver la bonne mouche. Je fixe au bout de mon bas de ligne ma mouche fétiche, une mouche d’ornans montée en taille 16 et corps gris, c’est le bon choix une dizaine de poissons la trouvent à leur goût puis les gobages cessent aussi vite qu’ils étaient venus. Je me dirige vers un courant assez puissant, je décide de le pêcher avec une nymphe casque d’or en tungstène et corps en fourrure de lapin décoloré à l’acide picrique c’est un festival qui commence, des ombres calibrés entre 35 et 45 cm bagarreurs à souhait, c’est un véritable régal. Vers 19 heures nous rejoignons le camp et faisons le coup du soir sur les rapides de Pisfallet jusqu’à minuit, il fait presque jour juste une pénombre, nous distinguons tout le paysage environnant à des kilomètres, encore une vingtaine de prises et c’est à regret que nous arrêtons la pêche.

pêche à la mouche

Le lendemain nous allons pêcher le brochet au lac Léaffa que nous rejoignons après une heure de navigation, les vagues sur le lac sont moins importantes, nous accostons et débutons une marche de 30 minutes à travers une maigre forêt, constituée de bouleaux décharnés et de myrtillers ; çà et là quelques bolets réticulés nous attirent le regard, et après avoir gravi une petite colline nous découvrons le but de notre journée. Une déception nous attend, il y a trois barques mais pas de rames et pêcher du bord n’est pas réjouissant à cause des buissons qui bordent la rive, mes trois compagnons s’y résolvent ; quant à moi je pars tenter ma chance dans un petit tributaire de 2 m de large que j’avais repéré pendant la marche d’approche. L’eau n’est pas profonde et je discerne bien le fond je monte aussitôt une tête orange en taille 14 et c’est une douzaine d’ombres qui acceptent la nymphe, pêcher ces poissons batailleurs à souhait dans ce ruisseau restera un de mes meilleurs souvenirs de pêche.

pêche à la mouche

A 21h, nous allons faire le coup du soir à Pissfallet, nous embarquons pas très rassurés car il faut passer par endroits dans des chenaux assez étroits délimités par des bouées, et le cimetière d’hélices cassées exposées à l’embarcadère n’est pas fait pour nous rassurer.

Nous débarquons sans encombre juste avant les rapides et nous sommes aussitôt assaillis par des nuées de moustiques qui ne nous quittent pas depuis notre arrivée au camp. Les sprays ne nous servent pas à grand chose, par contre les granules homéopathique apis mellifica recommandées par notre ami Loulou avant notre départ, sont très efficaces, cela n’empêche pas les piqures, mais on ne sent pratiquement pas les démangeaisons.

Nous commençons la pêche, peu de gobages en surface, chacun adopte une technique différente, noyée, sèche ou roulette, quel que soit le mode de pêche choisi les poissons se montrent compréhensifs, Daniel qui pêche en noyée n’utilise qu’une seule mouche de peur de prendre deux poissons en même temps, et craint de casser sa canne. Puis les rondelles en surface s’amplifient et c’est des dizaines de poissons qui s’alimentent en surface, par contre ils sont très sélectifs, la pêche en sèche est très difficile.

C’est vers 2h du matin que nous regagnons notre base, sur un lac sans une ride, ou les massifs enneigés et le ciel embrasé des premières lueurs flamboyantes de l’aurore se mirent dans un décor irréel.

pêche à la mouche

CONCLUSION

Le séjour se déroulera entre la pêche dans les rapides de Pissfallet et l’île de Kukkak, qui était notre secteur préféré, moins de pression de pêche si l’on peut dire qu’il y a pression de pêche tant le secteur est vaste, et les spots de pêche variés alternant rapides plus ou moins profonds, calmes et fosses où se cachent les plus belles prises, le tout dans un décor de rêve, dans un silence seulement égayé par le murmure de la rivière.

Durant notre semaine , j’ai pris autant d’ombres que sur une saison sur la Loue. En une journée il peut se prendre entre 25 et 70 poissons si les conditions sont bonnes, mais les journées sont longues, on pêche de 9h à 2h du matin et au bout de quelques jours j’ai recherché de plus gros poissons. La moyenne se situe entre 35 et 45 cm, trois mesuraient de 50 à 52 cm, et un non mesuré décroché à mes pieds juste avant la photo de Jean-Marc dans 20cm d’eau estimé à 55cm.

Je ne peux que recommander cette destination pour la pêche de l’ombre, nous n’avons qu’une envie, c’est de recommencer.

pêche à la mouche