A l’origine, ce voyage était prévu l’année dernière, mais je n’avais trouvé personne pour m’accompagner. J’ai remis le sujet sur la table en ce début d’année et mon pote Ben a décidé de me suivre dans cette aventure. Grace à Patrick (Patpeche) et Rémy, plus de nombreuses recherches sur le net, j’ai bouclé un séjour d’une semaine en Norvège.
Départ le 5 juillet 2015, direction l’aéroport de Genève pour un décollage initialement prévu à 20h30. Premier grain de sable, le vol a 1h00 de retard dû à des orages violents sur l’Allemagne. Espérons que la personne de l’agence de location de véhicule nous attendra à l’arrivée ?!
Atterrissage à 00h30 à Oslo et direction l’agence pour récupérer notre voiture. Nous devions avoir une citadine (plus économique mais pas le top pour avaler les 350 km qui nous séparent du camp de pêche). Finalement une personne nous attend et nous remet les clés d’une berline (une Volvo V40), cool…
Nous chargeons rapidement les bagages et « on the road again »… Je sors le GPS (où j’avais préréglé l’adresse depuis la France) et là le biniou m’annonce « pas de réception satellite », oups. Nous n’avons pas pris de carte, faisant entière confiance à l’électronique. Nous choisissons un grand axe en sortie d’aéroport au petit bonheur. Finalement le GPS reprend ses esprits et nous indique de faire demi-tour. Nous nous exécutons, le moral revient, mais la fatigue se fait sentir. L’heure d’arrivée est fixée à 5h30. Au fur et à mesure de notre remontée vers le nord le ciel s’éclaircit, et le jour pointe (il est 3h00 du matin).

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Changement de pilote pour que Ben fasse une petite sieste. La route est magnifique, les bosses s’enchaînent dans une alternance de forêts et de lacs, dans une nature préservée. Durant notre trajet nous avons eu la chance d’observer un élan ainsi que 2 chevreuils.

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Jour 1:
5h30, et nous arrivons à notre « résidence » pour la semaine. Premier constat, ça sent la pêche à plein nez. Les six chalets sont tous occupés, les cannes et les gilets sont accrochés sur les façades. Nous décidons de faire un petit “sieston” histoire de reprendre des forces.

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Deux heures plus tard, l’envie de pêcher est trop forte, nous sortons pour nous équiper, et le camp s’éveille également. Cela nous permet de serrer les premières mains. Nous rencontrons Anne-Marie, Laurent, Didier Patrick avec qui le courant passe rapidement. Nous prenons quelques infos sur les spots et les mouches qui pêchent. Patrick décide de nous accompagner sur le parcours en face de nos habitations.
Premier constat, la rivière est large, cela me fait penser au Vieux Rhône.

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Des gobages sont présents de partout, quoi de mieux pour nous accueillir.
Je décide de me placer au milieu de la rivière, le wading est un peu tendu. J’ai de l’eau jusqu’aux hanches et ça pousse fort. J’arrive à me caler, et envoyer mon petit « cul de canard » non loin d’un gobage devant moi. Après quelques dérives un bel ombre monte se saisir de mon imitation, le combat est rapidement écourté car le poisson se dépique. Qu’importe, le séjour est lancé. Les gobages sont toujours présents mais la météo est en train de tourner, et le soleil généreux qui nous a accueilli a disparu pour laisser place à du vent et de la pluie. Impressionnante la rapidité de ce changement.
Il est temps de stopper cette première matinée pour aller faire quelques courses. Quelques ombres sont venus me saluer, le moral est donc au beau fixe malgré cette météo pourrie. De toute façon il faut se faire une raison, le mauvais temps est annoncé durant 4 jours.

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Arrivés à la supérette du coin, nous allons découvrir la gastronomie norvégienne… Nous trouvons peu de légumes sur les étals, et beaucoup d’aliments sous blister. Nous faisons le plein de charcuteries, pâtes et autres saucisses.
Apres avoir englouti le premier casse-croûte suivi d’une petite sieste, changement de spot. Les gobages ont disparu et nous passons en nymphe. Honnêtement, en France, avec une météo identique, je n’aurais même pas sorti la canne. Le vent glacial (il fait autour de 9°C) empêche de faire de belles dérives. Malgré tout, nous arrivons à toucher du poisson (toujours des ombres). Attention nous ne parlons pas de carton, ici chaque ombre se mérite.

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Retour au bercail bien humide et bien froid. L’apéro entre les collègues du camp réconforte. Chacun a su tirer son épingle du jeu, les quasi 30 km de « no-kill » (prélèvement d’un seul ombre par jour) permettent de pêcher différents profils. Certains ont fait des cartons, et d’autres comme Ben et moi avons fait tout juste pêche. Nous apprendrons que le secteur pêché l’après midi n’était pas un “hot-spot”.
Apres le repas du soir nous irons observer la rivière pour espérer un coup du soir, mais en vain.

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Jour 2 :
Pas de changement côté météo, il pleut toujours….Nous décidons de chercher les grosses fosses afin de tenter de gros poissons en nymphe. Et à force de recherche nous allons tomber sur notre spot à “big mama”. Dans une jolie retourne nous allons enchaîner les prises avec nos premières belles truites norvégiennes. Côté sensation, il n’y a pas photo, à taille équivalente les truites ont une puissance phénoménale.

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A la suite du casse-croûte, la pluie a cessé et nous optons pour la pêche en sèche sur un grand lisse. Les gobages sont à nouveau nombreux. Quel spectacle magnifique. Il y a un véritable tapis roulant de mouches. De nombreuses espèces d’insectes sont présentes, grosses éphémères (type March Brown), petites « merdouilles » sedges et plécos de différentes tailles. Et là les choses vont se compliquer. Avec un menu aussi varié, nos chers poissons n’ont que l’embarras du choix. En plus du choix de la bonne mouche, la présentation doit être parfaite. Bon, pour nous couvrir, nous sommes de piètres pêcheurs en sèche, nous pratiquons dans nos Alpes surtout une pêche sous la canne. Et pour compliquer le tout, l’ombre se pêche surtout en dérive aval. Et ça, on a mis un moment à le piger. Pour nous, béotiens nous propulsions nos mouches amont avec de jolis posés tendus, bref tout faux. L’après-midi fut donc un vrai calvaire. Nous avions l’impression d’être nargués par ces « satanés » ombres… Lors de cette sortie, j’ai dû passer plus de 80 % des modèles de ma boîte de sèches. Qui a dit que la pêche en Norvège serait une foire à neuneu. Je dois admettre que je le pensais et qu’avec le bagage technique que j’avais ce serait “ficelle”. Encore une fois, tout faux.

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De retour au camp pour le traditionnel debrief, je m’aperçois que certains ont la mine grave et d’autres la banane. Patrick, ce jour-là, avait la bonne mouche et a fait un carton.

Jour 3 :
C’est une copie conforme du jour précèdent. Le vent froid du nord a remplacé la pluie, et les températures sont toujours basses pour la saison. Nous optons pour le même schéma tactique que la veille. Notre hot-spot nous attire tel deux papillons sur un réverbère. Ben me laisse le privilège d’attaquer la veine d’eau. La veille, nous avions bien vu l’endroit exact où lancer notre nymphe pour un passage parfait. C’était dans cette veine d’eau et rien d’autre. Je m’applique donc à lancer ma grosse nymphe (bille tung de 3,5). Tout se passe comme dans les livres, le fil se bloque, ferrage et gros combat. J’aperçois les reflets bruns de la truite qui me font penser à un gros poisson. Le combat ne dure pas très longtemps puisque la belle décide de prendre le courant. La puissance de cette brownie, plus le tirant d’eau n’ont laissé aucune chance à mon 14 centièmes. Les jambes et les bras tremblants, j’ai vraiment les boules, je tenais mon poisson du séjour, après cela, j’aurais limite pu laisser la canne au chalet.
L’après-midi sera du même tonneau que la veille.

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Jour 4 :
Je passe volontairement au jour 5 et 6 bien plus intéressants.

Jour 5 :
Enfin, la météo nous est clémente, le soleil est revenu et le vent du nord a stoppé. À l’heure de pointe, il a fait 21°C. Nous avons désormais acquis quelques connaissances sur les différents parcours qu’offre cet immense no-kill. La rivière nous révèle alors tout son potentiel. Et je n’avais jamais vu ça. J’ai vu autant de gobages en une matinée que ce que je vois en 10 ans de pêche sur mes rivières iséroises. Certains trouveront cela exagéré, mais il faut le voir pour le croire. Avec Ben, nous commençons également à piger le coup de la dérive aval. La bonne mouche étant également trouvée (ils étaient sur des sedges), les prises s’enchaînent. Je décide de faire une petite pause pour observer Ben pêcher. Soudain je sens des pommes de pin me tomber sur le coin de la figure. Je me retourne et Patrick nous fait la bonne surprise, de venir faire quelques vidéos. Nous en profitons pour avoir une petite leçon particulière sur « la dérive aval ». Il se saisit de la canne de Ben, on aurait dit qu’il pêchait avec depuis 10 ans. En deux “faux lancers” la mouche est rapidement propulsée au milieu de la rivière. Il nous montre comment bien repositionner la soie pour effectuer des mending et ainsi lâcher presque 25 mètres de soie. Quel bonheur de faire monter un ombre à plus de 20 mètres. Bon, après faut le ferrer le pépère. Ce petit cours nous a complètement ouvert les yeux. Encore merci Pat’.
Cette journée restera gravée dans ma mémoire.
Nous rentrons au camp avec la banane, la team auvergnate a également cartonné.

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Jour 6 :
Dernier jour de pêche et le soleil est toujours présent. nous décidons de retourner sur la zone pêchée la veille. Les conditions sont en tout point identiques, gobages, sedges et dérives aval.
En 6h00 de pêche nous avons dû remonter à peine 100 mètres, pour dire l’activité.
Ce fut la meilleure journée de pêche de tout le séjour.

Jour 7 :
Il est temps de dire au revoir à nos ami(e)s pour une dernière journée dans la capitale.

Pour conclure :

La pêche :
Elle a été crescendo de jour en jour. Il est toujours agréable de terminer un séjour sur une superbe sortie. Nous n’avons pas tenu de scoring mais lors de la dernière journée j’ai touché pas loin de 40 poissons.

Les poissons :
Nous avons surtout pris des ombres (les plus gros faisaient autour des 50, sans toutefois les dépasser). Je dois dire que j’ai eu un faible pour les truites avec leur défense et leurs magnifiques robes brunes.

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Les mouches :
Les sedges chevreuil ont fait notre bonheur sur la fin du séjour. En journée sur les grands lisses, nous avons surtout utilisé de petit “culs de canard” façon voilier. A noter que mes klinkhammers ne m’ont rien rapporté.

Les rencontres :
C’est pour moi 50 % d’un bon séjour pêche. Et nous en avons fait de belles. Grosse dédicace à Laurent qui vit avec une passion débordante la vie de son AAPPMA qui a subi la connerie humaine dernièrement avec la pollution des sources de la Dordogne. Merci également à Pat’ pour ses sedges et le cours de dérive aval.

Le budget:
Tout compris le séjour m’aura couté 800 euros.

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Les indispensables :
La bombe à moustiques, un bonnet (il m’aurait bien servi), des vêtements chauds, éventuellement un bâton de wading (parfois ça pousse fort) et un bon K-Way ou Gore-Tex.
FAQ :
Ma canne 3 brins a pu être prise en bagage à main.
Mieux vaut retirer des sous à l’aéroport d’Oslo sur un distributeur d’argent (éviter les services d’échanges).
Le coût de la vie est bien plus cher et pour les amateurs de spiritueux après une bonne sortie, il vaut mieux glisser la bouteille dans la valise au départ de France (le duty-free n’est plus ce qu’il était  ).

1ère vidéo :

Au Pays des Trolls Ep1 from Mouth_38 on Vimeo.

Julien